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Barbara Wagner | Criminalisation des séropositifs | Didier Lestrade

Qui est responsable des 6700 contaminations par le virus du sida en 2005 ?

28 décembre 2006 (lemegalodon.net)

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Chaque année en France, plusieurs milliers de personnes sont contaminées par le virus du sida. Qui est responsable de ces contaminations ? Dans la vie d’un séropositif, la contamination est toujours une injustice. Personne ne mérite cette maladie, et personne ne l’a cherché. Au moins peut-on se mettre d’accord là-dessus [1].

L’émission a défendu cette position sans equivoque — alors que l’ensemble des associations classiques pateaugaient dans leurs propres incohérences et contradictions —, en réunissant un dossier de référence [2] sur les conséquences de la criminalisation au détriment des droits de l’ensemble des séropositifs.

Mais là n’est pas l’essentiel.

Barbara Wagner et Didier Lestrade, seuls en France à revendiquer publiquement l’enfermement des séropositifs pour contamination, comptaient monopoliser le débat public : Lestrade espérait faire de Wagner la voix des femmes séropositives dont la principale revendication serait d’obtenir l’enfermement de leurs « contaminateurs » pour se « reconstruire ». Sa parole se trouvait opposée à celle des dirigeants d’associations issus du mouvement homosexuel, arc-boutés selon Lestrade sur une « responsabilité partagée » dépassée par le « bareback » chez les homos et inadaptée au milieu hétérosexuel.

Face aux journalistes obnubilés par le récit victimaire de Wagner [3], l’émission de radio Maghreb Afrique Survivre au sida a ouvert son antenne aux séropositifs de toutes origines et tous parcours, non seulement pour raconter leurs propres contaminations, mais surtout pour entendre ce qu’ils en pensent [4].

En proposant aux séropositifs — dans toute leur diversité — de s’exprimer librement, l’émission a brisée cette tentative de confiscation de la parole des séropositifs [5].

Le débat lors de la table ronde organisée par l’émission démontre l’intérêt de ce dialogue, à mille lieux du débat absurde et stérile instauré et alimenté par Lestrade et Wagner.

Ensuite l’émission a donné la parole à des anonymes qui subissent au quotidien le regard que la société porte sur les séropositifs. Ainsi, Nordine, un « ancien » qui a connu la prohibition des seringues, prend la parole pour démonter les arguments des partisans de la criminalisation.

Quelle est la réalité de la vie sexuelle des séropositifs ? Comment démonter les clichés des méchants contaminateurs volontaires [6] ? Samia et Maya discutent avec la gynécologue Sylvie Fridmann en réponse au courrier de Monica, une auditrice qui raconte sa contamination et ses difficultés pour trouver un partenaire.

Enfin, des femmes contaminées [7] répondent directement aux arguments de Wagner et Lestrade, pour exprimer leur refus de la folie de l’enfermement, la quarantaine comme arme de la santé publique.

Le cumul de ces prises de parole démontre que la responsabilité partagée n’est pas une idéologie, mais qu’elle fait partie de la vie quotidienne des milliers de séropositifs et notamment des couples sérodifférents qui vivent sainement leur sexualité.

Remerciements aux auditrices et auditeurs qui ont accepté de répondre à notre appel et de parler en leur propres noms.

Une émission spéciale a été consacrée à ce thème : Émission du 25 juillet 2006 (n° 285).

Notes

[1] Le Comité des familles a répondu, point par point, aux arguments des partisans de la criminalisation. Lire Santé publique et transmission du VIH : des couples et des familles vivant avec le VIH répondent au Conseil national du sida.

[2] Lire et écouter notre dossier sur la criminalisation des séropositifs.

[3] Lire et écouter La pédagogie et l’équilibre selon Envoyé Spécial : réactions au publi-reportage de Jérémie Drieu pour la criminalisation des séropositifs.

[4] Lire Appel à témoins : séropositifs contre la criminalisation du VIH.

[5] Lire Le silence des sacrifiés du sida.

[6] Lire et écouter Forum des auditeurs : « Séropositive, j’ai craqué, j’ai fait l’amour sans le préservatif ».

[7] Lire et écouter Femmes Plus : une maman concernée par le VIH répond aux partisans de la criminalisation de la transmission du virus du sida.