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Cameroun | Financement de la lutte contre le sida | Fonds mondial contre le sida

Détournements au Cameroun : le sida nourrit son homme

13 décembre 2006 (Le Quotidien Mutations (Yaoundé))

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Voir en ligne : L’Effort camerounais a mené son enquête pour identifier la destination réelle des fonds

par Justin Blaise Akono

" Le Sida est-il devenu un fonds de commerce pour certains", s’interroge l’hebdomadaire catholique, dans sa publication du 29 novembre au 12 décembre 2006, en précisant en surtitre qu’il s’agit de détournements de fonds. En fait, sur les deux pages centrales, le journal dont le Cardinal Christian Tumi est le directeur de la publication, relève " des trafics scandaleux autour du Vih/Sida ". Le journal indique que les comités fictifs de lutte contre le Sida sont créés ici et là dans les grandes villes " pour détourner l’argent, alors que certains, comme ces responsables du groupe technique provincial de lutte contre le Sida du Nord Cameroun, se sont fait plaisir de détourner une somme d’environ 10 millions Fcfa ". Les noms des présumés auteurs de ces détournements sont mentionnés dans le journal.

Dans un autre article à connotation économique, l’Effort camerounais parle de parodie de bonnes intentions et estime que " les lutteurs de Sida " se servent de la situation pour se remplir les poches. Le journal catholique apprend que le comité national de lutte contre le Sida a évalué les besoins du Cameroun en matière de lutte contre ce fléau à 100 milliards Fcfa pour la période 2006/2008 et que ces milliards Fcfa " contribueront davantage à l’achat de grosses cylindrées et à la construction des éléphants blancs, qu’à atténuer les souffrances des malades ou des personnes vivant avec le virus". Les accusations sont encore plus fortes lorsque le journal catholique évoque le cas du Ténofovir. " Pour une bouchée de pain, les prostituées furent invitées à se faire inoculer le virus du Sida ", indique-t-il. Les médias également en prennent pour leur complicité : " une fois le magot en poche, les médias sont conviés à couvrir, contre des espèces sonnantes et trébuchantes, le moindre acte posé par l’organisme ou l’institution spécialisée dans la lutte contre la terrible maladie ".

Dans la même enquête, le journal découvre une forme originale et subtile de détournement des fonds, du fait des effets de l’opération " Epervier " en vigueur depuis février 2006. Opération qui vise à assainir la gestion des fonds publics. L’Effort camerounais indique que la nouvelle trouvaille pour s’enrichir sur le dos de l’Onusida et de ses partenaires, mais aussi aux dépens de l’Etat, consiste à multiplier les campagnes de dépistage gratuit et anonyme, les causeries éducatives généralement suivies de la distribution des préservatifs. " On multiplie et prolonge à souhait les missions, crée des séminaires, qui serviront d’alibi à la surfacturation ", ajoute le journal.

Dans son éditorial, le père Antoine de Padoue Chonang commente que, là où il y a le Sida, s’assemblent les vautours. " Jamais maladie n’a répandu autant des malheurs et de bonheur à la fois. Le Sida ne cesse de faucher la masse des Camerounais, tout en engraissant une poignée de Sida-budgétivores ! " L’amertume du journal se lit dans chaque ligne. D’ailleurs, précise-t-il dans le premier article de l’enquête, c’est " un cri de plus parmi les millions de cris, qui s’élèvent chaque jour ".

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