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Banalisation du dépistage du sida : pourquoi Willy Rozenbaum a-t-il oublié d’auditionner les premiers concernés ?

23 novembre 2006 (lemegalodon.net)

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Communiqué de presse du 23 novembre 2006

Les nouvelles recommandations du Conseil national du sida sur l’évolution du dispositif de dépistage de l’infection par le VIH en France n’ont rien d’un scoop [1].

En effet, aux Etats-Unis, de nouvelles recommandations des Centers for Disease Control (CDC) sont déjà entrées en application [2] : il s’agit de banaliser et de généraliser le dépistage du VIH, d’en faire un test de routine (comme celui qui mesure le cholestérol, par exemple), en misant sur les économies réalisées grâce à l’accès précoce au multithérapies antirétrovirales.

La seule véritable surprise, c’est le choix de Willy Rozenbaum [3], président du Conseil national du sida, d’auditionner une seule association familiale [4] et aucune issue de l’immigration [5] engagée sur le front du sida [6].

Pourtant, c’est précisément dans le cadre du couple et face à la prise en charge tardive des immigrés qu’une transformation du dispositif de dépistage est la plus urgente.

Et ce sont sans doute les acteurs de terrain auprès de ces populations qui auraient pu apporter un regard critique sur les « évolutions » proposées, en appréciant les conséquences probables dans la vie des personnes visées.

Le Comité des familles rappelle au Conseil qu’en France la prévention reste indissociable du soutien aux personnes atteintes. Exclure les premiers concernés lors d’une telle consultation affaiblit l’intérêt, la pertinence et la crédibilité des recommendations qui en sont issues.

Le Comité des familles regrette l’absence apparente de critères objectifs ou de pertinence dans le choix restreint des personnes auditionnées, par un Conseil qui ne ressemble déjà pas beaucoup à l’épidémie.

C’est pourquoi nous invitons Willy Rozenbaum, avec l’ensemble des membres du Conseil national du sida, à venir rencontrer les familles vivant avec le VIH pour entendre nos propositions mais aussi les préoccupations et les difficultés en matière de dépistage qui se posent pour les couples et les familles pour qui le VIH fait partie du quotidien.

Le Comité des familles assiste ce matin à la conférence de presse organisée par le Conseil, jeudi 23 novembre 2006 à 9 heures, 25-27 rue d’Astorg.

La Courneuve, le 23 novembre 2006

Contact presse : 06 50 80 39 23

Notes

[1] Toutefois, le rapport est sous embargo jusqu’à jeudi midi. C’est pourquoi nous nous abstiendrons de le commenter avant l’heure.

[2] Lire First hospital makes HIV test routine.

[3] Lire et écouter Entretien de Reda Sadki avec Willy Rozenbaum et En 2006, Willy "Amnesia" Rozenbaum découvre les Arabes. Willy Rozenbaum, 61 ans, a consacré jusqu’à ce jour sa carrière à la lutte contre les maladies infectieuses. Il y a 20 ans, chef de clinique à l’hôpital Claude Bernard, il a été l’un des principaux co-découvreur du virus du sida. Il est président du Conseil national du sida depuis le 20 novembre 2003.

[4] Il s’agit du Planning familial, représentée par Carine Favier. L’UNAF siège au sein du Conseil national du sida.

[5] Pourtant, aujourd’hui, les « associations de migrants » ne manquent plus, et certaines d’entre elles réinventent déjà le dépistage sur le terrain.

[6] AIDES, Act Up Paris, Aremedia, le Comede, Médecins du Monde, le Planning familial et Sidaction ont été auditionnées. Le Conseil national du sida ne précise pas les critères retenues pour les auditionner.