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Campagnes d’information et de prévention | Médias et communication

Débat : peut-on reprocher aux médias de ne plus parler du sida alors que les séropositifs se cachent ?

22 novembre 2006 (lemegalodon.net)

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Faut-il médiatiser ? Quels rapports entre journalistes et séropositifs ? Ce sont des questions qui reviennent souvent dans les discussions à l’émission et au Comité des familles.

L’émission s’ouvre avec la chanson de Michaël Youn sur les « cagoules », car on appelle les séropositifs qui se cachent, qui n’osent pas parler, qui restent dans l’ombre... des cagoules. Tant que les séropositifs n’auront pas ôtés leurs cagoules pour parler en leur propre nom, on pourra difficilement reprocher aux médias, aux associations, ou à l’État de parler à notre place... Qu’en pensez-vous ?

Table ronde pour discuter de la façon dont les médias parlent du sida et, surtout, des séropositifs.

Il y a eu la « tempête dans une tasse de thé » avec la rédaction de Pink TV, qui a exclu Survivre au sida (l’emission de radio) de son plateau prévu pour le 1er décembre... Pour Pink TV, la séropositivité chez les hétéros rime avec précarité.

Une seule communauté peut-elle parler « à la première personne » pour toutes les autres ? C’était la question posée suite à la censure du site papamamanbebe.net dans Têtu+, seul guide gratuit d’information sur le VIH : Têtu+ censure papamamanbebe.net, le site des familles vivant avec le VIH.

L’équipe commente deux appels téléphoniques de journalistes qui « passent commande » pour des témoignages. C’est urgent. Que faut-il répondre à de telles demandes ?

Bon gré, mal gré, au fil des ans, l’émission a tissé de vrais liens avec des journalistes proches de l’épidémie. Ces liens débouchent aujourd’hui sur de vraies collaborations avec des rédactions, dans la durée, plutôt que de répondre au coup par coup à des commandes de témoignages. Preuve en est, à l’occasion de la 2ème Rencontre des parents et futurs parents concernés par le VIH, il n’y a jamais eus autant d’articles sur le sida dans la presse hors des deux périodes où toutes les rédactions parlent du sida (le Sidaction et la Journée mondiale contre le sida). Douze journalistes de quatorze rédactions différentes préparent des sujets autour des préoccupations des familles.

Ahcène donne en exemple les articles parus cette semaine dans Closer (qui reprend le témoignage d’Avalon, stérilisée parce que séropositive) et dans Libération (qui a choisi de donner la parole aux médecins qui s’occupent de l’assistance médicale à la procréation, qui étaient tous présents à la Rencontre des parents samedi dernier).

Ahcène pointe le fait que Reda est encadré dans Closer, pour compléter le témoignage d’Avalon et parler du combat du Comité des familles. Cet encadré était initialement prévu pour un médecin spécialiste. C’est la journaliste qui a entendu notre revendication : il n’y a pas que les médecins pour parler du sida, et la place des personnes concernées ne se réduit pas au témoignage. C’est-à-dire que nous sommes capables non seulement de raconter ce qui nous est arrivés, mais aussi de dire ce qu’on en pense.

Échange de points de vues entre deux journalistes indépendantes venues à l’occasion de la conférence de presse « Portes ouvertes à l’émission Maghreb Afrique Survivre au sida ». Elles racontent leurs difficultés face à des rédactions qui ont de moins en moins d’argent pour commander des sujets aux pigistes. Elles sont donc obligées de dénicher les sujets difficiles, qui nécessitent un travail d’enquête dans le temps par exemple, que des journalistes salariés auraient plus de mal à réaliser.

Enfin, Ginette, une auditrice de l’émission, met le doigt là où ça fait mal. Elle avait déjà réagi pour dénoncer le traitement médiatique du sida, pour ensuite pointer le fait que les séropositifs se cachent, donc qu’il est difficile d’accuser les médias de ne pas donner la parole aux personnes qui vivent avec le VIH.

Et c’est tout l’intérêt du travail mené par le Comité des familles : à partir du moment où nous sommes sortis de la complainte et de la critique facile, il a été possible de trouver des journalistes sensibles à nos préoccupations, d’arriver à imposer le respect pour la dignité des gens malades, et de les aider à réaliser de bons sujets qui rendent compte de la vie avec le VIH.

Le travail du Comité est non seulement de défendre les revendications des familles, mais aussi de se battre pour que des séropositifs de toutes origines, ainsi que ceux et celles qui partagent leurs vies, aient la parole, pour que cette parole ne soit pas confisquée ni par des médecins et autres spécialistes, ni par des dirigeants associatifs.

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