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Hommage aux parents de Pascal Taïs, mort dans les locaux du commissariat de police d’Arcachon le 7 avril 1993

2 juin 2006 (lemegalodon.net)

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Cela fait maintenant plus de treize années depuis que Pascal Taïs est décédé dans les locaux du commissariat de police d’Arcachon. Ses parents, Mohamed et Suzette Taïs, n’ont jamais renoncé dans leur quête de la vérité sur ce qui a provoqué, au petit matin du 7 avril 1993, la mort de leur fils.

Pour eux, leur fils a été « assassiné », une « innocente victime d’un acte de barbarie inouïe », et c’est à ce titre qu’ils réclament justice.

Les parents de Pascal TaïsComme d’autres jeunes hommes et femmes de sa génération qui avaient partagés une seringue parce que celles-ci restaient interdites au nom de la prohibition des drogues, Pascal Taïs était séropositif.

Une génération de l’immigration a payé le prix fort de sa révolte : Double Peine, prison, violences policières, expulsion, sida et hépatites...

L’immigré ou l’enfant d’immigré qui disparaît — que ce soit d’un sida dans un hôpital ou dans une cellule de dégrisement d’un commissariat — n’a jamais compté pour beaucoup dans la société française.

Pour nous, l’amour et la solidarité de nos pères et nos mères, nos soeurs et nos frères, sont déterminants pour s’accrocher pour survivre au sida.

Le silence tue, la honte aussi.

C’est pourquoi les familles du Comité rendent hommage à la détermination de Mohamed et Suzette Taïs.

L’État français a abandonné nos familles seules face à l’épidémie, mais nous refuserons toujours la honte et le silence pour réclamer justice.

Honte sur le gouvernement et la police de ce pays : que vaut la vie d’un enfant d’immigré ?

La justice française avait balayé les requêtes de la famille Taïs, refusé leur demande de reconstitution des faits et a même imposé une « enquête post-mortem psychologique » sur la personnalité de leur fils dont les conclusions tenteront de discréditer ses parents, tout en étant incapable d’établir la vérité sur les circonstances qui ont abouties au décès de Pascal Taïs.

Aujourd’hui, la Cour européenne des droits de l’Homme condamne le gouvernement français à une « triple violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme » et elle estime que « sa responsabilité est engagée » car il n’a « pas fourni d’explication plausible sur l’origine des blessures ayant provoqué le décès ».

La Cour est d’avis qu’« au vu de l’état de santé de Pascal Taïs dès son entrée au commissariat, et des longues heures qui suivirent, les policiers auraient au moins dû appeler un médecin pour s’assurer de l’évolution de son état de santé. »

Pour la Cour, « l’inertie des policiers face à la détresse physique et morale de l’intéressé et l’absence de surveillance policière effective et médicale ont enfreint l’obligation qu’a l’Etat de protéger la vie des personnes en garde à vue. »

Il est honteux que le gouvernement français justifie de la crainte des policiers d’une éventuelle contamination en invoquant la faiblesse supposée de la connaissance des connaissances des modes de contamination en 1993.

La Courneuve, le 1er juin 2006

Communiqué de presse du Conseil des familles du Comité Maghreb Afrique des familles pour survivre au sida

Contact : 06 50 80 39 23 ou 08 70 44 53 68.

Le Comité des familles pour survivre au sida est la première association créée et gérée par des familles vivant avec le sida. Le Conseil des familles a été élu le 25 mars 2006 par les familles réunies en Assemblée générale à la Courneuve. En savoir plus...

Documents joints

Affaire Taïs c. France (Requête n° 39922/03) (PDF, 275.5 ko)

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