Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
30 mai 2006 (Libération)
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par Michel LUCAS [1]
Le 10 mai 1991, Jean-Louis Bianco, ministre des Affaires sociales, et Bruno Durieux, ministre délégué à la Santé, me demandent une enquête pour analyser le processus de décision des mesures destinées à protéger les hémophiles du sida. Il convient de faire vite.
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La polémique enfle depuis qu’Anne-Marie Casteret a publié, dans l’Evénement du jeudi, un document du Centre national de la transfusion sanguine (CNTS), daté du 29 mai 1985, qui envisage l’écoulement des stocks de produits destinés aux hémophiles, alors qu’on les sait contaminés par le virus du sida.
L’administration pouvant être mise en cause, il convenait d’avoir une connaissance extérieure du contexte de cette affaire. Je l’ai recherchée auprès de deux journalistes qui l’avaient déjà analysé au cours de la polémique. Puis j’ai décidé de rencontrer Anne-Marie Casteret. Jean-Louis Bianco avait été très clair : « Vous faites une analyse précise de ce processus de décision et votre rapport sera publié. » D’autres m’ont conseillé de ne pas contacter Anne-Marie Casteret sous prétexte qu’elle avait un compte personnel à régler avec le docteur Garetta, directeur du CNTS. Mais, quand on conseille à un enquêteur de ne pas rencontrer une personne, on lui donne une raison de plus de le faire. Au surplus, il était nécessaire de s’en tenir à des documents et donc d’en connaître les pistes, car l’instruction judiciaire était en cours et pouvait donc ainsi en disposer.
La photo d’Anne-Marie qu’a publiée Libération (édition du 23 mai) me rappelle étonnamment notre premier contact, son regard franc et direct, l’air de dire : « Je vous écoute, je peux vous aider, mais j’ai ma conviction. » Nous étions introduits l’un vis-à-vis de l’autre, ce qui créait un climat de confiance. Nos échanges ont permis un travail fructueux. J’avais mes pistes. Anne-Marie a eu des documents que j’ai publiés dans mon rapport. Sans elle, ce rapport n’aurait pu pointer du doigt les principales responsabilités. On a pu souligner sa passion. C’était une passion de conviction, la passion de voir reconnaître les causes profondes de la douleur de familles qu’elle a soutenues et réconfortées durant la phase judiciaire.
Dans la période actuelle, il n’est pas inutile d’affirmer qu’un enquêteur en apprend souvent beaucoup plus par ce genre de contact qu’en se limitant à des voies officielles. Anne-Marie Casteret m’a permis d’avoir accès à des documents que j’aurais ignorés. Je dois à sa mémoire de lui en renouveler ma reconnaissance et je partage la peine de ses proches.
C’était une grande dame.
Notes
[1] Michel Lucas inspecteur général honoraire des affaires sociales.
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Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
J’ai longtemps enquêté avec Anne-Marie Casteret. Elle connaissait tout du lent processus qui avait mené à la brutale révélation d’un scandale de santé publique. La transfusion sanguine, source de vie, organisée aux début des années 1950, était devenue désorganisée et pervertie, source de mort.
Avec Anne-Marie j’ai échangé toutes les informations que je pouvais récolter au sein de l’Association française des hémophiles dont je fus membre et administrateur avant de claquer la porte en 1992. J’avais, dès les années 1983/1895, tenté de faire passer l’information sur les risques, information que des hémophiles Français transmettaient dès 1982 des USA.
Quand Monsieur Lucas, de l’IGAS, a été chargé de son rapport, il a pu avoir des renseignements par Anne-Marie Casteret. Il lui fallait des documents écrits, originaux. Je me suis séparé de bien des comptes-rendus et autres rapports dont il pouvait avoir besoin et les lui ai fait porter avant de disparaître pour cause de gros problèmes de santé.
Remis sur pied j’ai diffusé un certain nombre de pièces sur Internet, via un site que j’avais créé pour l’occasion : http://www.chez.com/mortenstock
Le mot "mortenstock" n’était pas là pour faire de l’audience. C’est le terme que j’avais employé pour dénoncer dans une dépêche d’AFP la distribution du sang contaminé, le 17 juillet 1985 (MILLE NEUF CENT QUATRE VINGT CINQ), à une époque où les mis en examen comme les témoins des procès disaient n’avoir rien su ! Dans les heures qui suivirent, des journaux grand public mais aussi spécialisés, reprenaient mes propos. Ce fut le cas du Moniteur de la Pharmacie. Nul n’était censé méconnaître alors la situation.
Cette journaliste, Olivia Zémor, a aussitôt écrit un livre sur le sujet, au-delà de la contamination par le sang mais bien documenté sur celle-ci. La préface du Professeur Jean-Paul Escande était là pour insister sur le sérieux de l’enquête ! Elle y reprenait mon expression de "Mort en stock" avec les calculs statistiques qui démontraient que tout les produits qui allaient être distribués durant l’été 1985 étaient contaminés. Ce livre est paru durant cet été 85, avant la fin de la distrution des produits mortifères. Sa dépêche et les références de son livres son sur le site "mortenstock".
Anne-Marie Casteret a eu le grand mérite de se battre contre tous jusqu’au moment de révéler la fameuse réunion de fin mai 1985 où le centre national de transfusion sanguine décidait de distribuer tous les produits dont il savait qu’ils étaient pratiquement tous contaminés. Sans elle et quelques hémophiles comme Jean Péron, les victimes n’auraient jamais pu se faire entendre.
Je trouve tous les jours des articles qui me citent sans connaître ces éléments et ce que je disais quand il était encore temps. Je n’en veux pas à leurs auteurs. Je voudrais simplement que ceux qui lisent aient aussi mon avis sur la question. J’ai fourni à la justice qui me les demandait, tous les éléments, réunis dans un livre de 350 pages. Il est resté inédit mais il aura servi à faire le point. Le non lieu final le laisse inédit.
Gérard Mauvillain
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Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
bonjour, je viens de tomber sur votre message par hazard aussi je me permet de vous ecrire " coupable mais non condanable... !)le jour ou j ai entendu ça je ne pouvai pas y croire..je fais parti des victimes du sang contaminé,depuis novembre 1984,j ai eue une intervention begnine qui a mal tourner, j’ai eue 8 transfusions,puis je me suis remise tres lentement de tous ses problemes,jusqu’au 2mai 1996,ou suite a des problemes de sante j apprends que je suis seropositive,la c’est le ciel qui vous tombe sur la tete,charge virale a 4millions et 50 T4,un an de galere phisique et morale,j’etais mariée a l’epoque,mon mari n’a pas ete contaminer,et il ne supportait pas de me voir comme un zombi,il disait que c’etait de la comedie..j ai ete indemniser par le fond d’indemnisation,et un an apres j ai divorcer,j ai tout perdu,je me retrouve avec une maison,mais sans rien ,depuis 8 ans je vis avec l’HAA, et depuis ce mois ci je suis en retraite je vais avoir 330€ par moi,je vis bien sur seule completement isolée,j’ai perdu le peu d’amis que j avais ici dans mon village pres de narbonne en leurs parlant de mon probleme,qui ce voit quand meme car j ai de gros problemes musculaires,je suis en tritherapie depuis 1997,Je vous raconte tout ça parceque vous connaissez tres bien le probleme je vais vite aller voir votre site mortenstock, Je suis revoltéé par ce bussiness du SIDACTION, J’aimerais moi aussi ecrire un livre,pour raconter ses injustices, cordialement Christine Clair mon mail chritineclair@free.fr cordialement christine
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Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
Bonjour, je suis étudiant en criminologie à l’Université de Liège,Ulg (Belgique). Je prépare mon mémoire de fin d’étude. Celui-ci s’intitule : L’affaire du sang contaminé, analyse juridique et criminologique. Ainsi je recherche toute documentation qui pourrait me permettre de rendre un travail le plus proche possible de la réalité des faits. Pourriez-vous m’apporter une aide quelconque ? Désireux de lire le livre de Olivia Zémor (dont vous parlez), pourriez vous m’en donner le titre ? Alain Colomberotto Bien à vous,
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Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
Merci Monsieur Mauvillain et un grand merci aussi à Madame Casteret même si elle n’est plus là, elle vit dans ma mémoire. J’ai été transfusée 4 fois entre septembre 1983 et juillet 1987 pour des complications à la suite de poses de prothèses de hanches. J’ai été indemnisée grâce au combat qu’à mener Maître Aline Boyer avocate des personnes transfusées et hémophyles au sein de l’ADTH.Je vais sur votre site "lamortenstock" auquel je ferai référence pour un article que je prépare pour le poster sur mon blog de seropo.net.Une rétrospective pour les jeunes générations qui ne savent pas pourquoi nous en sommes arrivés là,35 000 morts du sida en 2005, plus de 200 000 personnes vivant avec le VIH aujourd’hui et un hommage à tous ces gens.Je pense que ce scandale du sang contaminé restera un deshonneur pour la France.
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Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
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j’ai besoin de l’aide
Salut , d’abord je me present je suis un jeune homme de 27 ans je suis algérien je suis hémohpile (A) plus H.I.V postive. Mon problem c’est jusqu’a maintenant j’ai pas eu mon indemnisation j’ai perdu mes études je ne travaille pas , je veux savoir est ce que j’ai le droit de l’indemnisation ou non . merci
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j’ai besoin de l’aide
Salam Mohamed pour prétendre à une indemnisation il faut répondre à des critères précis, vis tu en France ou en Algérie, car la législation n’est pas la même dans chaque pays.Es tu assuré par le biais de ton ancien statut d’étudiant ou comme ayant droit ? Comment as tu attrapé le virus du sida, par transfusion ? Dans l’attente de lever ces zones d’ombre, je te souhaite beaucoup de courage dans les épreuves que tu traverses et d’après moi, la santé n’a pas de prix, prends soin de toi et tiens nous au courant. bises fraternelles
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j’ai besoin de l’aide
Avant de donner des conseils, apprends d’abord le respect, chère sayda/mafoudi.
Il ne faut pas raconter n’importe quoi : il a dit qu’il est hémophile. Si tu connais la moindre chose sur l’affaire du sang contaminé, tu as la réponse à ta première question, qui est au moins impudique et ne se pose pas comme ça aux séropositifs.
L’assurance ou le statut d’étudiant est sans rapport avec l’indemnisation éventuelle. La question, c’est de savoir s’il détient la preuve de la contamination par des produits sanguins français, il faut une preuve admise par la loi qui a mis en place l’indemnisation.
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Hommage à la journaliste Anne-Marie Casteret, qui avait révélé l’affaire du sang contaminé en 1991
Puisqu’il y a une réaction à l’article de Michel Lucas - lui aussi, au regard franc et clair, comme Anne-Marie - je ne peux rester sans voix. J’ai aussi rencontré Michel Lucas à plusieurs reprises au cours de la préparation de son rapport... je crois même que sa conclusion a été retardée parce que j’étais indisponible (stage de formation et séjour sanitaire dans les Pyrénées). Je ne dis pas cela pour diminuer l’hommage du à Anne-Marie... mais pour que ceux qui jetent un oeil suspicieux vers cette période 80-85 sachent que tout a été fait pour faire la Vraie Lumière... malheureusement "dévoilée" seulement en partie... et j’en parle aussi dans la partie "tous publics" de mon site pour les soins aux hémophiles, en citant des personnages "ignorés" par les obligations de preuves et de dates de la justice. Merci Anne-Marie, et hommage aussi au travail de Michel Lucas.
