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Contamination et prévention | Homosexualité

Prévention du sida à Paris : les homosexuels sont-ils prioritaires ?

19 avril 2006 (lemegalodon.net)

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L’équipe de l’émission a appris par voie de presse l’« officialisation » d’une plate- forme interassociative sur la prévention à la mairie de Paris [1].

Il est urgent de fédérer et développer les actions de prévention pour répondre aux besoins de toutes les personnes qui n’ont pas les moyens matériels ou sociaux pour se protéger.

Mais, selon les associations qui l’ont créée, « les premières actions de la plate-forme seront orientées, en priorité, vers les populations gays » [2].

Ce choix, s’il est cohérent avec l’histoire des associations qui animent cette « plateforme », ne l’est pas au regard de l’épidémiologie des contaminations à VIH en Ile-de-France.

En effet, en 2004, une découverte de séropositivité sur 3 (32%) concerne une personne issue de l’immigration, et en Ile-de-France, c’est même une découverte sur deux. Ces pourcentages sont stables entre 2003 et 2004.

Les homosexuels masculins repre̠?sentent 24% des de̠?couvertes de se̠?ropositivite̠? en 2004, pourcentage qui a augmente̠? entre le 1er semestre 2003 (19%) et le second semestre 2004 (27%). Cette augmentation est particulièrement importante à Paris, mais elle est aussi observe̠?e dans l’ensemble des autres de̠?partements.

Les familles du Comité réclament une prévention qui s’adresse équitablement à toutes les populations sur le front du sida, en fonction des besoins et non pas de la place dans la hiérarchie sociale.

Discussion avec Catherine et avec toute l’équipe radio autour de cette plateforme face aux énormes besoins des familles touchées face à la prévention.

Extrait de la réaction de Catherine à l’antenne, séropositive et mère d’une fille concernée par le VIH qui a aujourd’hui 24 ans.

« Je pense que ça n’as pas évolué d’un iota, depuis des années. C’est-à-dire, il y a dix ans, quand je suis allé pour la première fois dans ces associations pour y trouver de l’aide.

Quand t’étais pas homosexuel, quedalle. J’ai capté une chose : fallait être homo et sinon, il fallait avoir la tête baissée, être une victime pour que ces associations puissent se nourrir de tes CD4 et de tes plaquettes et de tout ce qui va avec, sinon ils perdent leur énergie à savoir comment tu l’as attrapé. Ils se mettent eux-mêmes dans des ghettos.

Moi je suis pas homophobe. J’ai mes deux soeurs qui ont chacune un fils homosexuel, dont un qui est plombé. Il faut qu’ils comprennent qu’il n’y a pas d’homophobie derrière ça.

J’ai tout essayé. Je suis une batailleuse, j’y vais juste pour faire chier, pour dire : on est tous pareils, on a tous attrapés ce putain de truc, il est hors de question que vous nous divisiez les uns entre les autres... »

Notes

[1] Lire Officialisation d’une Plate-forme Inter associative de Prévention.

[2] Lire Création d’une Plateforme Interassociative de Prévention (PIP).

Documents joints

Synthèse des données épidémiologiques (INVS) (PDF, 36.5 ko)
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