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Bertrand Delanoë | Droit de vivre en famille | Logement

Conseil de Paris : Communication du maire de Paris sur la politique pour les familles à Paris

5 avril 2006 (Mairie de Paris)

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Par M. Bertrand DELANOË

Selon des études menées en 2002 pour mieux identifier la réalité sociologique des familles parisiennes, près de la moitié des Parisiens vit en famille, selon des structures et des schémas qui se sont cependant extrêmement diversifiés : la moitié des familles comprend un seul enfant, le quart est constitué de foyers monoparentaux – dont 86 % concernent des mères seules – dans les deux tiers des cas, les deux membres du couple travaillent. La diminution du nombre de couples mariés, l’augmentation du nombre de divorces ou de séparations, la recomposition des familles, les naissances hors mariage, le PACS et l’homoparentalité, le départ plus tardif des jeunes adultes du domicile parental, autant de facteurs qui dessinent un paysage complexe des trajectoires de vie et des aspirations des familles parisiennes.

Face à ces évolutions, le droit civil s’adapte, certes lentement et souvent avec retard, en reconnaissant notamment davantage de droits aux enfants. La politique municipale s’adresse à toutes les familles dans leur diversité, veillant à accompagner l’évolution même de la notion de famille, bien entendu dans le respect des règles légales et de la sphère privée. Ainsi, par exemple, certains maires d’arrondissement ont fait le choix de célébrer les PACS et les baptêmes républicains, même si d’autres y demeurent hostiles par principe.

La "politique des familles" que développe notre collectivité ne saurait se substituer à celle de l’Etat, dont c’est la compétence. Elle traduit cependant une démarche spécifique intégrant à la fois des actes et des prestations, mais aussi la volonté de prendre en compte les familles dans chacune des politiques municipales (priorité au logement social, accueil de la petite enfance, protection de l’enfance, insertion et emploi, développement des aides aux personnes handicapées etc…). Cette dimension "transversale" répond en fait à la variété des enjeux : par exemple, l’égalité entre les femmes et les hommes, demeure un enjeu majeur au sein de ce cadre qu’est la famille ; l’équité territoriale, avec une préoccupation liée à la juste répartition de équipements dédiés aux familles parisiennes ; ou la solidarité, bien entendu, qui concerne les Parisiens les plus modestes et, au-delà, ceux qui, ponctuellement, peuvent être confrontés à des difficultés en terme d’éducation, de santé ou de mobilité.

Inscrivant son action dans un partenariat solide avec la Caisse d’allocation familiale, Paris - à la fois commune et département - peut réunir les moyens et les compétences de deux collectivités territoriales et donner ainsi davantage de cohérence à son action.

Depuis 2001, la municipalité parisienne ne se réfère à aucun "modèle familial" en particulier, veillant au contraire à fonder ses choix sur une réalité culturelle et sociologique placée sous le signe de la diversité. Par le passé, en effet, le souci trop exclusif des familles de trois enfants et plus, a conduit à nier la pluralité des schémas familiaux parisiens, pénalisant par là même les foyers à revenus modestes ou moyens avec un ou deux enfants.

De même, contrairement au gouvernement actuel dont on peut contester les leçons qu’il tire de la crise urbaine de novembre 2005, la municipalité rejette la logique consistant à stigmatiser certaines familles et à "sanctionner" les difficultés éducatives qu’elles peuvent affronter dans l’exercice de leur parentalité. Notre choix vise plutôt à renforcer l’accompagnement et le soutien des foyers en difficulté, à développer une vraie politique de prévention en direction des jeunes et à favoriser les liens au sein de la famille, mais aussi entre la famille et son environnement quotidien, notamment scolaire.

Si elle ne saurait conduire à des conclusions hâtives, la croissance démographique constatée par l’INSEE – 19.400 habitants supplémentaires à Paris depuis 1999 – est un encouragement à poursuivre dans cette voie, d’autant plus que ce gain démographique s’explique largement par la natalité et l’augmentation de la taille des ménages (1,88 personne par ménage en 2005 contre 1,87 personne en 1999).

DFPE 2006 - 299

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