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Campagnes d’information et de prévention | Téléphonie sociale

Sida Info Service ferme son service de réponse en langues étrangères

6 février 2006 (Reuters-APM)

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PARIS, 2 février (APM) - Sida Info Service a décidé de fermer le service de réponse en langues étrangères de son numéro vert parce qu’"en termes de moyens humains et organisationnels, il ne fonctionnait pas", a indiqué jeudi à l’APM la responsable des actions migrants de l’association de lutte contre le sida, Barbara Mkombe.

Selon Reda Sadki, du comité Maghreb/Afrique des familles pour survivre au sida (une association de soutien aux migrants VIH+), cet échec n’est pas une surprise : "quand une association pense pouvoir se passer des premiers concernés et est payée à 100% par les pouvoirs publics, voilà ce qui se passe".

"Ce que je constate, c’est que cette ligne a mal été mise en place, mal gérée". Ce chiffre de 80 appelants en 2005, "cela ne m’étonne pas, ce service n’a pas su répondre aux besoins".

Le Comité avait également ouvert une ligne téléphonique sociale en 2000 mais avait dû la fermer en 2002, "faute de moyens financiers" car elle ne bénéficiait pas du soutien des pouvoirs publics.

Le Comité des familles a par ailleurs demandé à être reçu par Sida Info Service et l’INPES afin qu’"ils entendent [leurs] préoccupations alors [qu’ils] luttent pour survivre au sida", selon un communiqué de l’association.

La réponse en langues étrangères était disponible depuis 2001. Le service était proposé à tous les appelants du numéro vert de Sida Info Service ne parlant pas le français. Cinq langues étaient proposées : l’anglais, l’espagnol, le russe, l’arabe et le bambara (parlé par 60% de la population malienne).

Barbara Mkombe a indiqué à l’APM avoir travaillé sur un rapport d’évaluation de ce service qu’elle a remis fin 2005 à la direction de Sida info service. Au terme d’une réunion en décembre 2005 avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), financeur de la ligne téléphonique, les deux parties ont convenu de fermer ce service car il demandait "beaucoup d’organisation pour peu d’appels".

Contacté par l’APM, l’INPES a indiqué que sur les 200.000 appels qu’ont reçus les lignes Sida Info Service et Hépatites Info Service en 2005, seuls 80 étaient réalisés en langue étrangère. De plus, ce taux était en diminution, de plus de la moitié depuis 2003.

Selon Sida Info Service, 1.500 appelants en 2005 n’étaient pas français. Seuls 80 ont bénéficié du service de langue étrangère, les autres étant parvenus à s’entretenir avec un répondant francophone. L’INPES a également évoqué des raisons de surcoût. Selon leurs chiffres, ce service lui a coûté 44.000 euros pour les 10 premiers mois de 2005, soit 550 euros par appel.

"Cela ne sert à rien de continuer à faire croire à du politiquement correct mais qui ne fonctionne pas", a estimé Barbara Mkombe.

Elle a évoqué plusieurs raisons expliquant l’échec de ce service, parmi lesquelles le manque d’études auprès du public cible lors de sa mise en place en 2001.

Elle a ainsi cité comme exemple le choix du bambara. "La plupart des immigrés d’origine malienne s’expriment plutôt en soninké", langue plus fréquemment parlée dans les zones rurales du pays d’où sont originaires la plupart des migrants.

Le directeur du Comité médical pour les exilés (le Comede, un centre d’accueil médical qui siège à l’hôpital Bicêtre), Arnaud Veïsse, a confirmé à l’APM que les immigrés maliens qu’il rencontrait parlaient surtout le soninké et le peul, bien que ces langues n’étaient pas proposées par la ligne de Sida Info Service.

"Parmi les patients du Comede, je n’en ai jamais vu qui m’ont dit l’avoir utilisé" malgré les annonces qu’il a affichées dans les locaux.

Barbara Mkombe a dénoncé une autre "aberration" dans le fonctionnement de la ligne, dû au fait que "ce n’était pas une ligne spécifique", mais uniquement un service d’une ligne dont l’accueil était en français. Ainsi, "une personne qui ne parle pas français doit d’abord s’exprimer dans cette langue" lorsqu’elle s’adresse à la personne de Sida Info Service prenant l’appel.

Barbara Mkombe a par ailleurs indiqué à l’APM que "l’INPES nous a invités à travailler sur un projet plus cohérent, plus pertinent". "Nous espérons pouvoir ouvrir une ligne fin 2006".

"Il faudra tout bétonner, notamment dans le choix des langues", a-t-elle estimé, tout en indiquant que cette fois une enquête serait lancée auprès du public cible. "L’idéal serait de réunir un comité de pilotage" pour la création de cette ligne regroupant plusieurs associations de personnes africaines vivant avec le VIH.

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