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Drogues et réduction des risques (RDR) | Fabrice Olivet | Hommage aux disparus | Tribune libre

Les drogués et l’anti-France

7 mars 2006 (ASUD)

1 photo | 10 Messages de forum | | Votez pour cet article

Après les douces Frances de Charles Trenet et Rachid Taha, passons à la France dure de nos compatriotes de couleur (comme on dit aux Antilles). On peut reprocher une foule de choses à la vie en banlieue, ses ascenseurs mortels, ses odeurs d’urine,le mélange Nike/foulard islamique … on ne dira jamais assez le mal provoqué par l’abandon du gros rouge au profit du cannabis.

Voir en ligne : Auto Support des Usagers de Drogue (ASUD)

à Mohamed Hamla et Mansour Hamadi

Etats Généraux des Usagers de DroguesD’abord, va trouver un troquet ouvert dans ces endroits. Prend Clichy sous Bois par exemple…Tu y trouveras Le Chêne Pointu , un soi-disant centre commercial avec une boulangerie crasseuse, mais de troquets point. Alors après, il faut pas s’étonner !!! Le dernier troquet en activité c’est le tabac des Bosquets, 2 kms plus loin vers Montfermeil. Mais il a brûlé en 99. Depuis ça ressemble un peu à Beyrouth… ou à Bagdad.

Il faut dire, dans les années 60, les communistes ont lutté contre l’implantation des débits de boissons dans les quartiers ouvriers. Alors à la place, on fume. Il faut dire aussi que tout à côté, à Paris, quelques millions de jeunes gens et de jeunes filles de bonne famille veulent aussi fumer du shit et de l’herbe. Qui va s’en occuper ? certainement pas le gouvernement. Le gouvernement a compris que vu la faiblesse économique des familles les plus récemment arrivées de l’étranger, il fallait leur trouver un revenu de substitution (si si , ça s’appelle comme ça) . Quelqu’un, qui a eu la modestie de rester anonyme, a eu l’idée d’interdire la consommation de cannabis, ce qui fait automatiquement monter les prix et permet aux plus pauvres d’améliorer leur fin de mois. L’expérience avait déjà été concluante dans les années 20 en Amérique du Nord pour la promotion de la communauté italienne grâce à l’interdiction de l’alcool.

Un autre aspect du problème à ne pas négliger : le sida et l’hépatite C. Là on rigole moins parce-que les gens meurent et continuent à mourir. Y en a des milliers qui sont morts dans les banlieues dans les années 80 et 90 du XXe siècle. Ce sont les fameux grand frères (comme on dit dans les médias). Et cette génération continue de mourir dans l’indifférence générale. Quasiment toutes les familles ont connu la galère d’avoir un fil toxico et quelque fois deux fils toxicos. Les noirs, les arabes, quelques céfrans aussi. Enfin ceux qui restent. Le tout orchestré par un cursus de délinquant de premier ordre : casses, deal , zonzon, OverDose, et pour finir le coktail sida/hépatite. Alors bien sûr la génération d’après, elle a compris. La came, merci bien. Le chichon d’accord. mais la came non , d’ailleurs les tox on leur casse la tête quand ils viennent traîner leur cinquante piges dans la cité.

Donc je résume. Quatorze nuits de violence urbaines, des commentaires à géométrie variables concernant à peu près tous les angles et un non dit assourdissant, autour de l’infrastructure addictologique du phénomène, à savoir :
- l’alcoolisme ouvrier et ses conséquences urbanistiques
- le traumatisme de la came et du sida des années 80
- l’ économie du cannabis

Comme si, depuis la découverte des raves parties, la défonce était redevenue une valeur exclusivement bourgeoise. Comme si on avait honte de ne pas avoir dit que les morts du sida n’était pas seulement des toxicomanes mais aussi et surtout des Mohamed et des Mansour.

Dans les quartiers (comme disent les militants socialistes) on est pas vraiment en France, c’est bien connu. Alors de manière tacite, on insiste sur l’exotisme, les trucs qui nous prouvent que la banlieue c’est les autres, des gens pas comme nous avec des problèmes pas français comme l’islam, la polygamie, la peau bronzée. Les mamans arabes ont vu mourir leurs ainés du sida à la suite d’une politique de répréssion bien française, elles voient leurs cadets dealer du shit pour répondre à la demande exponantielle des chères têtes blondes du centre ville, elles vivent dans des quartiers rendus inhumains –notamment-par l’obsession anti-alcoolique des militants ouvriers coco-catho des années 60. Qui peut encore croire que leur problèmes ne sont pas NOS problèmes ?

Bonne année

Fabrice Olivet, pour ASUD

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