Skip to main content.

Génération sacrifiée, 20 ans après | Hommage aux disparus | Luttes de l’immigration et contre le racisme | Tribune libre

Sida en banlieue : l’incendie et le mépris

11 novembre 2005 (lemegalodon.net)

2 Messages de forum | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article

Dès le début des années quatre-vingt, dans les quartiers pauvres de la Douce France, les immigrés et leurs enfants ont affronté seuls la dévastation provoquée par l’arrivée de l’héroïne, suivie juste derrière par le virus du sida et les hépatites.

Toute une génération a été sacrifiée à la seringue, à la prison et à la Double Peine…

Ce sacrifice n’a jamais été reconnu, et les survivants, oubliés de la lutte contre le sida, sont restés dans l’ombre, alors qu’aujourd’hui beaucoup vivent en famille dans la dignité.

Si nous avons été abandonnés à notre sort par les pouvoirs publics, par les élus locaux, par les associations de lutte contre le sida, ce n’est pas pour autant que nous nous sommes résignés à notre sort.

Témoins de la dévastation provoquée par l’injustice et les inégalités sociales face à la santé, ici en France et dans nos pays d’origine, nous avons refusé la honte et le silence pour relever la tête et affirmer notre droit à la santé et à la dignité.

Aujourd’hui, nous constatons qu’une deuxième épidémie frappe durement les plus vulnérables parmi les familles issues de l’immigration, alors que simultanément nous tentons de soutenir des familles frappés par le sida dans nos pays d’origine.

Nous ne pouvons pas supporter de voir nos petits frères et sœurs condamnés à la maladie, à la misère.

Mais chaque fois que nous prenons la parole, que nous relevons la tête, nous affrontons le mépris.

Le mépris des associations classiques de lutte contre le sida, qui estime qu’elles peuvent très bien gérer le problème des migrants séropositifs qui serait importé d’Afrique.

Mais nous sommes des enfants de l’immigration, victimes de contaminations bien françaises.

Le mépris des politiques, qui ont abandonnés nos familles seules face au virus, qui ont laissé le sida faire des ravages en banlieue.

Le mépris de tous ceux qui se permettent de nous juger, qui voudraient nous rendre coupables de notre contamination.

Nous ne sommes pas les seuls à subir le mépris.

Le mépris ne sert qu’à fabriquer la colère.

Forum de discussion: 2 Messages de forum

Suivre la vie du site S'abonner au forum de cet article (RSS)


Réagir à cet article