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Associations humanitaires | Marc Gentilini

Mattei cherche un point de chute à la Croix-Rouge

18 décembre 2004 (Libération)

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Soutenu par Chirac, l’ancien ministre de la Santé postule à la présidence.

Par Eric FAVEREAU

Jean-François Mattei, ancien ministre UMP de la Santé, débarqué du gouvernement après sa gestion catastrophique de la canicule lors de l’été 2003, deviendra-t-il, ce dimanche, le nouveau président de la Croix-Rouge ? C’est, en tout cas, l’opération élyséenne prévue, même si rien n’est jamais joué lors des conseils d’administration, parfois houleux, de la plus vieille dame des organisations humanitaires.

De fait, peu après son départ sans ménagement du ministère de la Santé, l’Elysée s’était montré bon prince. Et avait cherché à recaser ce médecin, sérieux, homme de dossiers bien plus que de terrain ; homme politique, au demeurant, qui s’est toujours montré d’une grande fidélité à Chirac.

Pour la petite histoire, c’est en effet l’Elysée qui a eu l’idée. En substance, comme l’actuel président, le professeur Marc Gentilini (proche également de Jacques Chirac), achevait son deuxième et dernier mandat, pourquoi ne pas y mettre l’ancien ministre de la Santé ? Celui-ci ­ qui n’y avait pas songé ­ fut séduit par le poste. Et se mit en ordre en bataille.

« Indépendance ». Reste que la Croix-Rouge, au-delà de ses rides, est un lieu complexe, aux rapports compliqués avec l’Etat. Association de droit privé, dite de loi 1901, la Croix-Rouge française (CRF) affiche comme « principe fondateur et de fonctionnement l’indépendance ». L’élection d’un homme politique, si elle n’est pas inédite ­ il y avait eu, sous la gauche, la présidence de l’ancienne ministre socialiste Georgina Dufoix ­, n’est pas sans provoquer des vagues.

Action. D’autant que la vieille maison est en plein changement. Et en plein déménagement. Marc Gentilini, grande figure du monde médical français, a largement secoué le lieu. « La Croix-Rouge faisait des choses mais le faisait peu savoir, en particulier en France », explique-t-il. « Sur différents plans, on a essayé de rénover l’action et l’image. » Et de citer les actions dans les prisons, les quartiers, la lutte contre l’illettrisme, et le renforcement du secourisme. « Grâce à un accord avec le ministère de la Défense nationale, 350 000 jeunes ont été formés l’année dernière ; 750 000 le seront cette année. De même, 47 des 53 Samu sociaux qui existent en France sont de notre responsabilité. » Quant à l’étranger, Marc Gentilini rappelle que, sous ses deux mandats, la Croix-Rouge française a été présente aussi bien au Kosovo qu’en Côte-d’Ivoire. Ainsi que sur toutes les catastrophes de ces dernières années.

Nul ne conteste, d’ailleurs, cette présence plus affirmée de la Croix-Rouge française, mais le professeur Gentilini a décidé également le déménagement de la vieille maison, située place Henri-Dunant, vers les bâtiments de l’ancien hôpital Broussais de Paris, dans lesquels seraient regroupées différentes écoles d’infirmières. Projet délicat, cher et mené par la secrétaire générale Béatrice Abollivier-Raoult, conseillère UMP du XVIIIe arrondissement. En interne, beaucoup de contestations s’expriment, mettant en avant le déficit (autour de 50 millions d’euros). Un cocktail assez explosif pour remettre en cause l’élection de Jean-François Mattei ? En face de lui, un candidat interne, le docteur Yves Louville, président de la délégation de Paris.

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