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Gilles Alfonsi | Médias et communication | Tribune libre

Droit de réponse à Combat face au sida : des propos pas si « impubliables » que ça !

24 novembre 2004 (Combat face au sida)

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Demande de droit de réponse adressé à la revue Combat face au sida

L’entretien avec Reda Sadki, censuré par la revue Combat face au sida [1], vient de paraître dans l’ouvrage collectif « La santé mondiale, entre racket et bien public » (éd. Charles Léopold Mayer) [2].

Commentaire de Reda :

Après avoir censuré l’entretien avec moi [3] qu’il avait sollicité, Gilles Alfonsi tente, dans un éditorial de la petite revue subventionnée dont il est rédacteur-en-chef, de dénigrer mes propos, jugés « impubliables », « brutales » et « potentiellement diffamatoires » [4].

M. Alfonsi avait refusé de publier cet entretien qu’il avait lui-même sollicité, proposant de publier une version qu’il avait rédigé lui-même, s’arrogeant le droit de parler à ma place de nos luttes, revendications et préoccupations.

Oui, l’histoire de l’épidémie dont nous sommes témoins est brutale : plus de la moitié des morts du sida en France sont immigrés ou enfants d’immigrés, partagés entre maghrébins et africains noirs qui paient le plus lourd tribut à l’épidémie aujourd’hui. Face à cette réalité, les pouvoirs publics — avec la complicité des associations classiques de lutte contre le sida —, ont longtemps laissé faire l’épidémie dans les quartiers populaires, et aujourd’hui tentent d’organiser une gestion coloniale de la santé des immigrés.

Nous ne permettons à personne de parler à notre place, encore moins de nier, de dénigrer ou de déformer l’histoire de nos luttes pour survivre au sida.

Nous connaissons l’histoire politique de la revue Combat face au sida et de son fondateur, Rémi Darne, militant antifasciste, antiraciste et anticapitaliste, dont nous regrettons la disparition au sida. À ses débuts, la revue Combat face au sida avait courageusement dénoncé le fonctionnement d’Ensemble contre le sida [5], qui regroupe la frange la plus réactionnaire de la lutte contre le sida. Aujourd’hui, Gilles Alfonsi vient d’accepter, pour la première fois, les subventions d’Ensemble contre le sida.

En utilisant de tels procédés de censure et d’insinuation mensongères pour tenter de nous réduire au silence, en reniant ses propres principes, Combat face au sida se discrédite et jette la honte sur l’héritage des luttes dont elle est issue.

Lire l’entretien paru dans l’ouvrage La santé mondiale, entre racket et bien public : Entretien avec Reda Sadki : bribes d’histoires des luttes immigrées pour survivre au sida.

Contact presse : 08 70 25 12 50

Notes

[1] Lire Gilles Alfonsi, Combat face au sida, et l’histoire d’une petite censure.

[2] Plus d’informations sur cette ouvrage : Vient de paraître : La santé mondiale, entre racket et bien public.

[3] Reda Sadki anime depuis 1995 l’émission Survivre au sida, qui informe et donne la parole aux séropositifs de l’immigration et la banlieue. Le 14 juin 2003, il a été élu président du Comité Maghreb-Afrique des familles pour survivre au sida.

[4] En 2002, Combat face au sida avait publié un premier article sur notre combat pour survivre au sida (Combat face au sida n° 27, mars 2002), lire Des droits politiques des immigrés et de nos combats pour survivre au sida. Cela s’était bien passé, car Alfonsi ne s’était pas permis de parler à notre place. Par ailleurs, cet article avait été publié simultanément par la revue Hommes & Migrations, numéro 1239 (septembre-octobre 2002), voir http://www.adri.fr/hm/archives/2002....

[5] Lire Questions à Ensemble contre le sida sur les Observations de la Cour des comptes sur les comptes d’emploi pour 1994 à 1996 du fonds SIDACTION, Appel aux donateurs du Sidaction et Sidaction : en finir avec les rapaces de l’immigration et du sida.

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