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Drogues et réduction des risques (RDR)

Le saccage du dispositif de soins aux toxicomanes, vu depuis un CSST de la banlieue parisienne

29 octobre 2002 (lemegalodon.net)

PARIS, 29 octobre 2002 (Migrants contre le sida)

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Drogues : usagers de drogue citoyens face à la surenchère sécuritaire

Septembre 2002 : « saccage » du dispositif de soins aux toxicomanes ! 3 millions d’euros ont été retirés par le Ministère des budgets alloués aux associations d’aide aux toxicomanes. Au niveau de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), 15 millions d’euros ont été supprimés. La MILDT finançait notamment les actions de prévention, et aussi l’hébergement d’urgence, notamment pour les usagers de drogue séropos en début de traitement.

En plein désarroi, une de ces professionnels a a demandé la parole à l’émission. Elle travaille dans un CSST, un centre de soins spécialisés pour toxicomanes. Les CSST sont notamment le lieu de passage obligatoire pour les personnes doivent suivre l’injonction thérapeutique (l’obligation de « soigner » sa toxicomanie) imposée par un juge comme alternative à une peine de prison. Une partie du public d’un CSST n’a donc pas choisi librement de s’y retrouver. J’ai demandé à cette assistante sociale de nous expliquer qui se retrouve en CSST.

Le CSST où elle travaille est en banlieue pauvre de Paris, quelles sont les conditions de vie de ceux et celles qui le fréquentent ?

Quand on vient aujourd’hui dans un CSST, s’agit-il de « sortir de la drogue » ou bien de réduire les risques (notamment des hépatites et du sida), de limiter la casse même si la personne n’arrête pas de consommer ?

Certaines de ces associations sont pourries car elles pratiquent la discrimination, participent activement au contrôle social et à la répression des usagers, ne les reconnaissant pas en tant qu’êtres humains et citoyens, et mériteraient d’être fermées immédiatement. D’autres sont issues de la mouvance pour limiter la casse, pour la réduction des risques. Ces dernières travaillent souvent dans des conditions difficiles, soumises aux diktats de la DASS et aux multiples contradictions entre les hauts gradés parmi les professionnels de la santé (psychiatres, médecins), les anciens usagers professionnalisés et le public qui les fréquente.

Au sein de la plupart de ces structures, on y trouve des gens qui tentent tant bien que mal d’utiliser le dispositif existant pour permettre aux usagers de drogue de s’occuper de leur santé, de se loger, de faire reconnaître leurs droits.

En toute discrétion, le gouvernement a décidé début septembre de supprimer 3 millions d’euros des crédits alloués au dispositif spécialisé de lutte contre les toxicomanies. Avec quelles conséquences pour les usagers de drogue qui fréquentent les CSST ?

Conclusion : Cette crise sera-t-elle l’occasion pour les professionnels qui vivent sur le dos des toxicomanes de réaffirmer leur volonté de collaborer avec l’Etat dans sa politique de répression des toxicomanes, de solidifier leur main-mise sur le dispositif de contrôle sociale des usagers de drogue ? Ou bien sera-t-elle l’occasion d’une remise en question des pratiques, des modes d’organisation qui, malgré les avancées de la réduction des risques, restent fondées sur l’idée que la drogue, c’est mal, et que le « drogué » est un malade ?

Reçu au courrier de l’émission : Oui, l’interdiction des drogues (la prohibition) est une peine de mort !

Non, la substitution n’est pas une arnaque !Pour avoir travaillé dans un centre méthadone, j’ai pu voir ses effets positifs en matière de RDRR ! Même si les résultats dépendent essentiellement de la volonté de l’usager de drogue, et si les risques de prises d’autres produits existent, ils sont moins dangereux que chez un sujet non-traité,grace au suivi régulier ! Je suis conscient des énormes progrès qu’ils restent à faire (notamment en matière de moyens et de législation) mais j’ai du mal à accepter qu’on crache dans la soupe !

Quant au Subutex, oui c’est criminel de l’avoir mis et de le maintenir sur le marché dans de telles conditions de délivrance.

Une dernière remarque : ce n’est pas l’injection de Subutex qui provoque l’amputation d’un membre mais n’importe quelle injection mal faite( héroine, cocaine ; antibiotique ; neuroleptique....).Là encore,un suivi régulier grace à la substitution permet d’éviter d’en arriver à l’amputation...