Angleterre | Criminalisation des séropositifs
Nouveau procès pour un séropositif ayant sciemment infecté deux femmes
6 mai 2004 (AFP)
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LONDRES, 5 mai (AFP) - Un homme séropositif de 38 ans condamné pour avoir sciemment transmis le virus du sida à deux femmes a obtenu le droit à un nouveau procès mercredi, après avoir fait appel contre sa condamnation à huit ans de prison en novembre.
Les trois magistrats composant la cour d’appel de Londres, dont le plus haut magistrat britannique, Lord Harry Kenneth Woolf, ont estimé que le tribunal de première instance n’aurait pas dû écarter l’hypothèse selon laquelle les deux femmes auraient pu avoir consenti à des relations sexuelles avec Mohammed Dica, tout en sachant qu’il était séropositif.
Les magistrats se sont cependant opposés à une libération sous caution de l’accusé en attendant un second procès, prévu dans environ six semaines.
Début novembre, Mohammed Dica avait été reconnu coupable de "coups et blessures volontaires" pour avoir transmis sexuellement le virus du sida, une première juridique en Angleterre et au Pays de Galles.
Lors du procès de Mohammed Dica, le procureur Mark Gadsden avait qualifié les faits reprochés à l’accusé de "coups et blessures biologiques".
Selon lui, M. Dica avait persuadé ces deux femmes d’avoir des rapports sexuels avec lui sans prendre de précaution particulière après avoir dit à la première qu’il avait subi une vasectomie et à la seconde qu’il l’aimait et voulait avoir des enfants.
Mohammed Dica, originaire du Kenya, marié et père de trois enfants, était arrivé en Grande-Bretagne en 1993. Sa séropositivité avait été diagnostiquée deux ans plus tard.
Ses victimes, une femme divorcée et une mère de deux enfants, toutes deux âgées d’une trentaine d’années, sont désormais condamnées à mort à plus ou moins long terme, avait affirmé le procureur lors du procès.
En prononçant son verdict, le juge Nicholas Philpot avait qualifié l’attitude de M. Dica de "méprisable".
