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Aide médicale d’État (AME) | Hépatite C (VHC) | Malades étrangers

Mort d’un sans papiers à Angoulême : M. Villepin doit réagir pour que « chacun trouve sa place en France »

25 avril 2004 (Coordination nationale des sans papiers)

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YOURI OUTKIN, biélorusse de 41 ans, est mort le 9 avril 2004 et a été enterré le 19 avril 2004.

Il était atteint de l’hépatite A et C. Il avait fait une demande de régularisation en tant qu’étranger malade.

Sa demande a été rejetée par la Préfecture après que le médecin chef de la DDASS ait refusé de reconnaître la maladie qui le frappait et qui nécessitait des soins réguliers en France.

La Préfecture et la DDASS ont donc condamné YOURI OUTKIN à mourir comme un chien dans un squat.

Cette tragédie macabre vient malheureusement confirmé l’appel PREVENTIF QUE NOUS AVIONS FAIT CONTRE LES TENTATIVES DANGEREUSES DE SUPPRESSION DE L’Aide Médicale d’Etat (l’AME) : « L’AME, rappelons-le, permet aux plus précaires, dont les Sans Papiers, de bénéficier gratuitement des soins médicaux. Sa suppression aura des conséquences très néfastes. Sans ressources financières, il est fort probable que la personne sans moyens financiers personnels n’ira à l’hôpital que si la maladie a fini de le ronger. La prise en charge d’un patient foudroyé par la maladie est financièrement plus coûteuse pour l’Etat que si le malade s’est présenté chez le médecin dès l’apparition des premiers signes cliniques. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’AME. Quel paradoxe donc pour un gouvernement qui dit vouloir maîtriser les dépenses publiques !

Les conséquences de la suppression de l’AME, suppression visant directement les plus démunis, n’épargneront personne aussi du fait des risques de résurgence d’épidémies. Les virus ne feront pas de discernement entre précaires et salariés, entre sans papiers et français ou résidents ». La loi Sarkozy attaque ouvertement le droit aux soins et constitue donc une dangereuse remise en cause du droit de tous aux soins. Non seulement, il s’agit d’une véritable insécurité sanitaire pour tous, mais le cas YOURI OUTKIN montre que la politique de non régularisation conduit à mort d’humain né quelque part ailleurs.

Après Barrientos, après Getu Mariam, morts pendant leur expulsion lors des charters de la honte de Sarkozy en décembre 2002 et janvier 2003, après le jeune congolais retrouvé mort dans le train d’atterrissage d’un avion d’Air France, après que trois autres se soient pour l’un brisé la hanche dans les eaux du port de Marseille, voilà le cas de YOURI OUTKIN, mort alors que bien des rapports de médecins auparavant attestaient qu’il était malade et atteint de l’hépatite A et C. LES CONSIGNES POLITIQUES, DONC ARBITRAIRES, PRIMENT SUR L’EXAMEN OBJECTIF DES DEMANDES DE REGULARISATION.

Où est donc l’état de droit républicain quand les lois, mêmes mauvaises et racistes comme les lois Pasqua/Debré/Chevènement/Sarkozy, ne sont pas utilisées et appliquées en toute objectivité ?

M. DE VILLEPIN déclare dans le Monde du 23 avril 2004 : « Prenons l’exemple de l’immigration clandestine : elle exige la stricte application de la loi dans les reconduites aux frontières. Les Français attendent de nous une réponse ferme à ce propos. Je m’y emploierai ». Non seulement M. DE VILLEPIN devrait s’assurer que les DROITS DES USAGERS SANS PAPIERS DES PREFECTURES DE FRANCE SONT RESPECTES, MAIS IL DOIT SURTOUT RESOUDRE LA CONTRADICTION FONDAMENTALE SUIVANTE : La France a besoin et aura de plus en plus besoin d’immigré(e)s, or la France ne régularisa pas ceux déjà présents sur le territoire national. Ne pas résoudre ce dilemme inhumain, c’est faire le lit du parti fasciste le Front National.

Fait à Paris le 25 avril 2004