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Dépistage aux frontières | Suisse

Vers un test du sida pour les requérants d’asile ?

19 janvier 2004 (Tribune de Genève)

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Pour contrer l’augmentation du virus en Suisse, Berne pense à tester les réfugiés arrivant sur notre sol.

Voir en ligne : Tribune de Genève

Vers un test du sida pour les requérants d’asile ?

Claude Ansermoz

Comment contrer l’augmentation du sida en Suisse ? Selon la NZZ am Sonntag, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) envisage d’introduire un dépistage automatique pour tous les demandeurs d’asile arrivant dans les cinq centres d’accueil que compte notre pays. Cette procédure ne serait pas obligatoire et devrait être accompagnée de conseils dans la langue du requérant. En outre, le résultat du test ne devrait pas entrer en ligne de compte lors du jugement de la demande d’asile. La décision de lancer le projet, qui doit encore être négociée avec l’Office fédéral des réfugiés et évaluée au niveau de son financement, devrait être prise en février.

Depuis trois ans, les cas de sida et d’infection sont en hausse en Suisse (586 cas en 2000, 632 en 2001 et 791 en 2002). Le taux de tests positifs est supérieur en Suisse par rapport aux autres pays d’Europe occidentale. Deux personnes sont infectées chaque jour par le virus VIH. Près de 20 000 séropositifs habitent dans le pays. Selon l’OFSP, 27% de ces tests posifis en 2002 ont été effectués sur des personnes originaires d’Afrique sub-saharienne, contre 0,4% pour les Suisses. En Afrique noire, quelque 25 millions de personnes sont porteuses du virus du sida et 10% des hommes sexuellement actifs sont positifs. Pour Roger Staub, responsable de la section sida à l’OFSP, il est admissible que les gens provenant de pays fortement touchés par le sida soient contrôlés. Ils pourraient ainsi, suite aux conseils prodigués dans leur langue, modifier leur comportement.

Ce que Berne disait

Quelle est la fiabilité de telles statistiques ? Le 20juin dernier, le conseiller national argovien UDC Luzi Stamm avait, dans une question ordinaire au Conseil fédéral, demandé à connaître le nombre de requérants porteurs du virus et le coût qui en résultait. Le gouvernement avait alors répondu qu’en vertu des dispositions relatives à la protection des données, un tel recensement était impossible tout en précisant que "selon la pratique des autorités suisses en matière d’asile, une infection au VIH n’entraîne pas, en règle générale, à elle seule une inexigibilité de l’exécution du renvoi".

Les réactions à ces propositions sont nuancées. Ruth Genner, présidente des Verts, n’y voit qu’une occasion de stigmatiser une nouvelle fois les requérants d’asile. Le conseiller national socialiste zurichois Mario Fehr voudrait d’abord être certain que l’on s’assure que le résultat du test n’a aucune influence sur le traitement de la demande d’asile. Pour le vice-président du groupe radical aux Chambres, le Zurichois Felix Gutzwiller, par ailleurs professeur de médecine préventive, la faisabilité de ce nouveau plan dépendra avant tout des dispositions d’application qui l’accompagnent. Quant au parlementaire UDC Ulrich Schlüer, il salue le projet "pour autant qu’en cas de résultat positif, les requérants soient renvoyés dans leur pays et que, tant qu’ils sont en Suisse, leur liberté de mouvement soit réduite".

En novembre, le Conseil fédéral avait donné son feu vert au "Programme national VIH et sida 2004-2008". Son but, maintenir l’effort de prévention alors que le nombre de nouvelles infections est en hausse en Suisse. La Confédération investit chaque année 10 millions de francs, dont 8 millions pour la prévention, un des trois volets du programme. Outre la prévention, celui-ci mise aussi sur la thérapie et le conseil pour les personnes infectées par le virus ou atteintes par le sida. La troisième priorité va à la solidarité des personnes menacées d’infection, infectées ou malades.

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