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Christian Saout | Financement de la lutte contre le sida | Tribune libre

L’association AIDES contre les malades les plus pauvres, au mépris de sa propre histoire ?

29 novembre 2004 (lemegalodon.net)

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Extrait d’un courrier envoyé à Carl Chesneau de AIDES, au sujet de la participation de Christian Saout, président de AIDES Fédération, au Forum social européen (FSE).

Nous portons les faits suivants à la connaissance de tous parce que dans le contexte politique actuel, nous appelons l’association AIDES à renier toute compromission, à refuser de gérer la misère des malades pour le compte des pouvoirs publics, et à revenir à sa mission originelle : soutenir les luttes des séropositifs les plus exposés sur le front de l’épidémie, pour l’égalité des droits et pour survivre au sida.

En 1999 et 2000 AIDES « représentait » les usagers au CA de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Ses représentants ont approuvé et voté en faveur des réformes d’austérité imposées par son directeur M. Antoine Durlemann. [1].

En 1999, alors que la gauche plurielle s’arc-boutait sur l’exclusion des sans-papiers du dispositif CMU (les renvoyant à l’Aide médicale d’État et préparant anisi le terrain pour les amendements de décembre 2002), AIDES — avec Act Up, le Comède et d’autres associations — chantait les louanges de la CMU dans un communiqué inter-associatif : « La création d’une couverture maladie améliorée pour de nombreuses personnes en situation de précarité sociale représentera un progrès pour la santé de l’ensemble des personnes qui vivent en France... » Or, comme nous l’avions dénoncé à l’époque, le bras de fer entre assureurs et gouvernement autour de l’avant-projet de CMU, l’annonce d’une révision du « panier de biens et de service, » la politique générale de maîtrise médicalisée des dépenses de santé, etc. rien ne permettait une telle affirmation [2]... sauf une volonté de cautionner le projet de société inégalitaire porté par la gauche plurielle.

En 1999, Christian Saout, président d’AIDES Fédération, se déclarait rassuré sur l’utilité de son association : « Aides est vitale. La précarité et la vulnérabilité sociale s’expriment de plus en plus fortement... » (Libération, 25.10.1999). Dominique Gillot, Secrétaire d’État à la Santé, encourageait alors les associations classiques à « permettre le transfert des savoir-faire acquis contre l’épidémie vers d’autres domaines... soutenu par des crédits... contre l’exclusion et non plus seulement par des crédits SIDA ». Message reçu : la misère croissante des malades est un marché juteux pour les associations classiques [3].

Quand votre président Christian Saout organisait un dîner-débat avec Philippe Séguin, alors en plein campagne électorale, avec des assiettes à 250F (Quotidien du Médecin, 22 mars 2000), où était la préoccupation de votre association pour les droits des séropositifs les plus pauvres ?

Quatre ans plus tard, il est indéniable que votre association cumule d’innombrables subventions et — après avoir engloutti des sommes importantes dans les salaire, frais de bouche, etc. — dispense quelques miettes sous forme de tickets-restaurants et diverses aides, instruments de chantage et de contrôle sociale sur la vie des séropositifs précaires qui s’adressent à vous. Il est vrai aussi qu’AIDES a monté un secteur "Emploi" qui travaille en étroite collaboration avec le patronat pour "réhabiliter la valeur travail" en proposant des emplois précaires aux séropositifs [4].

Enfin, vous nous parlez du cas particulier des malades du sida. Mais qu’en est-il de l’intêret général d’une sécurité sociale pour tous ? Au-delà des revendications sectorielles, l’égalité des droits face à la maladie concerne tous et toutes, malades et non-malades, Français et Immigrés.

Notes

[1] Pour mémoire, lire et écouter notre émission n° 74 du 21 novembre 2000, interview avec Pierre Lascoumes de AIDES Emission du 21 novembre 2000 (n° 74).

[2] CMU : Lettre ouverte aux associations classiques.

[3] Communiqué : ANRS, la gestion de la misère en question.

[4] Le sida, une autre cause de rejet au travail.

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Christian Saout, président d'AIDES, s'affiche fièrement à la droite de Bertrand Delanoë, maire de Paris

Christian Saout, président d’AIDES, s’affiche fièrement à la droite de Bertrand Delanoë, maire de Paris

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