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Homosexualité | Infections sexuellement transmissibles (IST)

Retour en force de la syphilis aux Etats-Unis, les homosexuels en 1ère ligne

21 novembre 2003 (AFP)

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Par Pascal BAROLLIER

WASHINGTON, 20 novembre 2003 (AFP) - La syphilis, une maladie sexuellement transmissible qui avait connu une forte baisse dans les années 1990 avec un point bas en 2000, fait un retour en force aux Etats-Unis, particulièrement dans la communauté homosexuelle.

Le nombre de cas a fait un bond de 12,4% des cas en 2002, la deuxième année consécutive de hausse du nombre de cas et du taux d’infection qui a progressé de 9,1% dans la population, ont annoncé jeudi les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). En 2001, le nombre de cas avait augmenté de 2%.

Ces statistiques masquent une situation plus grave encore en raison du nombre important de cas de syphilis non dépistés, ce qui laisse penser que "les véritables chiffres sont probablement significativement plus élevés", a souligné le Dr John Douglas, lors d’une conférence de presse.

Pour ce dernier qui dirige le service de prévention des MST aux CDC, "c’est un nouveau défi majeur" qui affecte particulièrement les homosexuels et pourrait s’expliquer par un changement d’attitude face aux maladies sexuellement transmissibles, et en premier lieu le Sida.

La hausse des cas de syphilis est la plus forte parmi les hommes, avec une progression de 27,4% entre 2001 et 2002, dont plus de 40% des cas chez les homosexuels et bisexuels. Le total des cas est passé de 4.134 à 5.267, sur un total de 6.862 cas au niveau national.

"La difficulté chez les homosexuels et bisexuels est due à une attention moins grande accordée aux MST, associée à l’idée que les progrès dans les traitements signifient que le VIH-Sida n’est plus une maladie mortelle, ce qui se traduit par des attitudes plus détendues en matière sexuelle", a encore commenté le Dr Douglas.

La hausse des cas est fulgurante chez les hommes blanc, atteignant 85,2%, la hausse étant de 35,6% chez les hommes d’origine hispanique, alors que le nombre des cas parmi les hommes noirs a baissé de 2,6%, même si cette catégorie continue de connaître le taux de syphilis le plus élevé (13,5 cas pour 100.000, contre 4,5 pour les hispaniques et 2,2 cas pour les Blancs).

La situation est particulièrement grave à New York où le nombre de cas a été multiplié par trois entre la fin 2000 et la fin 2002, avec une progression de 54% des cas en 2002, dont plus de la moitié dans la communauté homosexuelle, a expliqué le Dr Susan Blank, chargée du contrôle des MST au service de santé de la ville de New York.

En revanche, une baisse de 19% des cas est constatée chez les femmes, plus forte encore chez les femmes noires (21,7%), une évolution qui pourrait s’expliquer par un succès des campagnes de prévention des MST auprès de cette communauté.

"La campagne contre la syphilis aux Etats-Unis est maintenant menée sur deux fronts, pour maintenir les progrès accomplis au sein des populations qui étaient les plus frappées, comme les Noirs, et pour relever les nouveaux défis auprès des homosexuels et bisexuels", a expliqué le Dr Ronald Valdiserri, directeur adjoint du centre de prévention du Sida et des MST aux CDC.

Ces préoccupations sont d’autant plus grandes que les lésions provoquées par la syphilis entraînent un risque accru de contracter le virus du Sida, a rappelé le Dr Douglas.

Les résultats sont détaillés dans la revue des CDC, Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR), datée du 21 novembre.

La syphilis est une maladie vénérienne transmise par voie orale, vaginale ou anale, qui peut donner lieu à des lésions buccales et faciales. Elle est due à une bactérie, le tréponème pâle de Schaudinn-Hoffmann, généralement sensible à la pénicilline.

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