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Financement de la lutte contre le sida

Sol en si échappe à la fermeture

13 décembre 2002 (L’Humanité)

PARIS, 13 décembre 2002 (L’Humanité)

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La justice lève le redressement judiciaire qui pesait sur l’association depuis presque deux ans.

L’association de lutte contre le sida, Sol en si (Solidarité enfant sida), placée en redressement judiciaire depuis le 3 mai 2001, voit désormais le risque de liquidation écarté. Après dix-neuf mois d’administration judiciaire, le tribunal a annoncé la fin du redressement judiciaire à cette association reconnue d’utilité publique. Essentiellement tournée vers les familles et les enfants affectés par le virus du sida, Sol en si a été fondée en 1990. Plus de 7 000 enfants et 3 000 familles ont bénéficié du soutien psychologique, juridique, médical et logistique apporté par l’association. " Nous avions un service logement, confie Mélanie Pelletier, chargé de la communication de Sol en si. Quand une famille ne parvenait plus à payer le loyer, on le payait à sa place. " Car les fonds ne manquaient pas encore. Le soutien des artistes, la vente de disques de solidarité permettaient la gestion de sept centres d’accueil des familles touchées par le VIH, répartis dans le sud de la France, la région parisienne et la Guyane française.

Puis les traitements sont arrivés. Et avec eux, une certaine indifférence. La solidarité a fléchi. L’idée que, finalement, " le sida, on n’en meurt plus " faisait son chemin dans les têtes. Et Sol en si, dont les financements dépendaient davantage de fonds privés que de fonds publics, fut frappée de plein fouet. Un plan social, entre 2000 et 2001, réduit de 76 à 18 personnes l’équipe salariée. L’association dépose le bilan en avril 2001. Dans l’impossibilité de faire face à un passif de 240 000 euros. Depuis, le tribunal a prolongé à quatre reprises l’administration judiciaire, approuvant un plan de continuation qui prévoit le paiement des créanciers en cinq ans, tentant ainsi d’éviter une liquidation judiciaire et obtenant même l’aide de l’Etat.

" Nous avons vendu deux immeubles de l’association, un à Paris et celui de Cayenne en Guyane, précise Mélanie Pelletier. Et nous avons rééquilibré les fonds publics et les fonds privés. Aujourd’hui, il nous reste deux lieux d’accueil, l’un à Bobigny, l’autre à Marseille. " Les subventions permettent, depuis mai 2001, le maintien de l’activité dans le domaine de l’information, de la prévention et de l’aide aux victimes. Et la Direction des impôts, après avoir renoncé à sa créance antérieure au redressement judiciaire, avait décidé de ne pas imposer les ventes de livres et de disques. " Nous avons la tête hors de l’eau, assure Mélanie Pelletier, mais nous cherchons sans cesse des nouveaux fonds, nous sollicitons des entreprises. Et peut-être, si nous y parvenons, nous sortirons un nouveau disque l’année prochaine. "

M.D.

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