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Épidémies émergentes

Luc Montagnier : le taux de mortalité du SRAS plus élevé chez les séropositifs

21 avril 2003 (AFP)

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TOKYO, 21 avril 2003 (AFP) - Le professeur Luc Montagnier, co-découvreur du virus VIH-Sida, s’est inquiété lundi que le taux de mortalité de l’épidémie de pneumonie atypique (syndrome respiratoire aïgu sévère, SRAS) ne risque d’être beaucoup plus élevé pour les séropositifs ou malades du sida.

"Le SRAS est causé par un autre virus et ne tue pas beaucoup de gens, environ 4 à 5% mais le taux de mortalité pourrait être beaucoup plus élevé pour des systèmes immunitaires déprimés par le sida", a expliqué M. Montagnier lors d’une conférence de presse à Tokyo. "Ce serait très alarmant si les gens étaient à la fois infectés par le SRAS et le sida", a-t-il estimé.

"C’est une inquiétude, particulièrement pour le sud de la Chine, où l’on a à la fois une contamination en cours par le sida et le début de l’épidémie de SRAS", a-t-il souligné.

A propos des mesures prophylactiques à prendre, M. Montagnier a approuvé les décisions prises d’isoler les malades ou de mettre en quarantaine les cas à risque. "Il y a de forts soupçons sur la nature du virus mais agit-il seul ou en combinaison avec d’autres facteurs ? C’est très difficile de mettre au point une politique de traitement et prévention", a-t-il estimé.

Il a souligné que "le seul traitement est de renforcer les défenses de l’hôte" du virus. "Mon conseil serait que toutes les personnes exposées au virus voient leurs systèmes immunitaires renforcé avec des anti-oxydants, des immuno-stimulants".

M. Montagnier s’est montré relativement optimiste sur l’évolution de l’épidémie, soulignant que l’on dispose aujourd’hui de nombreux instruments pour la suivre et la contrôler.

"Une épidémie où on a 95% des gens qui résistent n’a pas de chances d’aller très loin", a-t-il souligné en ajoutant qu’il y a "beaucoup plus de gens qui meurent chaque année de la grippe".

Selon lui, les autorités sanitaires japonaises ont très peur que l’épidémie arrive dans l’archipel. "Est-ce qu’il n’y a vraiment pas de cas, on ne peut pas en être complètement sûr, car le diagnostic est difficile mais au Japon ils ont une très bonne hygiène, mettent des masques quand ils toussent. Ils prennent naturellement des précautions", a-t-il noté.

"Je trouve alarmante la rapidité de diffusion en Chine mais ce n’est peut-être qu’un rattrapage de cas dissimulés auparavant", s’est-il demandé.

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