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Drogues et réduction des risques (RDR)

La drogue dans les pays d’Europe : cannabis, cocaïne et polytoxicomanies

16 octobre 2000 (Quotidien du Médecin)

PARIS, 16 octobre 2000 (Quotidien du Médecin)

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Le cannabis est la drogue la plus consommée en Europe, la cocaïne et les polytoxicomanies gagnent du terrain. En Espagne et au Portugal, plus d’un quart des toxicomanes par voie intraveineuse sont contaminés par le VIH.

L’EUROPE de la drogue, dans sa version 2000, se caractérise par une forte consommation de cannabis, un usage de cocaïne à la hausse, souvent associé à l’alcool, une polytoxicomanie portant sur les amphétamines, l’ecstasy et les médicaments, tandis que l’héroïne, toujours mortelle, perd du terrain, indique le rapport annuel de l’Office européen des drogues et toxicomanies (OEDT).

L’Espagne, avec 32 %, et le Portugal, 27 %, enregistrent les taux les plus élevés d’infection au VIH chez les toxicomanes par voie intraveineuse (TVI), alors qu’en Grande-Bretagne il est de 1 %.

L’incidence de nouveaux cas de SIDA chez les TVI continue de baisser en France, en Italie et en Espagne. Cela pourrait être dû à l’apparition de nouveaux traitements de l’infection à VIH à la fin des années quatre-vingt-dix. Cependant, elle progresse au Portugal et en Finlande.

Luxembourg : des usagers à problème

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) souligne, d’autre part, que le Luxembourg connaît la plus forte proportion d’usagers à problème, environ 7 pour 1 000 habitants de 15 à 64 ans, suivi de l’Italie (6/1 000), le Royaume-Uni et l’Espagne (5/1 000), l’Irlande et la France (4/1 000), l’Autriche, la Belgique et le Danemark 3/1000. La Finlande, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède sont les plus protégés.

En ce qui concerne le cannabis, le Royaume-Uni se situe au premier rang des amateurs (10 %), devant l’Espagne (7 %). Au Danemark, 3 % seulement des citoyens y ont goûté.

La cocaïne, répandue principalement dans « les groupes socialement actifs », s’étend dorénavant à une « large population ». Dans l’ensemble de l’Union, de 1 % à 6 % des 16-34 ans, et de 1 % à 2 % des adolescents en ont pris « au moins une fois ». Sa consommation, relève l’OEDT, est associée fréquemment aux boissons alcoolisées. Les amphétamines et l’ecstasy attireraient de 1 % à 5 % des 16-34 ans, avec un pic outre-Manche à 16 %. Avec les médicaments détournés de leur usage, ces produits témoignent de pratiques relevant de la polytoxicomanie de l’an 2000.

Le rapport de l’OEDT note, enfin, que le comportement des femmes consommatrices de drogue est plus susceptible que celui des hommes d’être stigmatisé par la société, qui y voit « une incompatibilité avec leur rôle de mère ».

Ph. R.

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