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Prisons

Pollution chimique à la prison d’Eysses : 14 détenus portent plainte

25 août 2000 (La Dépêche du Midi)

TOULOUSE, 25 août 2000 (La Dépêche du Midi)

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Des détenus d’Eysses portent plainte

Quatorze détenus de la Centrale pénitentiaire d’Eysses viennent de déposer une plainte auprès du Procureur de la République pour mise en danger de la vie d’autrui. Objet de la plainte : la pollution par des dérivés de pyralène entre 1972 et 1982.

Les travaux de dépollution du site d’Eysses sont toujours à venir. L’incapacité des « spécialistes » à quantifier financièrement la remise en état des terrains autour de l’ancien atelier de démontage des transformateurs en cause retarde encore et encore le début des travaux. Un élément qui sert d’ailleurs à Me Gilbert Collard - chargé par les 14 détenus de défendre leurs intérêts - pour étayer cette plainte contre le Centre de Détention d’Eysses déposée auprès du procureur de la République : « Si l’activité, source de pollution, apparaît aujourd’hui ancienne puisque celle-ci a cessé en 1982, il n’en reste pas moins que le niveau de pollution est encore aujourd’hui très élevé dans la mesure ou les opérations de décontamination n’ont pas encore été réalisées de façon satisfaisante, faute de crédits. »

« Le poids de la menace »

La plainte des détenus vise à démontrer que durant les 10 ans (1972-1982) de l’exploitation de l’atelier de démontage des transformateurs et depuis 1982, il y a eu « mise en danger de la vie d’autrui. » Me Collard et les 14 détenus réunis dans le dépôt de plainte s’appuient sur les différentes études et rapports. En particulier sur un rapport concernant l’eau des puits inscrits dans la zone concernée : « Les analyses montrent un dépassement des critères de potabilité. Selon le rapport cette eau est impropre à la consommation comme eau de boisson (...) » Me Collard parle même de « risque non négligeable pour la santé des détenus.

Un salarié d’une entreprise qui serait en contact pendant sa carrière avec le PCB (le dérivé du pyralène incriminé) présenterait un risque sanitaire individuel sur toute la durée de la vie de l’ordre de un cancer supplémentaire pour 1.000 personnes. » C’est donc le poids de la menace qui « constitue un préjudice moral qui n’est pas contestable et ne peut en aucune manière être négligé par le centre de détention d’Eysses. »

Incertitudes

Les arguments sont-ils recevables ? La plainte s’appuie en fait sur les incertitudes qui naissent des études et des faits. Car en l’absence d’étude épidémiologique les certitudes manquent. Les riverains du site qui attendent la dépollution suivront avec intérêt la suite qui sera donnée à cette plainte. Tout autant que les détenus, eux aussi vivent depuis 1972 près d’une source de pollution réelle. Et près d’un danger dont on peut affirmer, au fond, que personne n’en mesure réellement l’ampleur.

J-L. A.

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