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Drogues et réduction des risques (RDR)

La substitution par Subutex facilite la resocialisation

10 mars 2000 (Impact Hebdo)

PARIS, le 10 mars 2000 (Impact Hebdo)

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La prise en charge des toxicomanies aux opiacés avec accompagnement médico-social a beaucoup évolué au cours des vingt dernières années. Subutex (buprénorphine par voie sublinguale), sur le marché depuis 1996, a largement participé à cette évolution.

Comme l’a rappelé le Pr Philippe-Jean Parquet (CHU Lille) lors d’un séminaire organisé par les laboratoires Schering-Plough, « la représentation des usagers de substances psychoactives a changé. De délinquants, ils sont devenus patients en même temps qu’évoluaient les dispositions réglementaires et sanitaires et que devenait possible la mise en place d’un traitement de substitution ». A cet effet, la buprénorphine, agoniste partiel des récepteurs morphiniques, supprime l’état de manque, n’a pas d’effet euphorisant et est plus maniable que la méthadone. Pour une prise en charge efficace, le Dr Lionel Gibier, psychiatre à Tours, a en outre souligné l’importance d’une relation forte entre médecin et patient.

Par ailleurs, le but premier de la substitution n’est pas le sevrage mais plutôt la diminution du syndrome de manque et des risques associés (hépatite C et sida). Enfin, la prise en charge doit être globale, la plupart des toxicomanes étant poly-intoxiqués et ayant des pathologies associées. C’est dans cette optique que le Dr Martine Darie (généraliste, Paris XIe) et Alain Trognée (pharmacien) travaillent en réseau depuis sept ans. Ils illustrent parfaitement l’utilité d’un partenariat entre médecin généraliste et pharmacien, pour un meilleur contrôle de la délivrance du Subutex. En outre, psychiatres, gastro-entérologues, travailleurs sociaux doivent également collaborer pour une meilleure prise en charge globale du patient.

A la fin de l’année 1999, parmi les 70 000 patients recevant un traitement substitutif, 62 000 étaient sous Subutex et 8 000 sous méthadone. L’enquête Spesub portant sur 919 patients sous Subutex montre qu’après deux ans de traitement, 68 % des patients sont toujours dans le système de soins et que la consommation d’héroïne a diminué de 46 à 11 %. On note aussi une augmentation des patients ayant un logement autonome et un emploi stable ainsi qu’une diminution du nombre de patients délinquants. La substitution par Subutex permet donc une diminution de l’intoxication aux opiacés et facilite la resocialisation.

YVONNE EVRARD

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