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Christian Saout | Financement de la lutte contre le sida

VIH/SIDA : le lieu d’accueil Arc en Ciel menacé de fermeture

21 janvier 2000 (Quotidien du Médecin)

PARIS, le 21 janvier 2000 (Quotidien du Médecin)

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Confronté à une baisse des fonds privés, le conseil d’administration de l’association AIDES-Ile-de-France a été contraint de procéder à des arbitrages budgétaires douloureux. Le lieu d’accueil Arc en Ciel est menacé de fermeture et le journal « Remaides » a cessé sa publication. Si une solution de reprise à un niveau national semble possible pour « Remaides », l’avenir d’Arc en Ciel paraît plus incertain.

L A baisse des fonds privés continue à faire des dégâts dans le milieu associatif de lutte contre le SIDA. Deux structures de l’association AIDES-Ile-de-France nourrissent aujourd’hui de sérieuses inquiétudes sur leur avenir. L’espace Arc en Ciel, lieu d’accueil destiné aux personnes touchées par le VIH, est très clairement menacé de fermeture. Quant au journal « Remaides », mensuel d’informations médicales et de témoignages sur la maladie, il a été contraint d’interrompre sa publication.

Obligé de faire des arbitrages budgétaires, le conseil d’administration de AIDES-Ile-de-France a décidé lundi de ne pas attribuer les fonds privés sur lesquels comptaient Arc en Ciel et Remaides pour assurer leur équilibre financier pour l’année 2000. Un coup très dur surtout pour Arc en Ciel dont l’avenir sera évoqué aujourd’hui lors d’une réunion entre la DDASS de Paris, la direction générale de la Santé (DGS), AIDES Fédération nationale, AIDES-Ile-de-France et des représentants d’Arc en Ciel.

Un lieu d’accueil unique en France

Créée en 1984, AIDES, qui est la plus importante association de lutte contre le SIDA en France, fonctionne sur la base d’un réseau avec, d’une part, une fédération nationale et de l’autre 26 comités régionaux. Le comité Ile-de-France a ouvert en 1996 à Paris l’espace Arc en Ciel. Un lieu d’accueil unique en France. Installée dans des locaux très agréables et fonctionnels, cette structure propose d’abord une restauration adaptée aux besoins nutritionnels des personnes touchées par le VIH. Arc en Ciel organise aussi des groupes de parole et des entretiens individuels sur la maladie ainsi que des activités de « mieux-être » (yoga, relaxation, ateliers de création). Enfin, les personnes touchées peuvent y obtenir une aide administrative pour retrouver leurs droits et entamer une réinsertion sociale et professionnelle. « Depuis sa création, plus de 2 500 personnes, venues de toute l’Ile-de-France, ont bénéficié des services d’Arc en Ciel qui a aujourd’hui la plus importante file active extrahospitalière de personnes touchées par le VIH en France », explique Francis Carrier, administrateur de AIDES Ile-de-France et cofondateur d’Arc en Ciel. Pour sa part, « Remaides », dont la diffusion est gratuite, bénéficie d’un tirage de 34 000 exemplaires.

L’avenir de ces deux structures s’est donc joué lundi lors du conseil d’administration de AIDES-Ile-de-France. Pour pouvoir poursuivre leur activité en 2000, Arc en Ciel avait besoin de 1,7 million de francs et Remaides de 1 million de francs. Le problème est que, confrontés à une baisse importante et continue des ressources privées, les administrateurs ont fait un choix politique différent. Ils ont préféré assurer la viabilité de l’ensemble du dispositif régional de l’association en finançant trois cellules d’expertises, thérapeutique, précarité et savoir-faire. Ils ont aussi choisi de reconstituer les fonds propres de l’association et de financer la création de projets nouveaux. « Si aucune solution extérieure n’est trouvée, la décision du conseil d’administration va aboutir à la fermeture d’Arc en Ciel. Le conseil a fait la preuve de son incompétence en prenant une décision purement comptable », s’indigne Francis Carrier. « Nous avons pris, à la majorité absolue, une décision politique très claire visant à assurer la viabilité de l’association et à soutenir notre dispositif régional de lutte contre la maladie. Et nous n’avons pas prononcé la fermeture d’Arc en Ciel pour lequel nous voulons continuer à nous battre », répond Brigitte Touiller, vice-présidente de Aides Ile-de-France.

Au siège de la Fédération nationale de AIDES, on indique suivre avec attention les problèmes traversés par les deux structures. « En ce qui concerne Remaides, nous avons eu des contacts préliminaires avec la DGS qui permettent d’espérer une poursuite de l’activité avec l’attribution de fonds publics à un niveau national. Quand à Arc en Ciel, nous sommes déterminés à tout faire pour obtenir le maintien de son activité sous une forme ou sous une autre », indique Christian Saout, le président de AIDES.

Quand à AIDES Ile-de-France, il réclame à l’Etat, au conseil régional et à la Mairie de Paris « un effort de solidarité plus important sur l’aide financière au soutien extrahospitalier des personnes séropositives ».

Pierre BIENVAULT

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