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Campagnes d’information et de prévention

CFES : Polémique autour du licenciement d’un délégué FO

17 juillet 1999 (Le Parisien)

PARIS, le 17 juillet 1999 (Le Parisien)

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Un service du ministère de l’Emploi accusé d’entrave au droit syndical

PARIS, le 17 juillet 1999 (Le Parisien) — LE Comité français pour l’éducation et la santé (CFES), dépendant directement des services de Martine Aubry, est au centre d’une plainte contre X pour entrave au droit syndical qui fait des vagues. Une plainte déposée par Henri Savignac, ex-responsable informatique et délégué FO du CFES, licencié en décembre 1998 pour incompétence. Ce qui n’aurait été qu’un banal licenciement a, de fil en aiguille, pris des proportions judiciaires et syndicales peu banales. La directrice du CFES, Bernadette Roussille, a été mise en examen l’année dernière par le juge Philibeaux, du tribunal de Nanterre, en charge du dossier, et FO s’est portée partie civile. Dans le même temps, la CGT et la CFDT du ministère du Travail ont apporté leur soutien à Henri Savignac. Une pétition récente en sa faveur a recueilli près de 3 000 signatures de fonctionnaires de différents ministères. « Le plus scandaleux de l’affaire, c’est que l’inspection du travail a refusé par trois fois, au niveau départemental et régional, le licenciement et que le cabinet de Martine Aubry s’obstine à l’avaliser », s’exclame Jacques Cubaud, secrétaire général de FO personnels des organismes sociaux.

Procès-verbal d’entrave

Du côté du ministère, on récuse toute volonté de chasse aux sorcières. « C’est ridicule, Henri Savignac a été licencié en raison de ses insuffisances professionnelles et certainement pas pour son appartenance à FO », indique-t-on dans l’entourage de Martine Aubry. Une attitude partagée par le CFES qui minimise l’affaire : « Savignac n’était pas compétent dans son poste de responsable informatique et a commis des fautes inexcusables. » Pourtant, les rapports de l’inspection du travail que nous avons pu consulter témoignent de curieuses pratiques au sein du CFES. Ainsi, selon l’inspecteur chargé de l’enquête, la directrice déclarait en plein séminaire son opposition à ce « qu’un cadre soit le relais syndical du personnel ». Un procès-verbal d’entrave a été versé la semaine dernière au dossier d’instruction. L’enquête est bouclée et doit être transmise en août au procureur de la République. Voilà qui alimentera les relations entre Martine Aubry et Marc Blondel, le secrétaire général de FO. Doté d’un budget de 200 millions de francs, le CFES, organisme peu connu du grand public, lance chaque année des campagnes d’information (sida, vaccins, etc.) pour le compte du secrétariat à la Santé. Il avait subi en 1997 les remontrances de la Cour des comptes sur le peu d’efficacité de certaines opérations de communication en regard des sommes allouées.

Eric GIACOMETTI


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