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Malades étrangers

AIDES dénonce à la Préfecture un malade assigné à résidence

13 mai 1998 (AIDES Fédération)

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La réponse de AIDES Fédération

M. Marty-Lavauzelle nous a répondu le 5 juin 1998, par une « série d’observations... qui devraient conduire Migrants contre le Sida à maintenir la confiance dans le réseau national AIDES ». Dans ce courrier, le président de AIDES Fédération nous assure que « la rédaction qui affecte le troisième paragraphe de la lettre adressée par le Président du comité Aides Dauphiné-Savoie à Monsieur le Préfet de l’Isère n’avait pas pour intention de nuire à Monsieur X. Elle doit se comprendre dans un contexte où l’on a cru bien faire en décrivant, sans doute à tort, les conséquences pour Monsieur X de l’inaction des autorités administratives... »

Paris, le 13 mai 1998

M. Arnaud Marty-Lavauzelle
Président
AIDES Fédération
26, rue du Chateau Landon
75009 Paris

Monsieur,

Dans un courrier (ci-joint) adressé à monsieur le Préfet de l’Isère, M. Denis Bernet-Rollande, président de l’association Aides Dauphiné-Savoie, déclare qu’une personne suivie par son association aurait « de façon fréquente enfreint son assignation à résidence pour se rendre à Paris, sans même avoir les moyens de s’acquitter du billet SNCF ».

Il est inadmissible qu’une association de lutte contre le sida mette en cause ainsi une personne dont elle assure la prise en charge. Même s’il s’agissait d’un fait connu de tous, une telle déclaration adressée directement à l’autorité publique est une grave atteinte à la déontologie de l’association ainsi qu’une violation du droit à la confidentialité.

Face à une telle pratique, les malades étrangers sans papiers peuvent-ils encore faire confiance à Aides Dauphiné-Savoie ? L’association Aides Dauphiné-Savoie respecte-t-elle la confidentialité et les droits des personnes prises en charge ou soutenues ?

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur la nature des rapports établis entre la préfecture de l’Isère et l’association AIDES Dauphiné-Savoie. Ce compte-rendu sur le comportement d’une personne relève-t-il d’une erreur d’une exceptionnelle gravité ou relève-t-il d’une collaboration avec la préfecture ?

Nous demandons à la Fédération AIDES, dont l’association Aides-Dauphiné fait partie, de réagir avec vigueur face à ce qui, intentionnellement ou pas, représente une instance de délation. La Fédération doit sanctionner l’association Aides-Dauphiné et publiquement réaffirmer son respect de la confidentialité, en particulier en ce qui concerne les malades étrangers sans papiers.

En escomptant une réaction claire et rapide de votre part, nous vous prions, Monsieur, d’agréer l’expression de mes salutations les meilleures.

Migrants contre le sida