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Chiffres du sida | Florence Lot

Entretien avec Florence Lot : le sida au sein de la population étrangère

1er octobre 1997 (lemegalodon.net)

Les chiffres du SIDA et les immigrés

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Interview de 14 minutes (format RealAudio)

Une discussion avec Florence Lot du Réseau national de santé publique à propos de son étude sur le sida dans la population étrangère en France.

Migrants contre le sida discute avec Florence Lot du Réseau national de santé publique. En octobre 1996, pour la première fois, le RNSP publiait des chiffres témoignant de l’impact disproportionnel du sida sur la population étrangère. Cette étude brisait un tabou-prétexte de la santé publique, selon lequel une analyse de l’ampleur de l’épidémie au sein de cette population serait "stigmatisante." Longtemps, le souci d’éviter toute stigmatisation a servi de prétexte pour ne pas analyser ces données qui mettent en lumière le fait que, comme le savaient déjà nombreux militants du sida qui travaillent dans les cités, les communautés immigrées ont été frappé de plein fouet par l’épidémie du sida en France, et ce dès le milieu des années 80.

Selon le RNSP, au 30 Septembre 1997, la population d’étrangers parmi l’ensemble des cas de sida, alors qu’elle était stable au cours du temps autour de 14%, augmente depuis le second semestre de 1996. Ceci est lié à un moindre accès aux nouvelles stratégies thérapeutiques pour les étrangers par rapport aux sujets de nationalité française.

Alors que certains voudraient faire du sida une « maladie comme les autres », l’étude du RNSP nous fournit des chiffres utiles car révélateurs des vulnérabilités. Pour les immigrés, la découverte de la séropositivité se fait trop souvent suite à une première maladie (ou, pour les femmes, lors d’un dépistage souvent à l’insu lorsqu’elles sont enceintes). L’accès à l’hôpital — et à l’aide médicale ou l’allocation adulte handicapée qui le prend en charge — est un parcours à obstacle, rendant improbable l’accès aux nouveaux médicaments.

Alors que vivre avec le sida, quand on est immigré, signifie trop souvent se retrouver seul, isolé, les chiffres du RNSP ne font que renforçer notre conviction que le soutien aux personnes touchées par le VIH, la solidarité avec elles, et la défense de leurs droits — à l’accès aux soins, mais aussi droit au logement, au travail, au séjour — doivent devenir une priorité pour aussi bien la lutte contre le sida que pour les luttes immigrées. Il s’agit non seulement d’« aider » mais aussi de revendiquer.