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Chiffres du sida

AFP : Le SIDA régresse deux fois moins vite parmi les immigrés

19 juin 1998 (AFP)

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par Martine VERON

PARIS, 19 juin (AFP) - Le SIDA poursuit sa régression en France, avec une diminution de 42% (bien 42%) de nouveaux cas avérés en 1997, mais parmi les étrangers cette baisse n’a été que de 24%, selon des chiffres du Réseau national de santé publique (RNSP) cités vendredi par Migrants contre le SIDA.

Pour expliquer ce retard, depuis l’utilisation des nouvelles thérapies en 1996, le Dr Florence Lot du RNSP avait invoqué déjà lors d’une précédente étude, non publiée, l’"accès au dépistage tardif et la prise en charge aléatoire" des immigrés.

Autre chiffre inquiétant : 58% (bien 58%) des étrangers découvrent leur séropositivité lors de l’apparition de la première maladie opportuniste, contre 38% (bien 38%) des Français.

C’est dans la communauté africaine que les effets négatifs, manque d’accès aux nouveaux traitements et à l’information, se font le plus sentir : le nombre de nouveaux cas y est en baisse de 12% seulement, contre 38% pour les Maghrébins.

Pour Migrants contre le SIDA, "le SIDA ne recule pas, il change de cibles". A la veille de la conférence de Genève (28 juin-3 juillet) qui traitera du problème de l’inégalité entre le Nord et le Sud (90% des séropositifs vivent dans les pays en voie de développement), l’association proteste contre la "discrimination" envers les immigrés dans les pays développés.

Les populations immigrées y sont souvent exclues des efforts de prévention et font face à de graves difficultés d’accès aux soins. Cette situation, écrit la sociologue Mary Haour-Knipe, crée "les conditions potentielles d’une propagation de l’épidémie".

"Refus de traitements optimaux"

En France, si l’accès aux soins est ouvert à tous, Migrants contre le SIDA affirme que "de nombreux témoignages font état de refus de traitements optimaux pour les immigrés". Selon l’association, 59% des immigrés qui se sont adressés à un centre de dépistage anonyme et gratuit "n’ont pas eu l’entretien, pourtant obligatoire avant et après un test de dépistage".

Dans son étude sur le SIDA dans la population étrangère en France de septembre 1997, Florence Lot estimait à 6.418 le nombre de cas de SIDA déclarés parmi les étrangers en France depuis le début de l’épidémie (soit 13,9% du total) au lieu de 5.896 l’année précédente. 31% sont originaires d’Afrique sub-saharienne, 23,2% d’Afrique du Nord, 21,7% d’Amérique, essentiellement de Haïti, 4,2% d’Asie et 19,6% d’Europe.

Le pourcentage de femmes parmi les Africains ou les Haïtiens est proche de 40 %, alors qu’il est voisin de 15% pour les autres étrangers.

Le mode de contamination des Maghrébins est surtout la toxicomanie (45% des cas), tandis que chez les Africains, la transmission hétérosexuelle est majoritaire.

Au moment oç les symptômes de la maladie apparaissent, 46% des Maghrébins, 46% des Africains et 63% des Haïtiens, qui connaissaient leur séropositivité, n’avaient pas bénéficié d’un traitement antirétroviral pré-SIDA, alors que ce pourcentage est de 37% chez les personnes de nationalité française, constate aussi le RNSP.

mv/PhC/ban

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