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Téléphonie sociale

SIDA Info Service annonce une restructuration de son activité

12 janvier 1999 (Quotidien du Médecin)

PARIS, le 12 déc 1999 (Quotidien du Médecin)

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Migrants contre le sida écrit à Sida Info Service

PARIS, le 12 déc 1999 (Quotidien du Médecin) — Spécialisé dans l’écoute et l’information, SIDA Info Service vient d’annoncer un important plan de réorganisation qui va entraîner la fermeture de trois pôles régionaux, à Lille, à Marseille et à Rennes. Pour Didier Rouault, délégué CFDT, ce plan pourrait se traduire par plus d’une trentaine de licenciements.

L’association SIDA Info Service, spécialisée dans l’écoute et l’information sur la maladie, vient d’annoncer une importante restructuration de son activité, qui prévoit notamment la fermeture de trois sites d’écoute, à Rennes, à Lille et à Marseille. Les cinq autres sites sont maintenus, à Paris, à Bordeaux, à Grenoble, à Montpellier et à Strasbourg. Directeur de l’association, Yves Ferrarini affirme que cette réorganisation a principalement été dictée par un souci d’adaptation aux diverses évolutions qu’a connues l’épidémie. " Nous devons aller plus loin dans la professionnalisation de notre activité en intégrant des compétences qui, pour l’instant, n’existent pas chez nous. Par exemple, il est indispensable que nous arrivions à restituer une analyse collective des appels que nous recevons. Pour l’instant, nous n’arrivons pas vraiment à remplir cette fonction. " Dans un communiqué, la direction de l’association indique que cette " réorganisation " se traduit au total par 21 transferts de postes (dont 15 postes d’écoute) et 27 créations de postes (dont 13 écoutants et 5 écoutants référents) pour 24 suppressions de postes. " Le solde positif des effectifs de SIS, notamment pour l’écoute, atteste que ce projet de réorganisation a pour objectif prioritaire d’améliorer le service au public, tout en limitant au minimum les conséquences sur l’emploi ", indique la direction, qui précise que " cette nouvelle organisation permettra d’offrir aux appelants une réponse de proximité de meilleure qualité ". La direction affirme enfin que cette évolution " est rendue nécessaire par la concurrence qui s’exacerbe en matière de téléphonie sanitaire et sociale, rendant urgentes l’amélioration de la productivité et la baisse des coûts ".

Coût social

Le comité d’entreprise a rendu un avis négatif sur le plan de réorganisation. " Nous jugeons particulièrement lourd le coût social de cette restructuration, qui devrait se traduire, selon nous, par plus d’une trentaine de licenciements ", explique Didier Rouault, délégué CFDT. " En effet, il est probable qu’un grand nombre de transferts de postes seront refusés, notamment par les personnes qui travaillent sur les trois pôles régionaux qui vont être fermés. Ces personnes ne peuvent pas changer de ville comme cela du jour au lendemain ", souligne Didier Rouault, qui estime aussi que la fermeture des pôles de Marseille, de Lille et de Rennes va affecter la qualité des réponses fournies aux appelants. " Parallèlement à l’écoute, nous faisons un gros travail d’orientation et de soutien de proximité. La qualité de ce travail dépend du travail en réseau au niveau local. Si nous ne sommes plus présents sur le terrain, quelle qualité de réponses va-t-on avoir ? " Yves Ferrarini répond que " ce qui va être fermé dans ces trois villes, ce sont les sites d’écoute. Mais un délégué général sera toujours présent afin de continuer à assurer une présence sur le terrain. " Pour le comité d’entreprise, la prochaine étape est désormais fixée pour la fin janvier, avec la négociation du plan social. " Si nous n’arrivons pas à nous faire entendre, nous envisagerons des actions plus dures ", prévient Didier Rouault, qui au passage déplore le fait que Bernard Kouchner n’ait pas souhaité recevoir les membres du comité d’entreprise. SIDA Info Service, dont le budget prévisionnel pour 1999 est de 59 millions de francs, est financé presque exclusivement avec des fonds publics. Environ 75 % de ses ressources proviennent de la direction générale de la Santé (DGS), le reste étant attribué par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), des DDASS, des collectivités locales et territoriales et Ensemble contre le SIDA (ECS).

Pierre BIENVAULT

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