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Associations humanitaires | Marc Gentilini

Portrait : Marc Gentilini, patron de la Croix-Rouge Française

9 septembre 1997 (Réseau Voltaire)

PARIS, le 9 septembre 1997 (Réseau Voltaire)

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(96/0890) Hervé Gaymard et Jacques Toubon tirent les conclusion du rapport Gentilini sur la santé en prison

Le Pr. Marc Gentilini et le Dr. Jean Tcheriatchoukine ont remis un rapport au Garde des Sceaux et au secrétaire d’État à la Santé et à la Sécurité sociale intitulé "Infections à VIH, hépatites, toxicomanies dans les établissements pénitentiaires et état d’avancement de l’application de la loi du 18 janvier 1994". Ce document se présente comme une longue série de recommandations énoncées sur un mode incantatoire.

Dans un communiqué en date du 22 novembre 1996, le Syndicat de la magistrature dénonce les recommandations du prof. Gentilini et les conclusions qu’en tire le gouvernement. Jacques Toubon entend en effet renforcer la répression au sein des prisons pour y réduire les trafics de stupéfiants et, simultanément, assurer des distributions pluriquotidiennes de psychotropes pour calmer chimiquement les détenus. De son côté, Hervé Gaymard envisage la distribution d’eau de Javel diluée à 12° pour lutter contre le sida.

[Contact : Syndicat de la magistrature , BP 155, 75523 Paris cedex 11, tél 01 48 05 47 88, fax 01 47 00 16 05.]

(96/0891) Biographie : Marc Gentilini

Né le 31 juillet 1929 à Compiègne, Marc Gentilini est un des plus estimés spécialistes des maladies infectieuses et tropicales. A ce titre, il est devenu également l’un des plus éminents cliniciens du sida.

Religieux austère, Marc Gentilini fréquente l’ Opus Dei dont il nie être membre mais dont il suit les pratiques de prière et de mortification. En octobre 1992, il participe à la création de la Fondation Notre-Dame autour de S. Em. le cardinal-archevêque Jean-Marie Lustiger . Il y siège comme administrateur aux côtés de personnalités du lobby catholique comme Michel Albert , Jacques Chirac , Jacques Delors ou René Rémond . En 1995, il devient président du Centre catholique des médecins français (CCMV, ex-Société médicale Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien). En février 1996, il influe sur l’aggiornamento de la Commission sociale de l’épiscopat français qui admet alors la nécessité du recours au préservatif dans certains cas par ailleurs moralement condamnables.

Marc Gentilini poursuit aussi son apostolat au sein du "milieu gay". Ainsi est-il président de l’association "Gérard présence à domicile" qui secourt des malades du sida.

Le professeur Gentilini siège depuis 1991 à la IIIème section (Hygiène et épidémiologie) de l’Académie nationale de médecine. En 1994, il soutint auprès du ministre de tutelle une proposition d’assouplissement du secret médical afin que le médecin puisse juger de l’opportunité de révéler au partenaire d’un patient la séropositivité de celui-ci.

Infatigable, Marc Gentilini est également militant politique au RPR, maire-adjoint (chargé de l’environnement) de Bris-sous-Forges, et suppléant du député crypto extrême droite de l’Essonne, Pierre-André Wiltzer . Leur campagne législative fut notamment financée par Synthelabo . Dans le journal local de la majorité présidentielle, Longjumeau Renouveau daté du 15 septembre 1996, Marc Gentilini qualifie le Réseau Voltaire d’organisation "sectaire [qui] a pour seul but de tromper l’opinion publique et de jeter la suspicion sur ceux qui se battent pour la protection des jeunes notamment des adolescents menacés par les sectes".

Enfin, ce gaulliste fidèle apporte sa contribution à la "politique africaine de la France". Il est président de l’ Office panafricain de lutte contre le sida (Opals), une très importante association para-gouvernementale qui gère des fonds considérables et sous-traite la lutte contre le sida pour seize gouvernements africains. Son adjoint à l’Opals n’est autre que Jean Javanni , par ailleurs trésorier de l’association suscitée " Gérard présence à domicile ", et ancien président de l’association Aparts qu’il fut contraint de quitter à l’issue d’un scandale politico-financier retentissant.

(97/0236) Le Professeur Gentilini a fait adopter une motion anti-immigration par la Fédération des Académies de médecine de l’Union européenne

Le rapport et les recommandations de la "Fédération des Académies de médecines et des Institutions similaires de l’Union européenne", adoptés en séance plénière les 8 et 9 novembre 1996 à Bruxelles, viennent d’être officiellement publiés à Paris. On y apprend que, grâce à l’intervention du professeur français Marc Gentilini, les huit délégations présentes ont adopté à l’unanimité la motion suivante qui a été depuis transmise aux autorités compétentes :

"La Fédération des Académies de médecine attire l’attention sur les risques que présente l’immigration, en particulier l’immigration clandestine, en apportant et en propageant certaines maladies, dont les plus graves sont la tuberculose, les hépatites B et C et les maladies sexuellement transmissibles, y compris le sida, dont la fréquence devient menaçante dans les pays de l’Union européenne. Elle insiste pour que les contrôles sanitaires soient mieux appliqués. Les Académies de médecine doivent être informées et consultées par les instances responsables de chacun des pays de l’Union européenne".

 ? Le professeur Gentilini est cité comme ministrable dans le prochain gouvernement ; à son sujet, cf. RV 96/890, 96/891, 97/109.

(97/0351) Bernadette Chirac impose Marc Gentilini à la présidence de la Croix-Rouge française

Hervé Gaymard, secrétaire d’État à la Santé, a nommé par arrêté ministériel entre les deux tours de l’élection législative trois nouveaux représentants de l’État au conseil d’administration de la Croix-Rouge française, dont le professeur Marc Gentilini, démissionnant d’office les représentants précédents. Le Conseil d’administration de la Croix-Rouge a immédiatement adressé une motion de protestation au ministre. Selon Le Canard enchaîné du 25 juin 1997, Bertrand Landrieu, directeur de cabinet du président Chirac, aurait téléphoné à Pierre Consigny, président de la Croix-Rouge, pour le contraindre à démissionner et à céder sa place au professeur Gentilini. Dès le nouveau gouvernement désigné, le ministre de tutelle, Bernard Kouchner intervenait par écrit, à la demande de Lionel Jospin et de Martine Aubry, pour confirmer aux représentants de l’État les instructions de son prédécesseur. En définitive, Marc Gentilini a été élu président le 29 juin 1997 par 18 voix contre 16, au troisième tour de scrutin.

[Marc Gentilini, ami personnel des époux Chirac, s’était vu promettre un maroquin de ministre de la Santé dans un éventuel gouvernement de droite. Préoccupée de lui offrir un lot de consolation face à l’échec annoncé de la majorité présidentielle, Bernadette Chirac est intervenue pour tenter de lui trouver un point de chute.]

Mis en cause par Act up-Paris au sein du Conseil d’administration d’Ensemble contre le sida au sujet de la motion à caractère raciste qu’il a fait adopter par la Fédération des Académies de médecine de l’Union européenne (cf. RV 97/0236), le professeur Gentilini a reconnu avoir participé à une réunion à Bruxelles les 8 et 9 novembre 1996 mais a nié que celle-ci ait donné lieu à l’adoption d’une quelconque résolution.

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