Licenciée par la Croix-Rouge pour une erreur de date
4 juillet 2000 (Le Parisien)
PARIS, 4 juillet 2000 (Le Parisien)
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LES DÉCISIONS « douloureuses » et « attristantes » prises par la Croix-Rouge en Seine-Saint-Denis se suivent mais ne se ressemblent pas. Un mois après la mise en examen pour abus de confiance de Robert Dray, président du conseil départemental de la Croix-Rouge de 1992 à 1999, le 30 mars dernier, l’association caritative licenciait Françoise Paillet, mère de famille vivant seule, 45 ans, et infirmière depuis six mois au centre médico-social de la Croix-Rouge à Bagnolet. Motif : usage de faux document. « Il s’agit d’un licenciement pour faute grave », confirme Stéphane Bartuel, le directeur des ressources humaines de l’association qui compte 14 000 salariés et appuie ses actions sur le concours de 60 000 bénévoles, dont 220 salariés et 500 bénévoles en Seine-Saint-Denis. « Se séparer d’un salarié est toujours attristant mais un employeur ou un gestionnaire, y compris la Croix-Rouge, doit savoir le faire. »
Le vendredi 7 avril, à la fin d’une semaine et d’une journée particulièrement chargées, l’infirmière avait consulté son médecin traitant qui est un des docteurs du centre médico-social. Vu l’état de santé de sa patiente, le médecin lui a accordé un arrêt de travail du 10 au 14 avril et a inscrit par distraction la date du 10 pour dater la rédaction du document. Or, à cette date, il était parti en congés et la Croix-Rouge a conclu à la rédaction d’un arrêt de travail bidon. Le 9 mai, l’infirmière est convoquée avant d’être licenciée. Malgré un arrêt rectificatif validé par la Caisse primaire d’assurance maladie et le soutien de l’Ordre départemental des médecins qui reconnaît la bonne foi du docteur, la Croix-Rouge maintient sa décision.
« Le 7 mars, lors de la visite de Marc Gentilini, le président de la Croix-Rouge, au dispensaire de Bagnolet, l’infirmière avait dénoncé le gaspillage des moyens en révélant qu’on ne voyait pas beaucoup le directeur de l’établissement, pourtant bien rémunéré, et que l’on voyait encore moins le résultat de son travail », précisent dans un communiqué les syndicats CGT, CGC et USMCS (médecins de centres de santé) ainsi que la coordination médicale des dispensaires Croix-Rouge et le comité de défense du dispensaire Croix-Rouge de Bagnolet. Et de conclure : « Marc Gentilini a défendu son directeur, l’a néanmoins remplacé, promis 700 000 F de matériel pour ramener le calme... et mis fin à la carrière de l’infirmière dans l’organisation humanitaire. »
Quant au médecin qui a rédigé l’arrêt de travail, délégué syndical de l’USMCS et membre du comité central d’entreprise, il témoigne avoir été « menacé de sanctions disciplinaires et de poursuites pénales ». « La Croix-Rouge n’a pas pour habitude de sanctionner ni de menacer ses salariés », conclut le DRH de l’association.
Hugues Tailliez
