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Drogues et réduction des risques (RDR)

Toxicomanies : une étude confirme l’intérêt de Subutex

10 mai 2000 (Quotidien du Médecin)

PARIS, le 10 mai 2000 (Quotidien du médecin)

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Réalisée à partir de 1996, l’étude SPESUB confirme l’intérêt du traitement de substitution des toxicomanes dépendants aux opiacés par Subutex (buprénorphine). En effet, deux ans après la mise en route du traitement, plus de la moitié sont encore pris en charge par le même médecin généraliste et 84 % sont traités en continu par Subutex. Et une amélioration de leur toxicomanie et de leur statut social a été observée.

ETUDE prospective, SPESUB a concerné 101 médecins généralistes répartis sur toute la France et inclus 919 patients. Des évaluations ont été effectuées au 1er, 3e, 6e, 12e mois, 18e mois et à 2 ans. Dans cette étude, le taux de rétention (c’est-à-dire la permanence des soins) a été de 77 % à 1 an et de 68 % à 2 ans. La rétention au traitement lui-même (buprénorphine haut dosage) est de 60 % à 1 an et de 46 % à 2 ans.

La consommation d’héroïne dans le mois précédent a été évaluée d’après les déclarations des patients : après un an, 14 % des patients déclarent consommer encore de l’héroïne, contre 11 % après deux ans. Après deux ans également, il y a deux fois moins de consommation de cocaïne dans la cohorte. De même, les consommations de codéinés et de benzodiazépines ont été diminuées d’un facteur 10. Quant au statut VIH et hépatite C, la dernière évaluation de l’étude SPESUB montre un taux de patients séropositifs de 11 % (dont un quart au stade SIDA) et plus de la moitié porteurs du VHC.

Les prescriptions s’espacent

L’étude des modalités de prescription montre une posologie moyenne aux alentours de 8 mg/jour, que ce soit à l’inclusion, à un an ou à deux ans. Et plus le temps passe, plus les prescriptions médicales s’espacent. A l’inclusion dans l’étude, la plupart des prescriptions sont inférieures à 14 jours, mais après deux ans, seulement 5 % des patients ont une consultation hebdomadaire ou une consultation tous les 8 à 14 jours ; la majorité est revue après une période de 15 à 28 jours. Il peut y avoir une prescription mensuelle avec une délivrance qui continue d’être hebdomadaire : le pharmacien intervient donc comme partenaire dans cette prise en charge. Dans cette étude, environ un tiers des patients continuent d’avoir une délivrance hebdomadaire en pharmacie après deux ans.

De plus, après avoir corrélé le déclaratif et les examens cliniques, on constate que 41 % des patients se sont faits une injection intraveineuse dans le mois précédent (tous produits confondus), contre 21 % après deux ans. Parmi les patients restés dans le même système de soins après ces deux ans, 13,8 % d’entre eux poursuivent leurs injections avec la buprénorphine HD.

Enfin, en ce qui concerne l’aspect social de la prise en charge, la dernière évaluation de l’étude SPESUB met en évidence une amélioration du logement (moins de logements en foyers ou dans la famille et plus de logements personnalisés et autofinancés) dans 26 % des cas ; et une augmentation de 11 % de la reprise de travail a été observée après deux ans.

En conclusion, les résultats apparaissent excellents en termes de rétention, puisque les trois quarts des patients étaient toujours dans le système de soins après un an et plus des deux tiers après deux ans de suivi. Parmi les bénéfices mesurables, on note tout d’abord l’accès aux soins, mais également l’impact sur les séroconversions VIH et VHC ; on note également la forte diminution de consommation d’héroïne et de produits codéinés, ainsi que la consommation de cocaïne et de benzodiazépines. Dans cette étude, les paramètres sociaux sont également à la hausse (logement, emploi, activités délinquantes). Ainsi, après quatre ans de recul de l’utilisation de la buprénorphine HD, on peut conclure à un résultat globalement satisfaisant pour des dizaines de milliers de personnes.

Dr Brigitte VALLOIS

Réunion organisée par les Laboratoires Schering-Plough, à laquelle participaient le Pr Henrion et les Drs Lowenstein, Fhima et Rimailho.

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