Skip to main content.

Prisons

Lettre ouverte aux syndicats UFAP et FO Pénitentiaire

21 juillet 2001 (Collectif de défense des familles et proches de personnes incarcérées)

SAINT-AUBIN, 21 juillet 2001 (Collectif de défense des familles et proches de personnes incarcérées)

46 Messages de forum | Recommander cet article | Votez pour cet article

Je me permets de réagir à certains de vos propos que j’ai pu lire dans la presse ces jours derniers.

Le Collectif que je représente, a pour but d’aider les familles de détenus à être reconnues en tant que telles, en mettant plus particulièrement l’accent sur les enfants, qui subissent, eux aussi, la misère de l’incarcération, sans que personne ne se soucie de leur fragilité psychologique.

Votre véhémence et votre agressivité par rapport aux conditions de vie des détenus, et la façon dont vous considérez la " personne ", me laissent perplexe.

Lorsque vous parlez des " sauvageons de banlieue ", vous émettez là un jugement tout à fait subjectif qui vous est propres, mais qui peut laisser présumer de la façon dont vous vous comportez dans les tâches qui vous sont confiées. Quand F.O. parle de la " chienlit ", il en est de même.

Vous vous plaignez à longueur de temps que votre profession ne soit pas reconnue, que vos conditions de travail sont très difficiles, et que les détenus sont impolis ou agressifs envers vous.

Ne pensez-vous pas que vos conditions de travail seraient meilleures, si les conditions de vie des détenus étaient plus humaines ?

La cellule disciplinaire est-elle vraiment la réponse à un malaise, à une révolte ? Là encore, peut-on voir dans un tel raisonnement, la représentation de respect que vous demandez haut et fort ?

Si vous voulez être respectés, comportez-vous en humains, et non en machines à punir !

Nous, familles et proches de détenus, nous nous inquiétons de voir nos maris, frères, pères, mères s[oe]urs, amis(ies), considérés comme des bêtes à punir, et nous ne tenons pas à récupérer des épaves à la sortie.

Vous ne parlez pas des détenus malades, en fin de vie, dans leurs cellules sordides, vous ne parlez pas des états de santé qui se dégradent, par manque de lumière, mauvaise nourriture, oisiveté, etc, ...la liste est longue, et non exhaustive.

Nous vous invitons à nous rencontrer, à dialoguer, afin que vous preniez conscience que vous participez activement à la non-reconnaissance de l’humain en milieu carcéral.

J’ose espérer que le but de votre travail, n’est pas d’avoir toute puissance afin de mieux détruire la personne incarcérée, par la violence aussi perverse que celle que vous semblez condamner, mais plutôt une participation active à la mise en [oe]uvre de moyens efficaces à une réinsertion réussie, afin que le taux de récidives n’atteigne pas plus de 60%, comme c’est le cas aujourd’hui.

Pour le Collectif, la Présidente
Leslie Wisse-Laroche

Envoyé à : Libération et Le Monde
Copie à : Observatoire International des Prisons

Collectif de défense des familles et proches de personnes incarcérées
Mairie de Saint-Aubin
33160 Saint-Aubin de Médoc

Contacts :
Leslie : 06.61.99.61.15
Laurence : 06.08.37.46.00
Nathalie : 06.62.85.26.82

Forum de discussion: 46 Messages de forum