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Associations humanitaires

Mettre fin aux pratiques discriminatoires du Centre médical du Moulin-Joly de la Croix-Rouge Française

30 janvier 2001 (Migrants contre le sida)

PARIS, 30 janvier 2001 (Migrants contre le sida)

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Lire notre dossier : Sortir de l’enfer du centre du Moulin-Joly de la Croix-Rouge Française

Le centre médical du Moulin-Joly de la Croix-Rouge Française, situé 5, rue du Moulin Joly dans le 11ème arrondissement, accueille les séropositifs les plus précaires dont la majorité est d’origine maghrébine.

Le centre, selon son directeur le Dr Marc Bary, prétend être une « passerelle entre la précarité et le soin ». Marc Bary précise d’ailleurs que « la gratuité des prestations... a un effet attractif sur ces populations ». Selon un rapport de la Croix-Rouge, le centre recrute les malades sans couverture sociale en offrant ses services aux hôpitaux privés. Migrants contre le sida a d’ailleurs confirmé que certains médecins travaillant au sein d’hôpitaux privés à Paris renvoient les malades immigrés sans couverture sociale au Moulin-Joly. En fait, on soigne les précaires pour les écarter des hôpitaux, et pour les priver des droits sociaux.

Conséquences désastreuses sur les conditions de vie et la santé

En 1998, la Croix-Rouge avait licencié l’ensemble des travailleurs sociaux. Malgré la présence ponctuelle de stagiaires, il n’y a depuis aucun suivi social, c’est-à-dire qu’il n’y a personne pour aider à la préparation des demandes d’Allocation aux Adultes Handicapés, pour sortir du circuit d’hébergement d’urgence et demander un vrai logement ou pour demander des papiers permettant de travailler, de vivre et de se soigner dans la dignité. Au contraire, une fois écartés de l’accès aux soins du droit commun, les patients perdent tout droit aux soins, et se retrouvent ainsi totalement dépendant du centre pour se soigner et pour obtenir des médicaments (la DASS finance d’ailleurs l’achat de 400 000 F de médicaments dispensés sans contrôle sur leur utilisation).

Quelques exemples des pratiques aux conséquences désastreuses sur les conditions de vie et la santé des usagers du centre :

Des questions sans réponse : le silence de la DASS de Paris

Le 2 décembre 1999, Catherine PATRIS, responsable du service de santé publique de la DASS de Paris, s’était engagée par écrit à réaliser une enquête sur les pratiques du centre. Philippe Lefevbre, délégué général de la Croix-Rouge, déclarait alors « ne rien avoir à cacher et attendre sereinement les conclusions »... En fait, sous les pressions de la Croix-Rouge, aucune enquête n’aura lieu. Par son immobilisme et son silence depuis bientôt un an, en reniant son propre engagement, en refusant d’ouvrir une enquête pour obtenir des réponses à ces interrogations, Catherine PATRIS a trahi les séropositifs les plus précarisés, et donc sa mission de santé publique :

DASS de Paris : à la fois juge et partie

Nous savons que des liens étroits existent entre la Croix-Rouge « auxiliaire des pouvoirs publics » et la DASS de Paris. M. Alain Piquet, président du Conseil départemental de Paris de la CRF, est ancien directeur de la DASS. En 1998, c’est la DASS qui a demandé à la Croix-Rouge Française de « reprendre » le centre du Moulin Joly. La DASS est à la fois juge et partie. : en effet, elle a fortement investi dans le budget de fonctionnement du centre, avec une participation financière de 1 300 000 F par prélèvement, alors que la Croix-Rouge Française (qui assure la gestion du centre du Moulin-Joly), participe au budget de fonctionnement à hauteur de 700 000 F, sur un budget global de 3 millions de francs.

Face au silence de la DASS, Migrants contre le sida a préparé son propre rapport d’enquête sur les discriminations et les mauvais traitements infligés aux malades immigrés qui fréquentent le centre médical du Moulin-Joly de la Croix-Rouge Française.

Mettre fin aux traitements inhumains et dégradants

La gestion du centre par la Croix-Rouge Française repose sur l’idéologie nauséabonde de la ségrégation raciale et sociale par la dispense de soins caritatifs, sur l’apartheid médical d’une filière de soins séparée et inférieure réservée aux plus précaires. C’est pourquoi Migrants contre le sida appelle à la mobilisation de tous ceux et celles qui défendent l’égalité des droits face à la maladie, sans distinction ou condition de nationalité, de statut administratif, ou d’origine raciale ou sociale, pour que deviennent inadmissibles de telles pratiques discriminatoires et humiliantes, de tels traitements inhumains et dégradants, infligés aux malades les plus précaires.

Pour Migrants contre le sida, il est insupportable de voir le centre du Moulin-Joly continuer des pratiques les plus nauséabondes en toute impunité, alors que nous les dénonçons depuis le mois d’avril 1999. Il est urgent de mettre fin à ces pratiques, aux traitements inhumains et dégradants, et aux humiliations que subissent les malades les plus précaires qui fréquentent le centre du Moulin Joly de la Croix-Rouge Française. C’est pourquoi nous appelons :

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