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Chiffres du sida | Politiques de santé

Ces chiffres nous appartiennent : l’Institut de veille sanitaire refuse de rencontrer les associations de malades immigrés

22 avril 1999 (Migrants contre le sida)

PARIS, le 22 avril 1999 (Migrants contre le sida)

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PARIS, le 22 avril 1999 (Migrants contre le sida) — Anne Laporte, directrice de la surveillance du VIH à l’Institut de veille sanitaire (IVS, ex-RNSP), refuse de rencontrer Migrants contre le sida avant la publication officielle de la première étude épidémiologique approfondie sur le sida au sein de la population étrangère en France. Cette étude démontre que les immigrés paient un lourd tribut au sida (1 malade sur 5 est un étranger), et que les inégalités se creusent entre les malades (le nombre de nouveaux cas de sida a baissé deux fois plus pour les Français que pour les étrangers).

En 1996, l’IVS présente, pour la première fois, à un groupement d’associations immigrées le bilan épidémiologique chiffré du sida au sein de la population étrangère. Lors d’une réunion du CRIPS (Centre régional d’information et de prévention du sida), le CRIPS et l’IVS s’engagent à faire publier ce bilan dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Au 12e Congrès mondial du sida (juin 1998), Migrants contre le sida présente les chiffres de l’IVS. L’AFP en fera une dépêche titrée : « Le sida régresse deux fois moins vite chez les immigrés. » C’est la première fois, en France, que les chiffres sont rendus publics.

Après le Congrès, l’IVS démarre une étude approfondie. Dès septembre 1998, Migrants contre le sida propose, par téléphone, une réunion au Dr Florence Lot, responsable de l’étude. Il est essentiel d’impliquer les associations de malades immigrés, de mettre en place un dialogue entre l’IVS et des personnes concernées. Dr Lot refuse de nous rencontrer, expliquant qu’on « ne fait pas les choses comme ça ».

Le 2 novembre 1998, lors d’une réunion inter-associative, Migrants contre le sida rappelle que l’engagement de 1996 (publication dans le BEH) n’a pas été tenu, et propose au CRIPS d’organiser, avec d’autres associations immigrées, une rencontre autour de l’évolution des chiffres et de l’inadéquation entre le lourd tribut payé au sida par les immigrés et la part des moyens de la lutte contre le sida mis à disposition des associations de malades immigrés.

Le 17 décembre 1998, le CRIPS organise — sans les associations immigrées — sa 33e rencontre avec comme thème Sida et migrants : une épidémie cachée ? Après dix ans d’interrogations (faut-il une prévention spécifique), le CRIPS affirme enfin dans sa lettre d’information (n° 49) : « Des actions spécifiques en direction de ces populations deviennent urgentes, tant pour la prévention que pour la prise en charge. »

Mais, en 1999, l’étude approfondie de l’IVS n’est toujours pas publiée. Officiellement, et ce depuis 7 mois, elle est « en cours de validation ». Depuis le 2 mars 1999, Migrants contre le sida demande, par courrier, au Dr Anne Laporte, responsable de la surveillance du VIH, de nous accorder un rendez-vous. Dr Laporte n’a pas daigné nous répondre. C’est pourquoi le 22 avril 1999 à 11 heures nous avons occupé l’Institut de Veille Sanitaire (IVS), parce que :

Paris, le 22 avril 1999

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