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Prisons

Santé en prison : mourir pour une douche

3 mai 1999 (Act Up/MAHA/OIP)

PARIS, le 3 mai 1999 (Act Up/MAHA/OIP)

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Communiqué du 3 mai 1999

1994. La circulaire du 8 décembre, circulaire interministérielle d’application de la loi du 18 janvier 1994, fixe comme objectif "d’assurer aux détenus une qualité et une continuité de soins équivalente à ceux offerts à l’ensemble de la population".

1999. Jean-Michel Treuvey est détenu à la Maison d’Arrêts de Douai. Il est séropositif. Dans le cadre de son traitement, l’unité de soins de la prison lui prescrit des douches quotidiennes. Ce qu’un gardien lui refuse régulièrement. Faute de recours, il se coupe les veines pour protester.

1999. Alain Lièvre est incarcéré à la Maison d’Arrêts de Fresnes. Egalement atteint par le VIH, il fait 28 jours de grève de la faim pour avoir droit aux trois douches hebdomadaires prévues par le nouveau code de procédure pénale.

Aujourd’hui, en France, des détenus malades sont obligés de mettre leur vie en péril pour accéder aux soins et à l’hygiène élémentaires auxquels ils ont droit. Les cas de Jean-Michel Treuvey et d’Alain Lièvre ne sont pas isolés. Si nous en faisons part, c’est parce qu’ils désirent la médiatisation de leur situation quand d’autres préfèrent rester anonymes.

Un gouffre sépare les objectifs d’égalité minimale fixés par la circulaire de décembre 1994 et la réalité ordinaire des détenus. L’accès des détenus aux soins communs dépend de l’arbitraire d’une administration autonome et au bon vouloir de surveillants omnipotents, dans un vide quasi total de recours. Tout le monde le sait : la vie en prison est pénible ; quand on est malade, elle devient dangereuse.

C’est pourquoi, en soutien aux détenus mobilisés, et dans la perspective de la réunion de la Commission interministérielle sur la santé en prison qui se tiendra le 11 mai prochain, nous demandons l’inincarcérabilité des personnes atteintes de pathologies graves, pour lesquelles des alternatives à l’incarcération doivent enfin être pensées et appliquées.

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