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Chiffres du sida

Baisse de la mortalité, mais pour qui ?

19 juin 1998 (lemegalodon.net)

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Ce que révèlent les chiffres sur le sida

LE SIDA REGRESSE DEUX FOIS MOINS VITE CHEZ LES ETRANGERS.

En 1996-97, le nombre de nouveaux cas de SIDA diagnostiqués a globalement baissé de 45%.

Pour les étrangers, le nombre de nouveaux cas de SIDA diagnostiqués a baissé de 24%, soit une baisse deux fois moins importante que pour l’ensemble des nouveaux cas. Dans le même temps, cette baisse était de 37% pour les Maghrébins, tandis qu’elle était de 12% pour les Africains noirs.

LE SIDA NE RECULE PAS, IL CHANGE DE CIBLES

Pour les étrangers, le nombre de cas de SIDA diagnostiqués depuis le début de l’épidémie a augmenté de 10% entre 1996 et 1997.

Selon les derniers chiffres du Réseau national de santé publique, les étrangers représentent 14% de l’ensemble des cas de sida déclarés.

Alors qu’elle était jusque-là stable, autour de 14% du total, la proportion d’étrangers dans l’ensemble des cas de sida enregistrés augmente depuis le second semestre 1996.

LES COMMUNAUTES MAGHREBINES ET AFRICAINES SONT EN PREMIERE LIGNE

L’épidémie est partagée à part égale entre, notamment, un nombre à peu près équivalent de malades maghrébins et le nombre de malades africains (Afrique sub-Saharienne)

LES ETRANGERS TOMBENT MALADES DU SIDA SANS SAVOIR QU’ILS SONT SEROPOSITIFS...

En 1997, 42% des étrangers n’ont découvert leur séropositivité qu’avec l’apparition de la première infection opportuniste.

LE DROIT DES IMMIGRES AU DEPISTAGE ANONYME ET GRATUIT EST-IL TOUJOURS RESPECTE ?

59% des personnes immigrées ou d’origine immigrée qui se sont adressées à un Centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) n’ont pas eu droit à l’entretien, pourtant obligatoire avant et après un test de dépistage (selon une étude de l’association AIDES, réalisée dans le cadre de son opération Cap Prévention).

LA DISCRIMINATION CONTRE LES MALADES IMMIGRES DEPASSE LARGEMENT LE CADRE DU SIDA

62% des consultants des centres de soins gratuits sont immigrés ou d’origine étrangère, et, 77% d’entre eux n’ont aucune protection sociale (chiffres révélés le 20 février 1997, par la publication du rapport du Haut Comité de la Santé Publique).

DANS LES AUTRES PAYS DU NORD, LES IMMIGRES ET LES MINORITES SONT AUSSI EN PREMIERE LIGNE SUR LE FRONT DU SIDA

En Grande-Bretagne, les Africains -aussi bien ceux installés de longue date dans le pays que les communautés de réfugiés formées pendant les années 80- sont aujourd’hui le deuxième groupe le plus touché par le VIH/SIDA. Selon une estimation à minima du Black HIV Working Group, le nombre de séropositifs Africains représenterait 28% du total de cas de séropositivité enregistrés en Grande-Bretagne.

Aux Etats-Unis, alors que les hommes « blancs » homosexuels constituaient la majorité des malades du sida au début de l’épidémie, dès le début de la décennie, le taux de nouveaux cas parmi les Latinos était déjà 2 fois et demie plus élevé que parmi les « blancs ». L’écart entre les Noirs et les Blancs était encore plus dramatique, le taux de nouveaux cas étant 5 fois plus élevé chez les hommes et 15 fois plus élevé chez les femmes. Dès 1993, le sida est devenu la première cause de mortalité pour les Africains-Américains âgés de 25 à 44 ans. n M