Criminalisation des séropositifs | Malades étrangers | Suisse
Monsieur M., jeune congolais séropositif installé en Suisse, est en rupture de soins depuis 55 jours
26 août 1998 (Migrants contre le sida)
GENÈVE, le 26 août 1998 (Migrants contre le sida)
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- à Genève appeler Reda Sadki au 022 800 3040
- à Paris appeler Nabil Azouz au 01 49 88 16 34
- à Londres appeler Joshua Odongo au 0171 655 6682
Un groupe international de 12 associations interpelle le gouvernement suisse
GENEVE, le 26 août 1998 (Migrants contre le sida) — Depuis deux mois, monsieur M, jeune congolais séropositif installé en Suisse, n’a pu se rendre à l’hôpital pour faire un bilan médical complet avec son médecin et renouveler sa prescription pour une trithérapie anti-VIH. La rupture de soins imposée à monsieur M signifie indubitablement, à court terme, une mort certaine.
La trithérapie dont dépend depuis deux ans monsieur M est un traitement lourd et contraignant. Sans suivi médical efficace, sans soutien d’un médecin connaissant parfaitement les traitements anti-VIH, monsieur M risque l’échec thérapeutique. Les médicaments perdront leur efficacité sur le VIH, la progression de l’infection s’accélérera rapidement vers la déclaration du SIDA.
Si monsieur M est aujourd’hui en rupture de soins, c’est parce que l’Office fédéral des réfugiés (ODR) a décidé de l’expulser vers la République démocratique du Congo (RDC), son pays d’origine, après avoir rejeté sa demande d’asile.
Le 18 juin 1998, la Commission suisse de recours en matière d’asile confirmait le refus de l’ODR de suspendre l’expulsion de monsieur M. Pour l’ODR, la trithérapie ne serait pas un soin « extrêmement intensif » - malgré l’avis des experts réunis lors du 12e Congrès mondial du sida -, critère requis pour l’accord d’une autorisation de séjour pour soins. De plus, l’ODR exige que le traitement requis entraîne « une guérison ou ... une amélioration substantielle de l’état de santé ».
Sans la trithérapie, monsieur M serait probablement déjà tombé malade du SIDA. Mais l’exigence d’une « guérison » contre le VIH est à la fois cruelle et cynique. Enfin, renvoyer des malades vers des pays où il n’existe ni les traitements, ni l’infrastructure sanitaire et scientifique, ni le suivi médical nécessaire revient, aussi, à les condamner à mort.
L’Office fédéral des réfugiés s’était engagé à fournir les traitements à monsieur M après son expulsion, mais n’a pas bougé depuis 55 jours. Faudra-t-il attendre que monsieur M soit proche de la mort pour qu’il puisse accéder aux soins ? Conditionner la reprise du traitement et des soins par l’expulsion est une forme de chantage indigne de la part d’un gouvernement partenaire du 12e Congrès mondial du sida, dont le grand thème était la réduction des inégalités dans l’accès aux traitements entre le Nord et le Sud.
Monsieur Arnold Köller, Chef du Département fédéral de Justice et Police, et Madame Ruth Dreifuss, Chef du Département fédéral de l’Intérieur, ont reçu ce matin une lettre de Migrants contre le sida, signée par un groupement international de 12 associations suisses, immigrées, et de lutte contre le sida.
Migrants contre le sida exige qu’un accueil temporaire, avec effet suspensif sur l’expulsion, soit immédiatement délivré dans les plus brefs délais à monsieur M, afin de lui permettre de se rendre à l’hôpital et de poursuivre sa trithérapie.
Genève, le 26 juillet 1998
Migrants contre le sida
ASSOCIATIONS SIGNATAIRES : Act Up (Paris) / African Health Team (Stockholm) / African Foundation for AIDS Prevention and Counseling (Amsterdam) / African HIV Steering Group (UK) / Afro-Swedes (Stockholm) / ATT Association des Travailleurs Turques (Paris) / East London African Forum on AIDS (London) / FTCR Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (Paris) / George House Trust (Manchester) / Greater Manchester Immigration Aid Unit - No One Is Illegal (Manchester) / NCADC UK National Coalition of Anti-Deportation Campaigns (Birmingham) / Regards Africains (Genève)
POUR EN SAVOIR PLUS
EN SUISSE
Migrants contre le sida - Genève
Contact : Reda Sadki
35 bd Carl Vogt
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EN FRANCE
Migrants contre le sida - Paris
Contact : Nabil Azouz
FTCR 3, rue de Nantes
75019 Paris
France
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Fax : +33 1 49 88 16 35
Email : ftcr@hol.fr
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