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Loane : « Mon incroyable accouchement à la maternité de Saint-Brieuc »

13 mars 2013 (lemegalodon.net)

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Loane : Je pensais que j’étais enceinte. J’ai appelé l’hôpital, toujours le même hôpital de toute façon, pour avoir une ordonnance. Ils me l’ont envoyée donc j’ai attendu. Je les ai rappelés et ils me disent vous attendez de la recevoir. Sauf que le temps passe, ce serait gentil quand même de me l’envoyer parce que moi le temps passe quand même, et que j’aimerais bien faire ma prise de sang. J’ai rappelé encore une semaine après, ils m’ont dit qu’ils avaient envoyé à une mauvaise adresse, à mon ancienne adresse alors que je suis suivi là-bas médicalement quoi et qu’ils ont mon adresse. Donc du coup j’ai reçu une semaine plus tard l’ordonnance. Je suis allée, j’ai appris que j’étais enceinte en fait. Il me restait 15 jours pour décider si je devais garder ou pas l’enfant quoi. Donc du coup ça a été un peu... un peu... pas réfléchi quoi. Enfin c’est... dans ces choses-là, on ne réfléchit pas trop. En plus, surtout que pour moi, ce qui s’est passé c’est que, entre novembre 2011 où j’ai accouché de mon avant-dernière du coup, ils m’ont donné trois pilules différentes en 6 mois parce que rien ne m’allait. Donc du coup, apparemment il y a eu cafouillages là-dedans et puis du coup ça a pris comme ça quoi.

Je suis rentrée comme prévu en fait la veille de ma césarienne, qui était une césarienne programmée vu que c’était la 4ème. Et donc je suis aussi rentrée le 5 février au soir à la maternité pour avoir ma césarienne prévue logiquement à 8h30 du matin. Donc c’était quand même la 4ème grossesse que j’ai effectuée là-bas où je suis déjà venue débattre sur ce sujet au sein de la radio n’est-ce pas. Et donc en 2011, j’ai accouché de ma 3ème, ça s’était à peu près bien passé vu les circonstances des deux autres. Mais là j’y retourne en me disant bon quand même, la 4ème maintenant ils sont top. J’arrive là-bas, déjà première question, l’infirmière qui me dit : « bonjour, quels sont vos traitements ? Alors je leur donne mes traitements ». Ils me font : « oui, mais nous on aurait besoin de vos résultats de votre dernière prise de sang alors ». Je leur dis : « pas de soucis, je ne les ai pas avec moi, vous allez dans l’ordinateur puisque là où je suis suivie pour la maternité c’est le même hôpital que là où je suis suivie gynécologiquement et médicalement pour les maladies infectieuses ». Tous mes résultats sont dans le réseau informatique. Donc je leur ai dit : « vous regardez dans votre logiciel, tous mes résultats, c’est comme ça que fait mon gynécologue quand il veut les voir, il n’y a pas de problème ». « Ah oui, c’est sûr l’informatique, ça m’embête, il aurait fallu que vous me donniez vos résultats ». Alors qu’en fait, je ne les reçois pas puisque je fais tout là-bas. Donc du coup elle n’était pas contente : « Il va falloir peut-être que je vous repique. » Je lui dis : « en même temps, si vous avez besoin de mes résultats pour demain matin, ça va être un peu difficile. Il est déjà 20h donc si vous voulez me piquer, faites-le. » Elle revient une demi-heure plus tard me disant qu’elle a vu l’anesthésiste qui n’était pas content que je n’ai pas mes résultats sur moi. Je lui dis :«  mais puisqu’ils sont dans votre ordinateur », enfin je trouvais ça hallucinant. Elle me dit : « oui mais nous on est des vieux de la vieille, » enfin bon, patati, patata. Donc je fais : « écoutez, s’ils vous les faut vraiment, piquez-moi » mais bon bref. Donc elle me dit : « demain matin, on viendra vous mettre votre perfusion d’AZT à telle heure ». Donc nous, on ne nous pose pas la question de savoir si on la veut ou pas. Sachant que je suis indétectable, enfin je lui suis toujours, je l’ai toujours été. Du coup, ils m’ont dit à telle heure on vient vous la mettre. J’ai fait d’accord sauf qu’en fait, bon il y a eu un imprévu, c’est que j’ai perdu les os à 3h30 du matin à la maternité. Donc là, ça a été un peu le chamboulement pour eux, de savoir ce qu’il fallait faire par rapport à l’AZT, au Rétrovir et tout. Ils n’avaient pas le protocole sur eux. Du coup ils ont dit : « on va lui mettre 1 heure avant la césarienne, donc on vous la met à 4h30, césarienne à 5h30. » J’arrive au bloc. Au bloc, l’anesthésiste me demande : « vous avez quoi comme cachet » ? Alors je lui redonne la liste, je lui explique que s’il cherche vraiment, le service des maladies infectieuses est à 20m du bloc opératoire donc au lieu de me poser la question puisque je suis sur la table d’opération qui peut se déplacer. Il me demande si je n’ai pas l’ordonnance sur moi, je lui dis : « bah non parce que je ne risque pas de l’avoir au bloc opératoire ». Je trouve ça un peu ridicule comme question. Donc de là, ça se passe relativement bien on va dire, comme toutes les césariennes. Sauf qu’à la fin, ils étaient en panique parce qu’ils ne savaient pas quand est-ce qu’il fallait m’enlever ma perfusion d’AZT. Donc moi-même je leur expliquais que c’est pour l’enfant donc une fois qu’il est sorti, ils peuvent me l’enlever, il n’y a pas de problème. Donc du coup, c’était que ça pendant toute l’opération, toute la césarienne, qui a duré de 5h30, je suis sortie de là-bas il était 7h30.

Je suis montée en salle de réveil. En salle de réveil j’ai attendu 2 heures. Bon moi toujours bien, tout se passait bien, pas de problème, la petite est née. Là du coup, au bout de 2 heures, les brancardiers viennent me chercher. Et là, il y a une dame qui était au service de salle de réveil mais qui ne s’est pas occupée de moi, qui va voir les brancardiers et qui leur a dit un truc sur moi, je l’ai vu parce qu’ils étaient là, ils sont partis, ils sont revenus. Puis là, ils ont mis 2 paires de gants chacun pour venir juste pousser mon lit et me ramener dans ma chambre. Alors la dame, je ne vois même pas pourquoi... j’ai rigolé mais j’ai trouvé ça tellement bête de venir juste dire ça pour mettre des gants pour pousser un lit. En 2013, enfin bon bref.

Après je suis rentrée dans ma chambre. De là, ils sont venus me ramener le Rétrovir pour son sirop en me disant ce sera à 10h, 16h, 22h et 4h du matin. Donc en 4 prises alors que j’étais bien au courant, ma pédiatre m’avait dit qu’elle avait changé le protocole et que je pouvais l’avoir en 2 prises. Du coup j’ai essayé de batailler pour l’avoir en 2 prises ce que je n’ai jamais eu le droit et je me suis faite un peu même envoyer paître. Donc du coup, j’ai dit que chez moi je le ferai en 2 fois. Et donc j’ai fait en 4 fois à l’hôpital, ils venaient quand même à 4h du matin parfois vérifier si je me levais pour donner le Rétrovir à ma fille. La journée aussi ils passaient 3, 4 fois, ils vérifiaient si je le donnais. Du coup mon médecin du service maladies infectieuses est venu me voir et du coup on a discuté. J’ai dit : là franchement, je ne me crois même pas dans une maternité, je me crois en prison parce que c’est quand même ma 4ème fille que j’ai là-bas à qui je donne le Rétrovir. La première elle a 12 ans. Je me sens vraiment espionnée sur tout ce que je fais, par rapport aux bébés comme si j’étais... je comprends qu’on peut le faire à certaines mamans qui en ont peut-être besoin. Moi c’est ma 4ème, c’est même moi qui leur donne des renseignements sur l’évolution. Du coup, j’ai laissé un peu les choses se passer pour ne pas que je m’énerve parce que je pense que j’aurais pu aller plus loin que ça.

Je suis allée voir du coup le pédiatre, j’avais rendez-vous avec elle à ma sortie de maternité. Je l’ai vu et elle m’a dit que si, ils l’ont appelée, qu’elle avait donné son autorisation pour 2 doses, que c’est marqué sur le protocole, que c’est n’importe quoi. Et en fait elle regrette juste de ne pas être venue parce qu’en gros, il aurait fallu qu’elle se déplace pour qu’ils le fassent quoi. Elle ne s’est pas déplacée donc ils ne l’ont pas fait quoi. Même moi ils m’ont menti en me disant que ce n’était pas écrit. Donc bon, c’est les choses de la vie et je me dis que j’espère que les prochaines l’auront en deux fois ce qui n’est pas encore sûr. Voilà ce que je retiens pour 2013, il n’y a aucune évolution. C’est même de pire en pire. Mais bon, j’en ai fini moi (rires).

Sandra : Tu es sûre, il n’y a pas de 5ème en route ?

Loane : Non, non. La prochaine fois que je retourne dans le service, c’est pour une ligaturation des trompes. C’est le même service où ils font toutes les opérations gynécologiques en fait, que ce soit césarienne ou ligaturation.

Sandra : Tu ne veux plus d’enfant, c’est terminé ?

Loane : Ah non déjà la 4ème n’était pas prévue au programme. Elle est là tant mieux (rires). C’est bon. Novembre 2011, février 2013, il y a 14 mois d’écart c’est bon quoi.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE