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Congo-Brazzaville : les séropositifs commencent à ne plus avoir honte d’annoncer leur séropositivité

14 décembre 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Bilan de la journée mondiale de lutte contre le sida avec Nathan qui habite au Congo-Brazzaville. Vous l’avez déjà entendu à l’émission de radio. Je rappelle qu’il vit en couple sérodifférent et il a souhaité participer à l’émission pour raconter comment ça s’est passé.

Début de l’enregistrement.

Nathan : Les associations ont organisé des focus, des carnavals. Nous avons procédé aux visites dans certains lieux sanitaires, dans des hôpitaux pour les personnes qui sont touchées, qui sont hospitalisées. Nous avons aussi distribué quelques présents auprès des enfants vulnérables. Ensuite nous nous sommes pressés dans les coins de rues pour distribuer les préservatifs, quelques tracts qui effectivement parlent des différents modes de contamination du VIH/Sida. Puis nous avons eu une ambulance où nous avons pu faire un peu de, de demander aux volontaires de se faire dépister volontairement. Nous avons clôturer par un concert sur l’esplanade. L’entrée était gratuite. Ceux qui ont le VIH/Sida étaient là, ils ont organisé une conférence. C’était merveilleux. Je suis très content, j’étais touché parce que, aujourd’hui, dans mon pays les gens commencent à s’accoutumer avec le VIH. Il y avait d’autres qui se cachaient, qui avaient honte. Mais les gens commencent à s’exprimer, les gens commencent à sortir ce qu’ils ont et de ne plus avoir honte d’annoncer. C’est déjà un grand pas. Maintenant ce qui manque c’est le gouvernement qui aujourd’hui n’arrive pas à prendre à bras-le-corps, qui n’arrive pas à être confiant que cette maladie est en train de tuer, de sévir, de toucher bon nombre de personnes. Vous arrivez parfois, par exemple dans des hôpitaux, il manque le traitement. Là par exemple nous sommes à court, il y a eu rupture des antirétroviraux. Les réactifs aussi pour ceux qui veulent se faire dépister, il n’y en a pas. C’est là où je condamne le gouvernement qui ne veut pas prendre à bras-le-corps le problème du VIH/Sida. Mais sinon dans l’ensemble, j’étais très content parce que nous étions ensemble. On a mangé ensemble, on a dansé, on a bu et voilà. Donc il y a des gens qui étaient comme égarés qui se retrouvent. Ils ont encore l’espoir de vivre et l’espoir de faire les enfants. Ca m’a fait beaucoup plaisir.

Ma famille elle va très bien, à merveille en fait. Nous avons tous participé. La fête était bonne. C’est ma femme qui est concernée par le VIH, elle est là depuis 2009. Donc ça fait pratiquement 4 ans qu’elle a su qu’elle était séropositive. Elle est là avec mon soutien, avec le soutien du médecin. Je pense bien qu’elle sait comment se tenir. Elle est en super forme parce que nous sommes là, on l’accompagne, le médecin et moi. Je pense bien qu’elle ne se fait plus de soucis comme avant. Moi non plus. Vous savez que j’ai été beaucoup conforté par l’intervention de Bruno et autres collègues. Les enfants prennent du poids tous les jours. Ils vont très bien. Il y en a déjà un qui va à l’école et un autre qui va à la maternelle. Les enfants vont très bien, pas de fièvre. Les enfants ont été épargnés donc les deux enfants sont bien portants. Sinon aujourd’hui à leur âge, pour les informer, d’abord ils ne savent pas ce que c’est le VIH. On attend que les enfants soient au moins matures pour les informer.

Aux séropositifs, je leur demande, surtout du courage parce que depuis 1983 où le VIH/Sida a commencé à se faire connaitre, il y a bon nombre qui sont partis, qui nous ont laissé, qui sont morts. Mais c’est par ignorance. Aujourd’hui avec l’évolution du temps, la technologie, aujourd’hui nous avons les antirétroviraux. Je pense même que l’homme peut vivre encore beaucoup de temps pourvu que leur régime soit respecté et que le traitement soit respecté. Mais cela ne veut pas dire qu’on doit abuser parce que, effectivement, la santé qui n’a pas de prix commence à avoir un prix. Aux séronégatifs, ce n’est pas parce qu’il y a des antirétroviraux qu’il faut maintenant se mettre au feu et puis toucher le feu. Chacun de nous doit prendre son corps au sérieux pour éviter que nous puissions mourir tous. A chaque minute, à chaque seconde, à chaque heure, il y a ceux qui se contaminent mais qui s’ignorent aussi. Donc nous devrons faire attention, nous devrions être partisans, utiliser les préservatifs quand on veut tromper son partenaire et se protéger pour éviter que le monde soit touché et que chacun de nous périsse avec le VIH. Courage pour les séropositifs et beaucoup de sécurité et beaucoup de prudence pour les séronégatifs.

Je salue tous les auditeurs de la radio et je les embrasse tous.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Nathan au micro de Survivre au sida pour nous parler notamment de la journée mondiale de lutte contre le sida. Mamadou Cissé, que pensez-vous de cette prise de parole ? Est-ce que pour le 1er décembre il y a eu quelque chose de particulier au Mali ?

Mamadou Cissé : Tout à fait. Au Mali nous avons une particularité qui consiste à faire la lutte, de lutte contre le sida durant tous le mois décembre. Donc nous, on ne s’arrête pas au 1er décembre. Donc il y a différentes activités qui sont organisées. En ce qui concerne l’association dans laquelle je travaille, qui s’appelle ARCAT sida, association de recherche, de communication et d’accompagnement à domicile des personnes vivant avec le VIH. C’est une association qui existe depuis plus d’une quinzaine d’années, qui a vu le jour grâce à la coopération entre le ministère de la santé, du Mali et la coopération française. Donc la coopération française sur place est beaucoup impliquée dans la mise en place de cette association qui suit aujourd’hui au Mali, en fait, pour ce qui concerne ces actes, je suis le coordinateur qui suit plus de 4000 malades sous ARV. Des activités ont été menées durant ce mois de décembre. Ces activités continuent toujours. Par rapport à l’intervention de Nathan, je trouve que c’est une bonne chose parce que, malheureusement dans la vie de tous les jours on ne voit pas beaucoup de couples sérodifférents qui s’expriment de cette manière. Apparemment chez eux ça a l’air de très bien fonctionner. Sa femme ne souffre pas de stigmatisation. Elle n’a pas été rejetée par lui quand il a appris sa séropositivité. Je crois que c’est quelque chose qu’il faut encourager. Cet encouragement malheureusement il manque beaucoup parce qu’il y a un autre regard qui est fait sur ces couples. Les femmes ont très souvent peur de partager leur statut avec leur conjoint. On est en train de faire une étude avec coalition plus, peut-être que vous devez connaitre ici en France. Donc le Mali est impliqué dans cette étude. Il y a plus de 1500 volontaires pour discuter du partage du statut. C’est une étude qui a concerné la RDC, donc la République Démocratique du Congo, la Roumanie, le Maroc, le Mali et l’Equateur. Donc on est en train de travailler sur ces résultats et j’espère que ça fera, on va diffuser sous peu en tout cas les résultats.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE