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Nadine, séropositive : « La discrimination, c’est le poison de cette maladie »

30 novembre 2012 (papamamanbebe.net)

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Sandra : Je vous propose d’écouter Nadine. Alors Nadine avait hâte de participer à nouveau à l’émission Survivre au sida. A cause de ses problèmes d’internet, téléphone et autre, elle n’a pas participé à l’émission depuis le mois d’avril. Une éternité pour Nadine. Comment va notre correspondante de Toulouse ? On l’écoute alors un peu difficilement car la liaison téléphonique était mauvaise.

Début de l’enregistrement :

Nadine : Depuis 2 ans, j’ai eu des gros soucis de santé. Donc c’est pour ça aussi que j’avais un peu arrêté mes activités et que là pour l’instant je me soigne parce que j’ai encore des séquelles des problèmes de santé que j’ai eu pendant ces deux ans. D’abord j’ai eu un logement, après 3 mois un logement en privé parce que je recherchais un logement en urgence sur Toulouse. 3 mois après j’ai reçu une lettre après 3 ans de demande d’un logement social. Alors j’ai eu beaucoup de chance parce que non seulement j’ai eu un beau logement mais un tout neuf dans un quartier sympathique, il y a un grand parc à côté de chez moi. Ca fait du bien un peu d’avoir des surprises comme ça. Là je suis chez moi, tranquille, bien quoi. C’est vrai qu’il y a les soucis de santé qui sont toujours là mais bon ça va, ça à l’air d’aller de mieux en mieux. Ca fait un moment que je ne suis pas rentrée à l’hôpital alors qu’avant je rentrais presque tous les 15 jours. Donc j’espère que ça va aller mieux. J’ai aussi encore le projet des années 80. Ca c’est un projet que j’ai depuis très longtemps. Je devais le monter d’ailleurs avec trois copines qui sont toutes les trois décédées. Donc je leur dois à elle, je me le dois à moi et je le dois à ceux qui viennent et je le dois à la société aussi. Moi ce que je veux, c’est informer les gens au niveau de la société. C’est les interpeller. Au niveau de la société, il faut que l’image change. C’est en parlant des choses, il y en a qui dise on en a déjà parlé. Non. On n’en a jamais parlé vraiment ouvertement à la société avec les gens de la société commune. D’ailleurs, c’est prouvé que, par exemple, par le biais du projet Madeleine avec les témoignages des gens, au lieu de dire comment on met mécaniquement un préservatif ça marche beaucoup mieux parce que justement ils racontent leur vie et que là, c’est du concret. Donc je tiens beaucoup à ça. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ont été aussi touché dans ces années-là, ou un peu plus tard, qui ont peut-être envie de parler d’eux ou de quelqu’un qu’ils ont connu, quelqu’un de leur famille. Moi ce que je veux c’est réhabiliter les personnes de cette époque. Moi j’étais dans les catégories touchées dans la toxicomanie et on a dit tout et n’importe quoi sur nous. C’est ça que je veux aussi, le plus grand truc que je veux c’est changer, que la discrimination cesse. Ca c’est le poison de cette maladie.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Nadine au micro de Survivre au sida. Quelques réactions suite à la prise de parole de Nadine ?

Yann : Moi je suis vraiment content de la voir en pleine forme, de nouveau battante. Je l’ai eu au téléphone, elle est dans un quartier qu’elle aime. Elle va se reconstruire. Après c’est sûr qu’il faut que la santé tienne et qu’elle reprenne du poids. Donc je suis de tout coeur avec elle et elle le sait.

Tina : Oui moi aussi bien sûr. Grand bonjour à Nadine. On se parle aussi régulièrement au téléphone. Et puis bien sûr, les projets qu’elle a, qui lui tiennent à coeur depuis longtemps, on sait que Nadine c’est une vraie militante. Elle n’a pas cessé d’être mobilisée avec le Comité des familles. Ce recueil qu’elle voudrait faire sur les témoignages, au Comité des familles je pense que c’est depuis longtemps quelque chose qui nous tient à coeur. On est vraiment partant pour faire ça ensemble, de continuer à recueillir les témoignages des personnes qui ont connu le sida des années 80.

Francis : Bonjour Nadine et puis tout mon soutien.

Sandra : Les auditeurs peuvent réagir bien sûr sur le site survivreausida.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE