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A Montpellier, des célibataires séropositifs hétérosexuels se bougent pour trouver l’amour

22 novembre 2012 (papamamanbebe.net)

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Début de l’enregistrement.

Majestik : Je connais le Comité des familles depuis un petit moment parce que j’étais déjà venu. Certains me connaissent. Actuellement on va dire que je suis plus connu sur le site seronet où je suis plus ou moins actif en ce moment. J’ai 40 ans, célibataire. Je vis en région parisienne. Je travaille, je suis séropositif. Quasiment à ma sortie, à mon entrée en université, donc j’étais jeune, donc ça fait à peu près 20 ans que je copine avec. La raison de ma participation à l’émission Survivre au sida, c’est parce que j’ai initié une rencontre entre hétérosexuels séropositifs. Il y avait une demande qui se ressentait en fait mais personne n’osait en parler. Un jour j’ai initié ce type de rencontre. Ca a eu beaucoup de succès. Les gens étaient plutôt contents. Ca a un petit peu fait jaser parce que le site de seronet, on a un peu de toutes les communautés, homosexuelle ou hétérosexuelle. Donc on a parlé un petit de discrimination. Mais je suis passé outre les petites remarques. Je me suis expliqué tout simplement. C’est bien beau mais bon, moi j’ai déjà participé à des rencontres où il y avait un mélange entre homosexuels et hétérosexuels mais c’était à majorité homosexuel. Pour un hétérosexuel, bon c’est bien de sortir mais je veux dire moi j’ai d’autres attentes, d’autres recherches, bien que je respecte tout le monde. Je me suis expliqué, ce n’est pas contre la communauté homosexuelle mais je pense qu’il y a des hétérosexuels qui sont en attente de quelque chose. Et puis ce serait bien qu’on puisse se créer un événement spécial hétérosexuel parce que beaucoup sont à la recherche éventuellement de leur moitié. J’ai laissé passé la vague de contestation. D’ailleurs certains homosexuels étaient tout à fait pour ce type de rencontre. Tout le monde n’était pas forcément, il n’y a pas eu une levée de bouclier on va dire général. L’idée a fait son chemin, il y a eu quand même pas mal de retour de personnes hétérosexuelles hommes ou femmes. C’est comme ça qu’on a commencé à discuter, une date s’est imposée, un lieu s’est imposé. Ca doit faire un peu plus d’un mois où on est en train d’enregistrer les participants à cette rencontre qui aura lieu sur Montpellier. Il y avait un choix entre Montpellier et Paris. Les gens ont essentiellement voté Montpellier. Je vous avouerai que j’ai aussi voté Montpellier bien que j’habite en région parisienne. Je me suis dit que ce serait bien d’aller voir un petit ailleurs ce qui se passe. Une fois la ville choisie, j’ai été très agréablement surpris de la participation des montpelliérains qui se connaissent quasiment tous. Pas personnellement mais qui se connaissent et qui ont quand même un réseau assez bien structuré qui a permis de faire avancer les choses assez rapidement. J’en remercie tous les montpelliérains et montpelliéraines qui de jour en jour font en sorte que l’événement va se concrétiser et qui se passera le mieux possible, j’espère.

Sandra : Tu as dit que tu as un peu initié l’idée de faire une soirée pour les hétérosexuels séropositifs, est-ce que quand tu as parlé de ça, est-ce que tu connaissais déjà les soirées séromantiques organisées par les membres du Comité des familles ?

Majestik : Oui, j’ai quand même fréquenté un petit moment le Comité des familles. J’ai participé à ces soirées-là. D’ailleurs pour la dernière je suis arrivé en retard à cause d’un match (rires). J’ai vu quelques personnes dont une que je connaissais. Je n’ai pas pu participer à la dernière malheureusement mais je connaissais les soirées séromantiques et je regarde de temps en temps le planning pour savoir quand est-ce que les soirées ont lieu parce que bon, on va dire qu’en tant qu’hétérosexuel célibataire, je n’ai pas envie de le rester toute ma vie. Ce sont des occassions idéales pour éventuellement rencontrer du monde et pourquoi pas la bonne personne.

Sandra : Les membres du Comité des familles organise de septembre à juin 3 soirées. Pour toi ce n’est pas suffisant c’est ça ?

Majestik : 3 soirées on va dire c’est trop espacé. Bon, on recherche, en 3 soirées peut-être qu’on ne peut pas rencontrer forcément la bonne personne. Donc le laps de temps entre chaque soirée c’est un petit peu long. Et puis après c’est qu’il y a toujours les sites mais les sites c’est assez virtuel et on ne sait jamais réellement sur qui on tombe, c’est une photo, des échanges mais je pense que pour connaitre vraiment quelqu’un il faut le voir en réel. Le virtuel ça va un moment. On a vraiment ce besoin d’échange, de côtoyer les gens. Puis en plus ça nous fait sortir, ça nous sort un petit peu de la routine quotidienne qui est boulot, dodo, internet maintenant et puis voilà. 3 soiréees pour moi ce n’est pas assez. Alors peut-être qu’il faudrait repenser peut-être à une autre forme, à d’autres types de rencontres, je ne sais pas moi. Je pense que c’est à réfléchir.

Sandra : Tu dis que tu as été surpris par les montpelliérains qui s’activent comme des fourmis pour organiser cette soirée qui aura lieu le 1er décembre. Pourquoi as-tu été surpris ?

Majestik : Parce que moi en fait sur le site où je suis inscris, ça fait déjà un petit moment, et pour moi habituellement, les hétérosexuels ne se bougent pas beaucoup. Pourtant des hétérosexuels il y en a pleins. Le problème c’est, j’ai l’impression qu’ils sont renfermés, qu’ils se morfondent un peu sur eux-même, une chape de plomb est tombée sur ma tête, ma vie est foutue, je rencontrerai personne. Je pense qu’on est quand même des milliers et c’est rare, alors pour moi, je n’ai pas rencontré énormément de femmes séropositives. On va dire que j’en ai rencontré peut-être 4 au maximum. Bon après j’ai des amis mais bon ce n’est pas la même chose. Sur Paris je n’ai pas trouvé cet engouement de gens qui voulaient vraiment se bouger pour faire quelque chose alors qu’à Montpellier, dès que ça a été inité, on m’a contacté par message privé, je peux organiser, tiens mon numéro de téléphone, appelle-moi, on voit comment on peut faire. Et puis bon, c’est vrai que moi j’avais initié la rencontre mais je comptais faire une réservation par internet dans un restaurant, quelque chose comme ça. Il y en a un qui a préparé des affiches, qui a commencé à envoyer des mails à droite, à gauche. Une autre personne qui a des réseaux en a profité pour contacter ses réseaux. Une autre de même. Et puis, en cascade quoi je veux dire. Puis on s’appelle tous les jours pour savoir où est-ce qu’on en est, comment ça se passe. Par exemple moi je tiens à jour la liste des participants quotidiennement sur le site. Donc j’informe tout le temps les participants. Donc là aujourd’hui on va dire qu’on est à peu près 10 hommes, 9 femmes. C’est pas mal 19 personnes. D’autres on est en attente de confirmation. Pour une première, je trouve ça génial. C’est assez équilibré en terme d’hommes et femmes. Je pense que tout le monde pourra trouver, on va dire, pas y trouver son compte mais je veux dire c’est un bon équilibre. Les hommes sont en recherche de femmes mais les femmes aussi sont en recherche d’hommes. Donc il faut qu’il y ait du choix un peu pour tout le monde. Puis honnêtement, ils ont même proposé ceux qui viennent de la région parisienne gratuitement. Donc ça fait qu’on a qu’un billet de train à payer et on a l’hébergement chez le montpellierain et ça nous permet de nous connaitre un peu mieux. C’est génial.

Sandra : Pour toi c’est important de rencontrer une femme séropositive ?

Majestik : Le problème c’est, on peut rencontrer quelqu’un de séronégatif, mais ce n’est pas évident de dévoiler son secret. Soit parce qu’on a peur que l’entourage soit mis au courant. Bon la famille ce n’est pas grave. Moi ma famille est au courant. Donc il n’y a pas de soucis à ce niveau-là. Mais des gens que je connais, soit au courant. Après on sait très bien comment ça se passe. On est vu d’une certaine manière, d’autres vont nous éviter, ce n’est pas évident, pour moi en tout cas. Après je ne sais pas pour d’autres mais pour moi je n’ai jamais dévoilé à qui que ce soit mon statut. Je préfère plutôt trouver quelqu’un de séropositif dans l’idéal parce qu’au moins on sait où on en est tous les deux et on peut se soutenir mutuellement je pense et puis dans la vie de tous les jours, c’est plus facile. Quelqu’un de séronégatif je pense que ça peut aller à un moment mais je ne vois pas du long terme en fait. Je n’arrive pas à voir du long terme avec quelqu’un de séronégatif.

Sandra : Les informations pratiques. Où est-ce que va se passer cette soirée ?

Majestik : Alors cette soirée va se passer à Montpellier. Pour ceux qui sont de la région parisienne et qui voudraient y aller c’est le TGV donc il y en a pour 3 heures. Ce sera dans un restaurant. Aujourd’hui, on n’a pas divulgué le restaurant. Ce sera par message privé à tous les inscrits. Pour pouvoir s’inscrire sur cette rencontre, il faut aller sur le site de seronet. Donc je redonne le site c’est www.seronet.info. Ensuite une fois qu’on est sur le site, bah déjà il faut s’inscrire parce que s’il n’y a pas d’inscription sur le site, on ne peut pas entrer dans tous les sujets de conversation. Donc une fois inscrit sur le site, il y a une tribulle, ce qu’on appelle une tribulle c’est un petit forum spécial qui a été créé pour l’occasion. Ca s’appelle rencontre entre hétéros femmes et hommes. Et à partir de là, on se réinscrit sur la tribulle aussi pour être membre de la tribulle et ensuite on envoie un petit message pour dire qu’on veut venir à la rencontre et donc moi je recontacte par message privé la personne et je lui indique les démarches à suivre. Mais de toute manière, vu que je tiens à jour la tribulle, toutes les informations sont dedans et il n’y a pas de soucis quoi. On communique pas mal, on communique beaucoup donc on ne laisse personne sur sa fin. Sauf sur le lieu exact de la rencontre.

Sandra : C’est de quelle heure à quelle heure cette soirée ?

Majestik : On n’a pas encore établi l’heure précise mais je pense que ça va être sous les coups de 18h. On démarrera aux alentours de 18h le temps que tout le monde se retrouve. Ensuite ce sera un buffet, je pense que ce sera musical et puis on pourrait terminer éventuellement dans une sorte de discothèque en plein centre de Montpellier. Tout se passe dans le centre de Montpellier. Puis ça bouge pas mal la nuit, on a prévu éventuellement de se retrouver pour danser un petit peu, histoire de continuer la fête et de faire en sorte que ça se passe très bien et que tout le monde soient contents.

Sandra : Les inscriptions elles seront ouvertes jusqu’à quelle date ?

Majestik : Alors les inscriptions, au début on avait dit jusqu’au 20 mais on va repousser jusqu’au 28 novembre. Les gens ont le temps de s’inscrire pour la rencontre. En plus le temps que l’information soit diffusée.

Sandra : Et dernière question…

Majestik : Le prix peut-être ?

Sandra : Ah oui le prix, j’ai complètement oublié.

Majestik : Alors le prix on va tourner, j’attends la confirmation de mes amis montpelliérains qui vont voir le restaurateur demain. Ca devrait tourner sur les 20 euros, voire 25 à tout casser. Je pense que c’est un prix normal. Ce n’est pas cher pour ce genre de soirée. Après, je ne peux pas dire, ça dépend du budget des personnes. Pour quelqu’un qui vient de Paris, c’est déjà quand même une centaine d’euros de transport aller-retour. Donc ça, il faut en tenir compte aussi. Le transport coûte cher aussi, plus on s’y prend tard et plus les billets sont chers.

Sandra : Une dernière question, est-ce que tu aurais un message particulier pour les personnes comme toi ?

Majestik : Oui, le message que j’ai à leur faire passer. Déjà je vais revenir un petit peu sur mon passé de séropositif. Les personnes qui sont nouvellement atteintes ou qui ont été atteintes il y a quelques années n’ont pas connu les traitements d’avant. Les traitements qu’on a aujourd’hui c’est franchement de la rigolade à ce que j’ai pu connaitre. Avant c’était vraiment très dur à supporter. Il m’a fallu quasiment un an au moins pour m’habituer à mon premier traitement. C’était assez violent. Quand il y a eu les nouvelles trithérapies qui sont sorties, bah c’était le jour et la nuit. Donc j’ai pu reprendre une vie sociale, j’ai pu reprendre le travail, sortir, le sport, tout ça. Je pense qu’il ne faut pas se morfondre sur soi-même en disant que la vie est terminée. Aujourd’hui quand on suit son traitement et quand on ne se surinfecte pas par des comportements irresponsables, pour moi c’est déjà comme une maladie chronique. On n’en meurt pas forcément. On vit une vie normale. Il faut se bouger, reprendre une vie sociale, la vie continue. On peut avoir des enfants. Bon, on n’est pas tout à fait normal mais la vie est quasi normale. Donc faut sortir et puis il faut positiver surtout. Avoir des projets pleins la tête parce que les projets c’est ce qui permet d’avancer. Je pense qu’on est très nombreux, je pense plus dans la région parisienne. Le problème c’est que, moi ça me fatigue de voir que les hétérosexuels, on va dire ça me met un petit hors de moi de voir que les hétérosexuels préfèrent rester chez eux plutôt que d’essayer de se bouger un petit peu, de mieux se connaitre, d’échanger un peu, pour pouvoir organiser justement ce genre de rencontre. On peut sortir ensemble, je ne sais pas, aller au cinéma, aller en soirée ensemble, faire pleins de choses. Le coup de gueule c’est vraiment, faut arrêter quoi, faut arrêter de rester seul. Quand chacun reste seul, tout le monde reste seul en fin de compte. Et puis moi c’est là où j’envie un petit peu la communauté homosexuelle qui elle se bouge, ils organisent pleins de choses, ils créent des associations. Tous les jours ils se passent quelque chose. Il suffit d’aller sur le site de seronet pour voir comment tout le temps ils sont au taquet quoi. Et nous, on est là, on attend. Alors qu’est-ce qu’on attend ? Je ne sais pas. Peut-être que le père Noël nous ramène la personne qui nous intéresse ou qui pourrait nous plaire. Mais la vie ce n’est pas ça. La vie, il faut provoquer la chance. Alors il faut se bouger.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Que les séropostifs se bougent et ça va bouger à Montpellier pour le 1er décembre, une soirée séromantique aura lieu. Ils ont fait une belle affiche, elle sera sur le site et avec toutes les informations pour s’inscrire. Tina et Yann que pensez-vous de son message, est-ce que les séropositifs se bougent à Paris ? Et avant que vous répondiez, j’ai fait une petite erreur, il n’y a pas 3 soirées séromantiques mais 4.

Tina : Bien sûr là-dessus c’est clair et net l’envie de se bouger au-delà de ses besoins est difficile. On voit par exemple comme il dit, quand on trouve chaussure à son pied, la personne qui au début était motivée peut-être ne se bougera plus. Du coup être militant ce n’est pas donné à tout le monde et je suis assez d’accord avec lui que dans le milieu hétérosexuel c’est encore plus rare que dans le milieu homosexuel où déjà rien que la cause, l’homosexualité a déjà amené cette communauté extrêmement militante. Après, qu’est-ce qu’on fait d’un constat ? Moi ce constat je le partage vraiment en partant de ce constat, faut essayer, soit on dit c’est comme ça et tant pis ou bien de faire changer les choses. Je pense que je trouve ça super que dans tous les coins de la France il y ait des événements qui se fassent. il n’y a pas que Paris, il n’y a pas que des séropositifs à Paris. Montpellier et tous les correspondants qui nous montrent bien que la vie avec le VIH dans les différents coins de la France et des DOM-TOM, ça peut être encore plus difficile. Et puis moi je pense qu’il faut aussi qu’on, ça me ferait super plaisir de rencontrer ces personnes hyper motivées parce que, on est quand même un bon nombre de personnes motivées sur Paris. Donc si on se rencontre, ça ne peut que renforcer le mouvement. Il faut que toutes les bonnes volontés soient réunies parce que, comme on est déjà tellement peu, il ne faut pas qu’on s’éparpille, il faut qu’on se rassemble et qu’on fasse des choses ensemble. Je trouve que c’est super qu’il nous ait contacté pour nous parler de cette initiative et j’espère que ce sera une super belle fête pleine d’amour.

Sandra : La semaine prochaine on entendra peut-être un montpelliérain qui nous racontera comment ça se passe l’organisation. Yann, ton avis sur ce qu’a dit Majestik ?

Yann : C’est déjà un très bon choix la ville de Montpellier. C’est une ville étudiante pleine d’énergie. Si je peux lui soumettre aussi, le co-voiturage, ce qui permet de faire une sacrée économie par rapport au train qui est très cher et qui en plus est écolo. Donc qu’il pense au co-voiturage. Je voulais savoir s’il y avait une ouverture sur Montpellier, c’est-à-dire, combien de personnes de Paris descendait et tout ça. Mais sur une idée d’une seule personne que ça fasse déjà une boule de neige, c’est formidable. Et comme dit Tina, s’il peut passer nous voir plus souvent pour nous redynamiser un petit peu au Comité des familles, il est vraiment le bienvenu lui et tout le monde.

Sandra : Quand il dit, quand il a donné son message il disait que les traitements d’aujourd’hui c’est de la rigolade par rapport à ceux d’avant, est-ce que vous êtes d’accord avec lui ? Bassama tu voulais ajouter quelque chose ?

Bassama : Oui je voudrai dire qu’il ne faut pas comparer quand même. Je reconnais qu’il y a des personnes aujourd’hui qui ont des traitements assez lourds aussi. Donc c’est vrai que les anciens traitements, les anciens antiprotéases, l’AZT, moi j’ai pris le zérit ça m’a donné des lipodystrophies, des neuropathies. Mais on ne peut pas dire qu’actuellement tous les traitements sont bons. On verra bien. Quand on commence un traitement peut-être il faut attendre 6 mois, un an, peut-être deux ans pour avoir des effets indésirables. En tout cas il faut prendre cette maladie au sérieux, il y a moins de morts mais il y a quand même des personnes qui continuent à mourir. Il y a des personnes qui prennaient des traitements, des anciens traitements qui continuent encore à prendre des traitements, qui ont des effets indésirables qui sont toujours cumulés. Bon il faut compatir avec ceux qui souffrent. Ceux qui ont moins d’effets indésirables il faut remercier la médecine mais c’est toujours faire attention si possible ne pas se faire contaminer.

Tina : De toute façon une trithérapie ce n’est pas des bonbons, c’est quelque chose de violent. Ce ne sont pas des traitements à la légère, ça c’est évident. Mais je pense que c’est indéniable que la médecine a fait des énormes progrès et que je pense qu’effectivement, ceux qui ont pu avoir la chance d’être, c’est un peu ironique mais, de ne pas prendre les traitements, les premiers traitements, ils ont quand même échappé à beaucoup et j’imagine une personne qui a commencé par ces traitements et qui aujourd’hui prend nos trithérapies qui sont quand même vachement plus faciles avec moins d’effets indésirables, je comprends que pour eux, ces personnes, la comparaison c’est qu’aujourd’hui ce n’est rien. Les contraintes horaires, les contraintes de tout genre, je ne l’ai pas connu mais j’en ai souvent entendu parler et c’est vrai que je me dis par chance que j’ai échappé au moins à ça.

Yann : Je suis d’accord avec Tina. Les avantages des nouveaux médicaments sont beaucoup moins forts mais c’est sûr que quelqu’un qui apprend sa séropositivité ça reste le même choc malgré les avancées ça reste le même choc qu’on soit en 1990 ou à notre époque. Et après il faut quand même accepter qu’on va devoir manger un traitement à vie alors ça, ça n’a aucune différence avec il y a 20 ans et maintenant. Le choc est toujours aussi fort.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE

Soirée séromantique à Montpellier le samedi 1er décembre 2012