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Une marche à visage découvert à Casablanca pour la journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida

16 novembre 2012 (lemegalodon.net)

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Début de l’enregistrement.

Ben : Bonjour, Ben de Valenciennes. Sur mon chameau je suis venu rejoindre mes amis de Paris afin de témoigner de cette fin d’année et de l’année 2013. Bonjour les auditeurs et les auditrices.

Sandra : Mardi 13 novembre, tu pars au Maroc. Est-ce que ce ne serait pas par hasard pour ton fameux projet Maroc ?

Ben : Le projet Maroc continu à exister à travers l’association du jour, à travers l’implication de marocains qui se mobilisent pour leur santé. Depuis un certain temps je viens en soutien méthodologique à travers des actions pragmatiques telle que la méthodologie de projet. Bon, ça continue. L’association du jour est toujours prête à vous accueillir là-bas et comme vous le savez, une association ça vit, ça bouge. Et donc je suis de retour là-bas pour voir un peu comment ça se passe surtout en cette période de fin d’année où cette année l’association du jour qui représente des malades atteints du VIH et leurs proches vont organiser le 1er décembre une marche à Casablanca et donc je participe à la marche avec eux par solidarité internationale et surtout par solidarité de tous les maghrébins qui vivent ici en Europe et à l’étranger en espérant compter sur vous à travers votre solidarité et ces échanges de savoir, d’expériences.

Sandra : Avant de parler du 1er décembre, lors de ton dernier voyage au Maroc, tu étais revenue avec pleins de photos. Quel souvenir tu gardes ? Quand tu étais dans l’avion, qu’est-ce qui restait dans ton coeur ?

Ben : Beaucoup de choses dans mon coeur. C’est difficile de faire un choix. Mais l’innocence de deux enfants orphelines de leur maman que j’ai connue et qui m’ont revu et qui maintenant m’appellent tonton. C’est l’image qui me reste. Bah là elles sont à l’école, elles attendent que je revienne et je les accompagne dans leur soutien scolaire avec des petits quelque chose. Donc on peut toujours être parrain/marraine d’un enfant qui côtoie l’association du jour. Pour ça faut contacter notre assistante sociale sur place. Puis il y a pleins d’autres photos. Ces photos, venez nous rejoindre au pôle de Valenciennes chez nous au Comité des familles correspondant du Nord pour pouvoir partager cette expérience parce que cette expérience elle va continuer en 2013 alors je souhaiterai avoir un peu plus de solidarité de la communauté marocaine qui réside en Nord-Pas-de-Calais malgré le changement politique qui s’amorce au Maroc et l’accès au traitement qui est toujours un danger, la stigmatisation est toujours un danger. Venez nous soutenir à Valenciennes. Si vous voulez m’avoir, attendez que je sois de retour fin décembre inch’allah comme on dit chez nous. Mes coordonnées téléphoniques Sandra va vous les donner et les communiquer avant la fin de l’émission de radio. Venez nombreux, nous soutenir, on a besoin de vous. Comme eux, ils ont besoin de nous, à travers nos histoires de vie, on peut participer a du soleil qui brille partout en cette période hivernale qui s’annonce très froide.

Sandra : Moi il y a un souvenir qui me revient quand tu avais ramené toutes ces photos. Tu disais : voilà une soirée séromantique organisée au Maroc et plus tard, un bébé est né. Est-ce que tu peux partager ce moment avec nous ?

Ben : Ici on fait des soirées séromantiques, là-bas c’est souvent des week-end séromantiques et des rencontres séromantiques. Souvent des personnes seules peuvent trouver au sein de l’association leur opposé et voilà. Moi j’ai vu des bébés naitre. C’est super beau. J’ai vu des couples se faire, se défaire. C’est la vie. Je me rends compte que les gens lorsqu’ils sont bien informés, des couples sérodifférents peuvent aussi se mettre en place grâce à l’information et grâce à la prise en charge. Tout ça, il faut le faire durer dans le temps, participer au changement des opinions. Ca me fait énormément plaisir que tu repenses à ces photos mais ces photos c’est des instants qui sont vraiment riches de sourire.

Sandra : Le 1er décembre tu as dit que tu vas participer à une marche. Comment ça va se passer cette journée ?

Ben : Cette journée sera traversée par des événements. Déjà en communiquant au Maroc même à travers la télévision, aussi à travers des activités qui auront lieu à l’association du jour à Casablanca et afin de descendre dans la rue, manifester dans la rue à visage découvert, sensibiliser l’opinion publique marocaine et les institutions qui gèrent la lutte contre le sida et les hépatites sur le besoin des personnes atteintes là-bas. Il faut changer aussi le regard des personnes qu’ils ont sur la maladie et sur le non accès aux soins et l’inégalité des répartitions de la prévention dans le Maroc malgré une politique de santé publique qui vous savez, dépend toujours d’ONG (Organisation non gouvernementale), donc soyons nombreux à les soutenir, vous qui avez un proche, soutenez-nous, allez voir dans vos consulats respectifs, allez faire du lobbying auprès de nos représentants des marocains résidents à l’étranger. C’est très important parce que n’oubliez pas que parmi la communauté marocaine, il y a eu des gens qui ont subi la double peine. Celle qui vient des cités surtout, celle où la précarité, le manque d’information a ramené au Maroc une certaine époque. Donc soulevez aussi le regard des associations existantes en France, que le Maroc ne passe pas par uniquement un copier coller d’une politique de santé publique à la française qui est très communautaire je dirai. Mais bon, chacun essaye de défendre sa paroisse comme on dit. Alors moi j’essaye de défendre le droit à l’accès aux soins universel et aux traitements universels pour tous et pour toutes.

Fin de l’enregistrement.

Greg : Bon courage, bonne continuation. C’est vraiment une bonne chose à faire pour mieux sensibiliser d’autres gens. On est comme les autres. Il faut informer les gens. Mais je crois que ça doit être beaucoup plus compliqué dans un pays comme le Maroc qu’en France où entre guillemets on est une démocratie, etc. Mais ça doit être un peu différent parce que les lois ne sont pas les mêmes et la façon dont les gens réagissent n’est pas la même. Et en plus c’est un pays musulman non ? Je ne sais pas. Mais c’est peut-être mal vécu. En tout cas je souhaite bonne chance, je souhaite que ça se passe bien, je souhaite qu’il soit présent pour manifester. C’est important parce que si on ne parle pas, il faut qu’on parle, si on ne parle pas c’est pire, les gens gardent les préjugés. Même moi avant que je commence de fréquenter le Comité des familles, j’avais des a priori qui étaient complètement faux. Il faut se battre, manifester, continuez Ben. Et en plus j’adore quand vous parlez parce que c’était comme un genre de poésie. Vous avez une manière de vous exprimer en français qui est vraiment géniale.

Sandra : Bon voyage Ben, bonne continuation pour ton projet, bon courage. J’espère que tout va marcher. A très bientôt. Ben m’a dit qu’il reviendrait fin décembre et qu’il souhaite participer à l’émission du 18 décembre. Donc il sera là normalement le 18 décembre à Paris avec nous pour nous raconter ce qu’il a vécu là-bas au Maroc.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE