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Mon gynécologue m’a déconseillé de faire un bébé car je suis séropositive

24 octobre 2012 (papamamanbebe.net)

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Début de l’enregistrement :

Victoire : C’est vrai que moi aussi à un moment j’étais septique. Je ne pensais pas qu’une femme séropositive et deux personnes séropositives pouvaient avoir un enfant qui nait négatif. C’est vrai que ça parait irréel mais c’est bien la vérité, c’est possible. C’est vrai qu’il y a certains médecins qui n’ont pas envie de traiter des personnes séropositives qui ont envie d’avoir un enfant parce que pour eux ce n’est pas leur spécialité le VIH. Donc pour eux, le fait de ne pas connaitre la maladie en profondeur, pour eux c’est impossible alors que non c’est bien possible. J’ai rencontré une femme, elle a un enfant, même plusieurs et ils ne sont pas malades. J’en connais d’autres en revanche où les enfants sont malades. Ils sont peut-être mal informés, je n’en sais rien. C’est presque du rêve d’avoir un enfant non contaminé par le VIH.

Sandra : Et vous deux, Jean-Pierre et vous, vous n’avez pas d’enfant ?

Victoire : Non, non. Je n’en veux pas et Jean-Pierre non plus. Il y a environ un an, avec mon gynécologue, j’en ai parlé et il m’a déconseillé d’avoir un enfant et il m’a dit vous êtes séropositive, ce n’est pas une chose à faire. Être enceinte alors qu’on est séropositif. Mais c’était une question pour connaitre sa réponse. Mais sinon je savais très bien qu’il était possible d’en avoir. Il y a des médecins qui déconseillent mais bon, il faut toujours demander un second avis et ainsi de suite, même plusieurs s’il le faut.

Sandra : Avec votre infectiologue qui vous suit pour le VIH, vous en avez parlé ?

Victoire : Non, parce que je ne veux pas d’enfant. Mais sinon avec mon médecin j’ai de bons rapports, je suis une bonne patiente. J’ai de bons résultats donc c’est la routine. Il n’y a pas de faites attention à ceci, faites attention à cela. Non, non je n’ai pas de problème majeur mise à part la maladie bien sûr. Quand je vais chez lui, je sais que je ressortirai du cabinet avec le sourire.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Un gynécologue qui déconseille à une femme séropositive de faire un bébé. Qu’avez-vous envie de dire à ce gynécologue, à ceux qui pensent comme lui ? Aux soignants qui pensent comme lui ?

Tina : Moi ça me révolte vraiment. On est en 2012 quand même. Je veux dire faut se réveiller. Ce n’est pas parce qu’on est médecin qu’on a étudié à un moment donné certaines choses, il faut se mettre à la page quoi. C’est un devoir, ça devrait être obligatoire. Comment on peut suivre des personnes séropositives en tant que gynécologue et ne pas savoir qu’il est tout à fait possible d’avoir un bébé en bonne santé ? Moi je trouve que c’est vraiment choquant. Là Victoire on voit qu’elle est bien renseignée, même si ce n’est quand même pas pareil à Perpignan qu’à Paris il me semble. A Paris on en voit plein au Comité des familles, des mamans avec des bébés on en voit par dizaine, par vingtaine et voir plus encore. A Perpignan ça reste apparemment encore un peu une exception. Mais bon, elle est bien renseignée. Je ne sais pas à quel point c’est vraiment son choix de ne pas vouloir avoir de bébé. Est-ce que c’est lié au VIH ou non ? Mais en tout les cas, pour une personne qui n’est pas bien renseignée, cette parole d’un gynécologue peut gâcher un projet de vie. Pour certaines personnes c’est vraiment un projet de vie d’avoir un enfant c’est essentiel. C’est quand même une énorme responsabilité que ce gynécologue comme d’autres médecins qui se permettent de dire des choses qui sont tellement faussent de nos jours.

Norton : Moi aussi je trouve ça effarant. J’aimerai dire à ce médecin qu’il change de métier ou alors dire à sa hiérarchie de le réprimander parce que, oui c’est effarant. Dans un autre sens je comprends un peu Victoire qui ne veut pas avoir d’enfant. Elle a 46 ans, plus le VIH. Je la comprends juste. Personnellement j’aimerais bien avoir un enfant. J’ai une fille mais j’aimerais bien avoir un autre enfant. J’aimerai dire à cette personne, ce gynécologue qu’il change de métier parce que, si c’est pour induire les gens en erreur, ce n’est pas la peine.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE