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Didier Villard | Financement de la lutte contre le sida | Politiques de santé

Une association pour les malades du sida menacée

29 juin 2012 (Nice Matin)

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Privée de sa subvention par l’Agence régionale de santé, l’association Action santé alternative, qui œuvre aux côtés des malades du sida, risque de disparaître rapidement

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C’est un cri d’alarme et un cri du cœur que pousse le directeur de l’association cannoise Action santé alternative (ASA). En vingt ans d’activité et de travail auprès des personnes atteintes du VIH dans le bassin cannois, c’est la première fois que Didier Villard est face à une telle situation. Inenvisageable. Inacceptable. Et pourtant. « L’association a, chaque année, toutes actions confondues, un budget d’environ 200 000 euros, dont une grande partie est financée par le ministère de laSanté, via l’Agence régionale de la santé (ARS), expose Didier Villard. Chaque année, nous montons des dossiers pour l’obtention des subventions. L’ARS vient de nous annoncer, le 6 juin, qu’un avis défavorable était émis sur le plus gros dossier (accueil et prise en charge des patients du VIH) et plus gros budget (123 000 euros). Il est bien évident que sans cette somme, c’est l’association qui s’effondre ! »

Pas d’explication de l’ARS

Si la trésorerie de l’ASA lui permet effectivement de tenir ses engagements durant la première partie de l’année, les subventions sont les bienvenues dès le mois de juin. Or sur l’ensemble des quatre dossiers, regroupant tous les champs d’actions de la structure, 13 700 euros sont accordés par l’ARS pour une demande de… 150 100 euros ! Contactée hier, l’Agence régionale se refuse à donner toute explication « tant que l’association elle-même n’est pas au courant ». Confiant simplement qu’ « un courrier est en train d’être préparé et argumenté pour expliquer les motivations de ce choix. Il va être envoyé d’ici quelques jours à l’ASA. »

« Dysfonctionnement »

Des explications qu’attend désespérément Didier Villard depuis plusieurs semaines. « Dans un premier temps, on m’a dit que j’étais hors cahiers des charges, ce que je ne comprends pas, puis parfois on ne me répond même pas,déplore-t-il. Nous sommes très contrôlés et nous n’avons jamais été pris en défaut. Nous avons une mission de service public depuis 20 ans, nous prenons en charge des dizaines de personnes médicalement et psychologiquement, nous assurons des missions de prévention et d’information auprès des jeunes, des populations gays, etc. sur tout le département. L’attitude de l’ARS met tout en péril. Nous serons en cessation de paiement au 30 juin. »

En parallèle, ce sont également quatre salariés que Didier Villard va devoir licencier de manière expéditive. « Si on m’avait prévenu plus tôt, j’aurais pu gérer mon budget différemment et licencier les gens décemment »,regrette-t-il.

De son côté, la ville de Cannes avoue avoir discuté à plusieurs reprises avec l’ARS en faveur de la survie de cette association. En vain ? Didier Villard n’a plus beaucoup d’espoir : « Les jours sont comptés. On a déjà tous bossé à l’œil ce mois-ci, on va tenter de poursuivre la prévention mais on a déjà commencé à prévenir nos patients qu’on ne pourra plus les aider financièrement. »Même si son téléphone portable restera toujours allumé pour des patients, dont certains sont suivis depuis vingt ans, la disparition de l’ASA serait un étonnant « dysfonctionnement »alors qu’elle sensibilise chaque année près de 10 000 personnes tous publics confondus.

Écrit par : Nice-Matin Photo : Gilles Taverso

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L'Action santé alternative travaille notamment en partenariat avec l'hôpital de Cannes pour l'évaluation des besoins réels des personnes atteintes du VIH et leur prise en charge.

L’Action santé alternative travaille notamment en partenariat avec l’hôpital de Cannes pour l’évaluation des besoins réels des personnes atteintes du VIH et leur prise en charge.