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Dépistage rapide, Ipergay, PrEP : AIDES répond à quelques questions laissées en suspens par son président

8 juin 2012 (lemegalodon.net)

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Suite à l’émission du mardi 5 juin 2012 lors de laquelle des familles vivant avec le VIH avaient interpellé Bruno Spire, président de AIDES, Spire s’était engagé à transmettre des réponses aux questions pour lesquelles il n’avait pas les données. Oliver Denou, directeur général délégué de l’association AIDES, a donc apporté les précisions suivantes « pour enrichir le débat » et répondre aux questions restées en suspens.

Quelle est la place consacrée par AIDES aux actions Gays par rapport aux autres types d’actions ou de publics ?

Regardons les moyens alloués par AIDES par type de publics cibles (données fondées sur la clôture des comptes 2011) selon la répartition des charges de l’association par public en 2011. On peut constater que les actions auprès des gays concernent 15% des charges de AIDES. À titre de comparaison, 21 % pour les actions PVVIH/VHC, 9% Migrants et 14% CPP etc. Il ne s’agit pas ici de savoir si ces indicateurs sont « bons » ou « mauvais » mais juste de confirmer que AIDES « ne s’occupe pas seulement des gays ».

Combien de personnes hétérosexuelles ont fait le dépistage rapide chez AIDES depuis janvier 2009 ?

Nous n’avons pas ces données depuis 2009 (pas de consolidation au niveau national). Pour rappel, le développement des tests rapides dans les actions de AIDES n’a réellement débuté que fin 2011, après l’obtention des habilitations via les ARS [1], puis l’appel à projets de la DGS [2]. Les tests réalisés avant cette période l’étaient dans un cadre de recherches, donc seulement sur quelques sites, et ciblaient – en raison du protocole de cette recherche – la population gay. Les données significatives sont donc à prendre en compte depuis le début d’année. On peut donc en effet considérer que, grâce à la mobilisation des gays pour démontrer la faisabilité de tests rapides non médicalisés, désormais l’ensemble de la population peut en bénéficier (hétéros, migrants, femmes, etc.).

Quelques précisions sur les données consolidées à AIDES sur la période du 1er janvier au 30 mai 2012 :

- 33,3% des tests réalisés par AIDES ont concerné les gays et 33,4% les migrants.

- Les autres tests ont été réalisés en très grande partie auprès d’autres populations vulnérables (UD [3], trans, prostituées etc.), et une partie « grand public » (6,1%), (sachant que les tests proposés par AIDES ciblent en priorité les populations vulnérables, en complémentarité avec d’autres offres de dépistage souvent plus axées vers un public plus large ). Comme l’a indiqué Bruno, il s’agit de données brutes encore en cours d’analyse. Parmi les positifs dépistés, 44,4% étaient gays et 46,7% migrants, soit plus de 90% des tests positifs qui sont issus de ces deux populations. En résumé, les tests rapides proposés par AIDES s’adressent en priorité aux populations les plus concernées par le VIH, et selon les données actuelles à notre disposition, à équité entre les gays et les migrants .

Si un migrant homosexuel se présente pour le dépistage rapide, comment le comptez-vous ? Comme un migrant ou comme un homosexuel ? Vous le comptez deux fois ou une fois ?

Nous prenons en compte le fait qu’il soit migrant-e, et/ou vivant dans les communautés afro-caribéennes, du Maghreb, etc. et qu’il(elle) soit hétérosexuel-le, homosexuel-le, etc . Le traitement statistique des données permet de ne pas compter les personnes deux fois mais aussi de regrouper certaines caractéristiques.

Combien d’argent a touché AIDES pour sa participation à l’essai Ipergay et pour financer quels types d’actions ?

Nous sommes financés par l’ANRSH [4], durant la phase de faisabilité (1 an), sur les missions d’information, accompagnement et counselling et la recherche qualitative. Cela représente 3 ETP [5] (répartis sur 6 postes) et un total de 160 000 € financés, plus un cofinancement de AIDES d’environ 40 000€ (fonctionnement, communication, etc.)

Comment expliquer que l’essai Ipergay rencontre des difficultés de recrutement ?

On avait bien imaginé qu’il serait difficile d’intégrer des personnes dans un essai avec un suivi médical quand on est séronégatif. Cependant, même si ce n’est pas simple, Ipergay ne rencontre pas de difficultés particulières de recrutement : l’essai a démarré le 1er mars 2012 en terme d’inclusion définitive. Tous les essais cliniques démarrent lentement, Ipergay n’est pas différent des autres essais.

Est-ce qu’il y avait un représentant de AIDES dans le comité d’experts français qui a donné son avis sur la PrEP ?

Non, la représentation associative était assurée par des représentants du TRT5 [6]. (en l’occurrence des représentants de ARCAT [7] et Act Up [8]). AIDES a donc fait valoir son point de vue dans le cadre des discussions au sein du TRT5.

Notes

[1] Agences régionales de santé

[2] Direction général de la santé

[3] usagers de drogues

[4] Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales

[5] équivalent temps plein

[6] groupe interassociatif qui rassemble huit associations de lutte contre le sida/VIH

[7] Association pour la Recherche et la Communication pour l’Accès aux Traitements

[8] Association de lutte contre le sida

Photos


Graphique sur la répartition des charges de l'association par public en 2011

Graphique sur la répartition des charges de l’association par public en 2011