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Dr Samuel Claude raconte la véritable histoire de l’affaire du sang contaminé

23 mai 2012 (lemegalodon.net)

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Début du son.

— J’ai 24 ans et je suis en BTS.

Selma : Avez-vous déjà donné votre sang ?

— Non.

Selma : Est-ce que vous avez déjà reçu du sang ?

— Non.

Selma : Si jamais vous deviez recevoir du sang, selon vous quel est le risque d’être contaminé par le VIH, l’hépatite ou autre ?

— Il est élevé. Mon cousin il l’a attrapé(e) il y a 2, 3 ans et je n’en veux pas. Je ne veux pas de sang.

Selma : Vous avez quelqu’un qui a été contaminé par du sang contaminé ?

— Oui.

Selma : Justement la prochaine question c’était ça : si demain un membre de votre famille était contaminé par le VIH lors d’une transfusion ou une autre infection, qu’est-ce que vous feriez et pour vous qui serait le coupable ?

— Les médecins parce qu’il y a quand même un travail de recherche normalement qui doit être fait sur le sang. Mais ma réaction de toute façon, je ne veux pas du sang de qui que ce soit d’autre dans mon corps. Donc, qu’il ait été contaminé ou pas, ça ne change pas le fait que je ne voudrais pas le sang de quelqu’un d’autre.

Selma : Selon vous, combien de personnes a tué Laurent Fabius ?

— C’est... je ne sais pas qui c’est !

Frédéric : J’ai 32 ans et je suis fonctionnaire.

Selma : Frédéric avez-vous déjà donné votre sang ?

Frédéric : Non jamais.

Selma : Est-ce que vous avez déjà reçu du sang ?

Frédéric : Non plus.

Selma : Est-ce que si jamais vous deviez recevoir du sang, vous seriez rassuré, vous vous ne inquiéteriez pas d’une quelconque contamination ?

Frédéric : Non, je fais confiance aux médecins, aux hôpitaux.

Selma : Si jamais demain par exemple vous apprenez que quelqu’un de votre famille, frères, soeurs, cousins ou autre avait été contaminé lors d’une transfusion sanguine par le VIH ou une autre infection, vous considérerez qui comme responsable ?

Frédéric : L’Etat, les ministres.

Selma : Aujourd’hui, si je vous demande selon vous combien de personnes a tué Laurent Fabius ?

Frédéric : Je sais qu’il a du sang sur les mains c’est le cas de le dire. Mais combien...

Alfred : J’ai 45 ans et je travaille comme gestionnaire client

Selma : Est-ce que vous avez déjà donné votre sang ?

Alfred : Oh non je ne crois pas, je n’ai jamais fait ça.

Selma : Vous avez déjà reçu du sang ?

Alfred : Non.

Selma : Si jamais demain vous deviez recevoir du sang pour des raisons médicales est-ce que vous auriez peur d’être infecté par quelque chose ?

Alfred : Bien sûr, bien sûr. Comme tout le monde. Ca fait peur quoi quand il y a transfusion du sang. On se pose toujours des questions sur la situation.

Selma : Si jamais quelqu’un de votre famille, de votre entourage recevait une transfusion sanguine et qu’il était contaminé par le VIH ou par l’hépatite, pour vous, qui serait le responsable ?

Alfred : Dans un premier temps ce sont les médecins parce qu’on avait les centres de transfusion, en prenant le sang des gens, ils doivent faire les examens pour bien contrôler si les personnes sont contaminées ou pas. Parce que bon, on ne doit pas prendre cette tâche à légère. Pour moi effectivement ce serait les médecins, l’hôpital parce que quand même ils sont les premiers responsables et ils doivent contrôler, vérifier que le sang n’est pas contaminé avant de le mettre dans le corps d’une autre personne.

Selma : Selon vous, combien de personnes a tué Laurent Fabius ?

Alfred : Oh bon, ça ne je ne peux pas dire qu’il a tué directement. C’est juste qu’il y a eu, je connais l’histoire. L’histoire du sang contaminé. C’est qu’il y a eu des hôpitaux... la part de responsabilité est quand même partagée. Je ne trouve pas que c’est seulement lui. C’est vrai qu’il était ministre et que la responsabilité finale lui incombe exactement.. C’est juste que les gens en dessous n’ont pas bien fait leur travail.

Eleonore : J’ai 20 ans et je suis en BTS assistante de gestion en alternance.

Selma : Est-ce que vous avez déjà donné votre sang ?

Eleonore : Non pas encore. J’ai peur en fait de la vue du sang.

Selma : Est-ce que vous avez déjà reçu du sang ?

Eleonore : Non.

Selma : Si jamais demain vous deviez recevoir du sang, est-ce que vous auriez confiance dans la transfusion ?

Eleonore : Bah si je suis entre la vie et la mort ouais, je crois bien.

Selma : Si jamais demain vous aviez quelqu’un de votre famille qui recevait une transfusion sanguine et qui était contaminé à cause de celle-ci par le VIH ou l’hépatite, comment vous réagiriez et surtout pour vous qui serait le responsable ?

Eleonore : Alors là franchement je ne peux pas vous le dire maintenant parce que je ne l’ai jamais vécu et j’espère ne pas vivre cette situation. Franchement je ne sais pas du tout comment je le vivrais.

Catherine : J’ai 63 ans et je suis enseignante.

Selma : Est-ce que vous avez déjà donné votre sang ?

Catherine : Oui.

Selma : Est-ce que vous avez déjà reçu du sang ?

Catherine : Non.

Selma : Si vous deviez recevoir du sang pour une quelconque raison, est-ce que vous auriez peur qu’il soit contaminé par le VIH ou une autre infection ?

Catherine : Oui, bien sûr. Normal.

Selma : Si jamais demain, quelqu’un de votre famille ou de votre entourage recevait du sang contaminé, comment réagiriez vous et pour vous qui serait le responsable ?

Catherine : Ce serait les services hospitaliers qui n’auraient pas fait les examens qu’ils devaient faire.

Selma : Pour vous, combien de gens a tué Laurent Fabius ?

Catherine : Laurent Fabius n’a tué personne. Je trouve que c’est une très mauvaise question madame.

Mariline : J’ai 49 ans et je suis fonctionnaire à la mairie de Paris.

Selma : Est-ce que vous avez déjà donné votre sang ?

Mariline : Oui.

Selma : Est-ce que vous avez déjà reçu du sang ?

Mariline : Non.

Selma : Si jamais vous deviez recevoir une tranfusion sanguine, pour vous quel est le risque que ce sang soit contaminé ?

Mariline : Déjà je ferai appel à ma mère qui est donneur universel pour commencer. Donc là je suis sûre à 100% que tout irait bien. Sinon le risque, ouais le sida. Oui surtout.

Selma : Si jamais demain une personne de votre entourage, de votre famille, recevait du sang contaminé par le VIH ou bien une autre infection type hépatite C, comment est-ce que vous réagiriez et surtout pour vous qui serait le responsable ?

Mariline : En fin de journée comme ça ? (rires).

— Le ministère de la santé.

Mariline : Oui exactement.

— Il n’y a pas assez de regard, il n’y a pas assez de contrôle. C’est le ministre de la santé le responsable. Le premier chef.

Selma : Selon vous, combien de personnes Laurent Fabius a-t-il tué ?

— Alors là je n’en sais rien du tout parce que je suis bien contre lui actuellement. Je ne sais pas. Mais c’est le grand responsable. C’est un des grands responsables.

Mariline : Je confirme, complètement. Je suis complètement d’accord avec elle.

Fin du son.

Micro trottoir réalisé par Selma Mihoubi à la gare du Nord.

Un auditeur de l’émission Survivre au sida réagit à la nomination de Laurent Fabius comme ministre des affaires étrangères :

L.Fabius va surement être au gouvernement de F.Hollande, je ne trouve pas les mots pour expliquer cette absurdité, encore heureux qu’il ne lui ai pas confié le ministère de la santé, "la foudre" d’hier était peut-être un avertissement, aux affaires étrangères il va surement recevoir quelques valises de pognon et va pouvoir, lui, se refaire une santé (si besoin en était car il est plein au as, socialiste ?). Les français ont la mémoire courte, j’espère qu’ils se rappellerons au moins, que c’est en majorité eux qui ont votés pour le voir revenir polluer notre paysage politique. Espérons que les familles des victimes pardonnerons aux français cette erreur. Quand à moi je suis toujours sous le choc de cette émission d’arte (si mes souvenirs sont bons) qui à montré ces familles accompagnant leurs proches contaminés jusqu’à la fin. Je me joins à leur tristesse.

A cela répond Geneviève, elle aussi auditrice de l’émission Survivre au sida

« non vous n’avez pas la mémoire courte !!!!!! et je suis outrée de voir à quel point on se fout de nous , et je suis triste également pour toutes les familles des victimes, mais n’oublions pas qu’il y a 20 ans beaucoup de ceux qui ont voté cette année n’étaient pas là ou bien trop jeune pour se souvenir de ce scandale que les socialistes ont étouffés. »

Une autre auditrice réagit sur le même sujet

Bonjour Je suis ravie et fière qu’une telle émission ai lieu, toutes mes félicitations ! Vous pouvez être fiers de ce que vous faites ! Rares sont les médias qui parlent de cela. Beaucoup de victimes et famille des victimes sont indignées et choquées de la nomination de Monsieur Fabius à un tel poste. Il n’y a là aucun jugement politique, ni gauche ni droite, seulement nous avons du mal à comprendre qu’après une telle affaire on puisse encore lui confier des tâches ministérielles. Certes la justice l’a déclaré non coupable mais personne ne peut nier qu’il ai une part de responsabilité. Si infime soit cette part de responsabilité il elle a quand même eu une influence sur la vie et la mort de personnes. Il ne s’agit pas de détournements d ’argent, il s’agit de vies humaines ! Un membre de ma famille est décédé a cause du sang contaminé et j’avoue avoir honte que ce ministre soit nommé et qu’il représente mon pays à l’étranger. Nous, les jeunes d’aujourd’hui nous nous devons d’agir pour que nos anciens ne soient pas oubliés, nous devons aider à "rendre la mémoire" aux Français. Je ne souhaite personnellement aucun mal à M Fabius j’aimerai seulement que par respect il se fasse plus discret. Si l’affaire du sang contaminé doit être oubliée, qu’il tombe dans l’oubli avec elle. Faisons tout ce que nous pouvons pour qu’aucune fonction a la tête de l’état ne lui soi confiée. Gaëlle

Sandra : Il y a ceux qui connaissent parfaitement l’histoire de l’affaire du sang contaminé et je sais que vous êtes nombreux à nous écouter. Ceux qui ont tout de suite compris pourquoi on va dans quelques instants parler de Laurent Fabius. Mais il y a aussi ceux qui ne connaissent pas cette affaire ou alors très peu, qui ont entendu vaguement quelques faits rapporter par les grands médias, quelques chiffres... parce que trop jeunes pour avoir connu ce scandale politique et médical ou parce que mal informés. Alors pour ces personnes et parce qu’il est important de comprendre de quoi nous allons parler pendant cette émission, nous allons avec Claude Samuel, qui est président de l’association de défense des victimes de l’affaire du sang contaminé et docteur, reprendre avec vous étape par étape les faits véritables de cette histoire.

Claude Samuel bonjour et bienvenu à l’émission Survivre au sida.

Claude Samuel : Bonjour. Bon je vais d’abord répondre au micro trottoir aux personnes à qui on a posé la question sur le sang contaminé, sur est-ce que vous auriez peur d’accepter une transfusion. Actuellement en France, la France est à nouveau au top et quasiment tout est et même avec des coûts entre guillemets exorbitants pour que le risque soit absolument très faible. Donc s’il y a vraiment l’indication médicale que vous devez avoir une transfusion, il faut l’accepter. C’est absolument valable.

Sandra : Quand s’est déroulée l’affaire du sang contaminé ?

Claude Samuel : D’abord qu’est-ce que l’affaire du sang contaminé ? On a parlé de l’affaire du sang contaminé uniquement pour le sida et uniquement à l’intérieur du sida pour les hémophiles. Or l’affaire du sang contaminé, c’est le plus grand crime de l’histoire de France. L’affaire du sang contaminé ça concerne d’abord la chronologie, l’état des connaissances scientifiques de l’époque. L’affaire du sang contaminé c’est d’abord les hépatites. Les hépatites qu’on appelait à l’époque non A non B qu’on appelle maintenant les hépatites C et sur laquelle est venue se greffer l’épidémie du sida. A l’intérieur des personnes qui ont été contaminées par le sida, il y a les transfusés et les hémophiles. Or en pleine connaissance de cause et sciemment quasiment tous les médias français, notamment français, ont uniquement focalisé et ont sciemment tronqué et truqué l’affaire en parlant uniquement des hémophiles. Les hémophiles contaminés par le sida et ou les hépatites C, c’est l’arbre. C’est un arbre. Le bois c’est les transfusés plus les hémophiles. Et si on va dans la forêt il faut rajouter entièrement les hépatites. Exemple, si on avait fait ce qu’on savait à l’époque, l’état des connaissances scientifiques de l’époque au ministère de la santé, l’insécurité sociale et bien évidemment au niveau de certains de nos politiques. Il suffisait de faire des tests de transaminase, plus particulièrement les transaminase et la majorité des personnes qui ont été contaminées par le sida n’aurait pas été non plus contaminées. Des personnes contaminées par transfusion. Et aussi les personnes qui ont été contaminées, comme ils disaient par les hépatites, elles aussi n’auraient pas été contaminées.

Sandra : Quand s’est déroulée cette affaire du sang contaminé ?

Claude Samuel : L’affaire du sang contaminé pour ce qui concerne les hépatites, bon dès le début des années 80, la majorité des personnes qui ont été contaminées par transfusion par les hépatites n’auraient jamais dû être contaminées. Il suffisait de mettre en place les transaminases. Ca coutaît 10 francs, le test. Bien évidemment pour des raisons notamment de fric ça n’a pas été fait.

Sandra : Combien de victimes a fait l’affaire du sang contaminé ?

Claude Samuel : L’affaire du sang contaminé nombre de victime déjà, il faut voir par rapport à quelle période on parle. Si on parle par exemple depuis les années 75, avec les hépatites ça fait à peu près, par transfusion, à peu près entre, l’hypothèse varie entre 100 et 400 000. Ces hypothèses c’est les hypothèses officielles du ministère de la santé. Donc il faut compter au minimum, par transfusion, pour les hépatites environ 200 000 sur lequel est venu conjointement se greffer pour le sida, environ 10 000 dont 1200 hémophiles.

Sandra : Qui a été reconnu coupable par la justice française ?

Claude Samuel : De quelle justice parlons-nous ?

Sandra : Qui a été condamné ?

Claude Samuel : Qui a été condamné, d’abord quelle est la justice ? Il y a deux justices. Il y a la justice pour les médecins. On a oublié de parler de tas d’autres choses. Notamment un employé en chef, le docteur Garetta. Nous employons le terme d’employé en chef parce qu’au dessus de lui, il n’était même pas professeur, il y avait pleins d’autres niveaux, c’est-à-dire ça remet en cause quasiment toutes les sommités qui concernent en anesthésie, ils avaient tout. En hématologie, ils savaient tout etc.

Sandra : Tous les coupables ont-ils été jugés selon vous ?

Claude Samuel : Qu’est-ce qu’il y a eu ? Il y a eu un extrait d’un simple échantillon, c’est-à-dire le docteur Garetta, le professeur Alain et deux autres. Et le professeur Roux qui est au parti communiste français et qui était le directeur général de la santé.

Sandra : Oui. Il y avait Georgina Dufoix...

Claude Samuel : Ca c’est le volet des ministres.

Sandra : Georgina Dufoix, ministre des affaires sociales de l’époque, elle a été relaxée. L’ancien directeur du Conseil National de Transfusion Sanguine, Michel Garetta a été condamné a 4 ans de prison. Edmond Hervé secrétaire d’Etat à la Santé à l’époque a été condamné mais dispensé de peine. Laurent Fabius Premier ministre à l’époque a été relaxé.

Claude Samuel : Exact mais a été relaxé par qui ? Par la Cour de justice de la république, ça veut dire par la justice politique. Or que s’est-il passé ? Quel était le nom de la Cour de justice de la république avant ? Ca s’appelait la Haute Cour. Et qu’est-ce qu’on avait écrit le 19 mars 1992 Conseil national de la résistance française anti-sida, « que le Peuple de France connaisse l’Atroce Vérité panique les dealers du sida et leurs complices. Les cours d’assises et la Haute Cour se profile implacablement à l’horizon » . Alors qu’est-ce qui fait cette spécialité entre autre française. Bon quand ça ne va pas, quand il y a des choses qui ne vont pas, on change le nom ce qui fait que tout est faussé. Et à la Cour de la république nous avons envoyé une lettre ouverte avec des faits. Or bien évidemment, silence radio. Et avec la complicité active de quasiment tous les médias français.

Sandra : Qui a dit cette phrase : responsable mais pas coupable

Claude Samuel : C’est Madame Georgina Dufoix.

Sandra : Et que veut dire cette phrase ?

Claude Samuel : Elle botte en touche. Ca ne veut rien dire du tout. Si, ça veut dire, on refuse de reconnaître certaines responsabilités. Or Georgina Dufoix, elle était ministre des affaires sociales, c’est-à-dire que vous touchez immédiatement à la sécurité sociale. C’est-à-dire vous touchez au fric. Et qu’on fait les médecins de la sécurité sociale ? Ils connaissaient. Ils savent parce que le sang, ce n’était pas gratuit. C’était remboursé par la sécurité sociale. Or les médecins de la sécurité sociale plus exactement de l’assurance maladie, ils savaient quels étaient, parce que chaque produit avait un coup, il était remboursé. Donc on pouvait tout retrouver. Pourquoi ils n’ont rien fait en pleine connaissance de cause et sciemment.

Sandra : Quand cette affaire a-t-elle été révélée au grand public ?

Claude Samuel : Qui a fait exploser l’affaire du sang contaminé ? Il y avait un petit groupe de dissident par Jean Peron Garvanoff, mon ami Christian Garvanoff qui est décédé du sida et qui est au cimetière de Recloses depuis 1992. Et puis un autre que je n’avais pas connu, ils étaient trois frères qui étaient déjà morts du sida. Donc le petit groupe c’était les dissidents de l’association française et hémophile qui sont sur le site appelé les crimes de l’Association française des hémophiles parce que aussi pour l’Association française des hémophiles, faudrait peut-être voir aussi au niveau des conflits d’intérêts avec certaines firmes pharmaceutique.

Sandra : Pourquoi cette histoire n’a été révélée que bien plus tard, des années après que le scandale éclate dans la sphère politique et médicale ?

Claude Samuel : Qui contrôle les médias ? Quelles sont les forces en présence ? Il y a un micro groupe avec Jean, Christian et puis dans ce groupe il y a eu un individu, une blouse blanche, un idéaliste, c’est-à-dire moi qui suit arrivé après. C’est-à-dire suite à l’attentat qu’il y avait eu contre la voiture du docteur Garetta. Et il y avait un article du Monde, j’ai téléphoné au Monde, on m’a donné les coordonnées avec une boite postale. Je les ai rejoins et hors docteur Samuel. Je suis d’abord fils d’immigré. Et le docteur Samuel, je ne suis pas médecin, je ne suis que dentiste. Ancien dentiste et qui en connaît un petit peu. Ca signifie que les médecins en savent bien plus et bien avant. Et puis aussi faut voir aussi dans quelles conditions, quand Jean Peron Garvanoff, le président, quand il était suivi, il avait été obligé de se protéger avec deux molosses etc. Faut voir ce qu’on a subi pour tenter de sauver des vies humaines.

Sandra : Qui doit se sentir concerné par l’affaire du sang contaminé ? Les séropositifs, les hémophiles, ceux qui sont infectés par l’hépatite C ou monsieur ou madame tout le monde ?

Claude Samuel : Bon pour ce qui concerne le sida hélas, le dernier que je connaissais qui était indirectement, c’était un hémophile qui était tunisien, est décédé le 8 mars. Je ne sais pas s’il y a encore des hémophiles contaminés par le sida qui sont vivants. Personnellement je n’en connais plus. Directement ou indirectement.

Sandra : Pourquoi parler de l’affaire du sang contaminé aujourd’hui puisque cela s’est passé dans les années 80 ?

Claude Samuel : Il y a deux aspects. Je vais parler de la notion de crime contre l’humanité. Crime contre l’humanité tout le monde sait plus ou moins ce que c’est. Mais quelle est la grande différence ? Pourquoi c’est la définition absolue du crime contre l’humanité ? C’est que le sida, ça fait déjà des victimes et aussi les chaînes de contamination qui sans le vouloir vont transmettre à d’autres. Et quand on voit ce que la France a fait en envoyant du sang contaminé dans des pays notamment dans les pays musulmans, quelle a été l’information ? Rien. Silence radio. Qu’ils crèvent. Qu’ils diffusent l’information. Ca s’appelle un crime contre l’humanité. Et d’ailleurs actuellement le ministre des affaires étrangères, je lui souhaite bien du plaisir, il va falloir peut-être un jour qu’il explique l’affaire du sang contaminé, tout ce qui a été envoyé. Notamment je cite des noms, Algérie, Tunisie, Irak, Liban. Question naïve : est-ce qu’en Libye on en n’aurait pas envoyé ? Il y a d’autres pays mais comme nous n’avons pas de document, on se tait.

Sandra : Aujourd’hui avec le retour de gauche au pouvoir, Lauren Fabius est de nouveau sur le devant de la scène puisque c’est le numéro 2 du gouvernement, est-ce une surprise pour vous ?

Claude Samuel : La question que nous nous posions c’est quand allait revenir monsieur Laurent Fabius. Monsieur Laurent Fabius allait-il être nommé dès le premier gouvernement ? C’est-à-dire avant les législatives. Est-ce qu’il allait être nommé après les législatives ? Nous avons été quand même été un peu étonné parce que, nous avons à faire à des gens qui sont a priori quand même très intelligents. Pourquoi nous n’avons pas été surpris ? Parce que tout simplement ça va un an et demi que la bataille du révisionnisme et du négationnisme du parti socialiste a été enclenché. Il a été enclenché par le docteur Bapt député socialiste. Médecin cardiologue. Il est à peu près aussi vieux que moi. Et justement, en tronquant et en trucant les chiffres. Après nous avons écris très respectueusement à madame la secrétaire du parti socialiste madame Martine Aubry en lui demandant quelle était sa position et à l’époque, on lui avait aussi demandé, madame en tant que présidentiable, quelle est votre position ? Madame Martine Aubry, premier secrétaire générale du Parti Socialiste a répondu par un silence, comme d’habitude, assourdissant. Après, vu le développement nous avons écris une deuxième lettre en recommandé, en demandant à madame la Première secrétaire du Parti Socialiste de Martine Aubry l’exclusion de cet individu. De cet individu, le député socialiste, le docteur Bapt. Bien évidemment, enfin on s’en doutait un peu, hélas, on rêve toujours, bien évidemment la Première secrétaire du Parti Socialiste n’a pas répondu. Et maintenant bon bah, ce qui arrive. Alors après quand on voit leur renseignements, base de donnée, croisement. Dans toute affaire d’état, leur renseignement, base de donnée, croisement. En France c’est interdit donc évidemment nous ne l’avons pas fait. Mais toutes nos bases étant hors de France et de la zone d’influence française, il n’est pas impossible que depuis des années, il y ait des recoupements et y compris avec des classifications et des têtes de chapitre qui ne sont pas en France politiquement correctes. A bon entendeur salut.

Sandra : Doit-on rappeler le rôle de Laurent Fabius dans l’affaire du sang contaminé alors qu’il a été relaxé ?

Claude Samuel : Il a été relaxé par quoi ? Par la Cour de la justice de la république, c’est-à-dire une justice politique. Ils avaient changé les règles de droit en transformant la Haute Cour de justice de la république. A la Cour de la justice de la république, les victimes n’avaient pas le droit de parler. Ils avaient quand même le droit d’assister, merci pour nous, merci pour eux. Et dans la composition même de la Cour de justice, qui était en formation de jugement, ils avaient un député qui était médecin. Alors que l’on m’explique pourquoi ce député médecin, il est médecin lui. Il n’a jamais rien dit sur le sang contaminé alors qu’un simple dentiste de quartier, moi, qui en connaissait un petit peu, donc il en savait bien plus. Et bien avant. Il y avait tous ses amis aussi de certains groupes de la l’Assemblée Nationale.

Bon il y a un point aussi qui est très important, qu’on parle de Laurent Fabius. On parle de Laurent Fabius Premier ministre. La chronologie, l’état des connaissances scientifiques de l’époque. Monsieur Laurent Fabius, très respectueusement, pour garder les formes, nous avons l’honneur de vous demander en tant que ancien ministre de l’industrie et de la recherche avant d’être Premier ministre sur la fabrication des vaccins contre l’hépatite B à partir du sang contaminé, monsieur Laurent Fabius veuillez nous répondre ce que vous avez fait en tant que ministre de l’industrie et de la recherche. Or vous aviez des tas de connaissances. Bien évidemment ce volet a toujours été occulté. Ah si seulement en 1990 quand avec Jean et Christian nous avions réussi à faire exploser un tout petit peu l’affaire du sang contaminé qui a été immédiatement tronquée et truquée par les médias aux ordres. Maintenant avec Internet et tout, l’affaire du sang contaminé ça aurait été une autre affaire et le cours de l’histoire de France aurait été changé. Mais ce n’est pas terminé, nous n’avons pas la même Cour et surtout maintenant moi je peux crever, ça n’a aucune importance, c’est un détail. Mais nous avons réussi à transmettre et hors de France et de la zone d’influence française, il existe des coffres virtuels. Et dans ces coffres forts virtuels, il y a pleins de documents. A bon entendeur salut.

Sandra : Maintenant je vais demander à l’équipe radio qui est composée de Yann, Bruno, Zina et Tina, donc bienvenu à tous. Ce rappel des faits avec Claude Samuel était-il nécessaire pour vous ? Parler du sang contaminé aujourd’hui est-ce que cela a de l’importance pour vous ? Et Laurent Fabius sur le devant de la scène, est-ce que c’est quelque chose que vous acceptez ?

Yann : Effectivement j’étais au courant de cette affaire vu que je suis séropositif depuis plus de 22 ans mais le témoignage, en plus on vient de voter donc c’est vrai qu’on était pris par un élan un petit peu très sympathique pour ma part que la gauche reprenne les rennes. Mais c’est sans oublier ce que nous rappelle le docteur Samuel et ouais je suis écoeuré parce qu’ils se défendent, ils s’auto-protègent enfin on est dans une caste des plus nauséabondes je crois.

Bruno : Ce rappel est nécessaire parce que même si je ne connaissais pas tout sur cette histoire, on ne peut que compatir, ceux qui ont souffert et ceux qui souffrent encore. Oui je suis solidaire.

Zina : Je ne suis plus choquée. J’avais été choquée mais maintenant je ne suis plus choquée parce que je sais très bien comment ça se passe en politique, que ce soit droite, gauche, ils font exactement ce qu’ils veulent. Et donc ce genre d’attitude me choque absolument pas. Je veux dire, là on parle du sang contaminé mais il y a eu des tonnes de choses dont on a même pas idée. Je ne suis pas choquée. C’est comme ça. Dans tous les pays c’est pareil. Ceux qui ont le pouvoir ils s’octroient des droits et ils vont un petit peu trop loin justement dans leur pouvoir sur autrui.

Tina : Je trouve que c’est vraiment bien d’avoir plus de détails sur l’histoire parce que entendre toujours l’affaire du sang contaminé sans savoir exactement ce qui s’est passé. Enfin jusque là je n’ai toujours pas tout compris mais un peu mieux. Je trouve que c’est important qu’on discute de quelque chose, de savoir exactement de quoi on discute. Ensuite je pense que c’est essentiel vraiment d’en reparler. Quand j’ai vu que Laurent Fabius était de nouveau ministre j’étais vraiment déçu. Comme Yann j’avais été très contente de voir que la gauche avait gagné aux élections présidentielles mais voir Fabius au devant de la scène ça m’a vraiment dégoutée et je suis étonnée qu’il n’y ait pas plus de mouvement, plus de protestation parce qu’on ne peut pas laisser ce genre d’histoire impunie sans conséquence. Ce qui s’est passé c’est grave. Si c’était un frère, une soeur on sait mesurer la gravité de la chose mais si on ne connaît personne on a l’impression que ça ne nous concerne pas, c’est passé quoi. Mais il faut se mettre à la place de ceux qui ont vécu cette chose de près et qui aujourd’hui encore doivent subir un Etat avec Laurent Fabius au devant de la scène.

Sandra : Claude Samuel pour terminer sur l’affaire du sang contaminé à l’émission Survivre au sida, une dernière question. Avez-vous un message pour les victimes du sang contaminé ?

Claude Samuel : Moi je pense aussi aux futures victimes, celles qui vont être victimes des chaînes de contamination. Les victimes du sang contaminé je pense aussi d’abord, on est en 2012, en France le crime paie. Donc ce qui fait que maintenant on peut tout se permettre. Notamment sur le plan de la finance contaminée. La personne ne se sentait pas concernée, moi je ne l’ai pas contaminée, comme moi d’ailleurs, mais néanmoins quand même il s’agit d’avoir un idéal, de savoir se battre, et pas se battre pour soi mais se battre pour les autres. Et surtout les futures générations. Et maintenant la nouvelle génération, je leur souhaite bien du plaisir. Et puis il y a d’autres affaires qui vont arriver. Vous avez vaguement entendu parler du Médiator et toutes les autres. Ce sont les mêmes. Ce sont les mêmes personnes qui sont toujours au pouvoir. En France le crime paie. Quand est-ce que les français, est-ce que le français un jour vont se décider ? Nous avons bon espoir tout simplement parce que hélas la crise financière arrive et ça ne va pas être triste. Avec une très grosse financière, il y aura de moins en moins d’argent. Comment va-t-on faire pour payer ceux qui ont besoin de certains médicaments ? Est-ce que ce ne sera pas à nouveau, oh non il n’y a plus de sous etc. Tous nos frères qui sont dans les pays dits en voie de développement ?

Sandra : Vos réactions sur le site lemegalodon.net

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE Correction : Selma MIHOUBI