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À propos du Comité des familles pour survivre au sida (2003–2013) | Financement de la lutte contre le sida | Jean-Marie Le Guen | Martine Levine | Un local à Paris pour les familles vivant avec le VIH

Sida : La Mairie de Paris encourage le Comité des familles… d’en faire moins

12 janvier 2012 (papamamanbebe.net)

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PARIS, le 12 janvier 2012 (lemegalodon.net) — Alors que la moitié des personnes séropositives vivent en région parisienne, la Mairie de Paris refuse d’aider au développement du Comité des familles, seule association créée et gérée par des familles vivant avec le VIH.

Mardi 10 janvier 2012, le Comité des familles a été reçu par deux Conseillères du Maire de Paris, Martine Lévine et Frédérique Lahaye, ainsi que Judith Herpe, membre du cabinet de Jean-Marie Le Guen, adjoint au Maire de Paris chargé de la santé publique, pour discuter de nos « problèmes de logement ».

Lettre ouverte des familles vivant avec le VIH

En effet, la Maison des familles, minuscule local du Comité, ouverte en avril 2008, est de plus en plus insalubre et inadaptée pour les 232 activités organisées en 2011 par les familles elles-mêmes, en partenariat avec des services hospitaliers de l’Assistance publique.

L’association vit grâce à un modèle originale, participatif, fondé sur l’auto-support : les personnes qui y militent élaborent ensemble des projets de santé publique pour répondre à leurs propres besoins de santé et de bien-être, et mobilisent les réseaux hospitaliers pour proposer aux séropositifs et ceux qui les aiment de les rejoindre.

Incrédulité, mais les chiffres sont têtus

Incrédulité affichée par Martine Lévine qu’on puisse faire autant avec aussi peu : avec un budget annuel qui représente moins d’un an de salaire d’un practicien hospitalier, l’association est animée par les 882 personnes qui la fréquentent. C’est 100 personnes en plus par rapport à l’année précédente. Et il s’agit précisément des personnes les plus vulnérables, précaires et fragilisées par l’épidémie.

Mais il y a des limites à ce qui peut être fait avec des moyens si dérisoires : le président du Comité des familles, Reda Sadki, réclame « le minimum vital, le minimum décent », pour que les familles qui participent aux actions de prévention et de solidarité puissent le faire « dans de bonnes conditions ».

Et là, surprise, après avoir écouté l’exposé de la situation financière actuelle (mise en demeure de l’URSSAF par rapport au rejet des derniers paiements, retard du paiement du dernier trimestre pour le loyer du local auprès de la RIVP, incertitude sur la situation financière en 2012) Martine Levine, recommande de « redimensionner [nos] activités » à la baisse. Frédérique Lahaye et Judith Herpe acquiescent.

La Mairie affirme qu’elle demandera pas au bailleur social, dont elle préside le Conseil d’administration, ni de revoir le loyer, ni même d’envisager une aide aux travaux de réfection les plus urgents. Au moins le bailleur, sensible à la situation de l’association, s’était-il pour sa part engagé à réparer notre ventilation (la « VMC »), une des causes du mauvais état du petit local...

Redimensionner

« Redimensionner vos activités » signifierait de faire moins pour les familles vivant avec le VIH. Chose que le Comité refuse car « nous nous battons pour que tous et toutes touchés par ce virus puissent vivre et se soigner dans la dignité », affirme une jeune mère séropositive. D’autant plus que les familles sont de plus en plus nombreuses à rejoindre l’association, non pas pour recevoir une aide, mais pour devenir actrices de santé publique. Près de la moitié des personnes séropositives en France métropolitaine vivent dans le Grand Paris, plus de 60 % (63 % exactement) des personnes qui apprennent leur séropositivité sont des hétérosexuels et parmi eux près des deux-tiers sont des immigrés (ou des français nés hors de France).

La carotte et le bâton

Le département de Paris a versé trois fois une subvention de 15 000 euros, en 2009, 2010 et 2011. Chaque année, l’incertitude a pesé sur le renouvellement de ce financement, et « qui sait si nous ne serons pas sanctionnés pour avoir dénoncé ce mépris à l’égard de notre santé ? » s’inquiète un père de familles de l’association.

Non seulement l’association devrait-elle accepter d’en faire moins, mais de surcroît, il s’agirait selon les interlocutrices municipales d’une « bonne subvention » car d’autres associations reçoivent moins. Oui, mais d’autres associations reçoivent plus, comme on peut le voir sur ce bilan des subventions aux associations.

L’association réclame la solidarité, pas la charité : rien d’autre que les moyens de soutenir concrètement les familles de Paris et sa banlieue pour vivre et se soigner dans la dignité. « Nous appelons Jean-Marie Le Guen à venir à la Maison des familles, à rencontrer ceux et celles qui vivent avec le VIH, pour sortir la mairie de cette logique du mépris de notre santé et de nos vies » conclut Reda Sadki.

Contact presse : Reda Sadki au 06 50 80 39 23