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Les coulisses du Sidaction | Milko Paris | Pierre Bergé

Sidaction : Des salariés fichés

17 octobre 2011 (France Soir)

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L’association de lutte contre le sida, fondée en 1994 par Pierre Bergé a saisi l’Inspection du travail et la Cnil. Elle dénonce un fichage de ses salariés qu’elle juge douteux.

L’association est dans le viseur de l’Inspection du travail et de la Cnil, après que des notes internes sur des éléments de la vie privée des salariés soient sortis.

C’est le fichier qui fâche. Robert Lebrun, responsable des ressources humaines du Sidaction (association qui récolte des fonds pour lutter contre la maladie sida), âgé de 47, est « accusé »d’avoir recueilli des informations personnelles sur les employés de l’association. Le problème, c’est que ces notes privées sont tombées entre les mains d’autres salariés.

Le journal Libération s’est procuré ce fichier. « Ce listing est en ma possession. Je l’ai remis moi-même à l’inspection du travail », a déclaré Michel Maietta délégué syndical CFTC et secrétaire du Comité d’entreprise de Sidaction. Daté du 29 avril dernier, ce fichier fait référence à la santé mentale ou physique des salariés, à la profession des parents, à l’origine ethnique, à l’état de grossesse. Exemple : F, 47 ans, adjointe à la direction : « A un statut privilégié. A été impliquée dans les différents conflits ».

Le syndicat CFTC-Spaif a immédiament réagi, dénonçant « un fichage inadmissible, indexant les revalorisations salariales potentielles aux comportements adoptés par le personnel au moment de désaccords sociaux ». L’Inspection du travail a rappelé à l’ordre l’association, et n’a pas manqué de remarquer « que les salariés ayant témoigné lors de contentieux passés se sont tous vu refuser leurs demandes d’augmentation ». Elle souhaite des explications de la part de Robert Lebrun, l’auteur de ces notes.

L’image du Sidaction écornée

De son côté, François Dupré, directeur général de Sidaction, a voulu minimiser l’affaire : « Comment peut-on croire une chose pareille ! Nous, Sidaction, qui sommes si à cheval sur les questions d’éthique, nous ficherions nos employés ? Ce n’est pas sérieux. Il s’agit de quelques infos mises bout à bout pour y voir plus clair dans la gestion du personnel. J’ajoute que ce document est strictement confidentiel et n’avait pas vocation à être diffusé ».

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a également été saisie par le comité d’hygiène et de sécurité. Elle instruit actuellement la plainte et rendra ses conclusions dans quelques semaines. L’image de l’association est une nouvelle fois écornée. Mercredi dernier, 40 des 61 salariés débrayaient pour protester « contre la surcharge de travail et la pression inhumaine mise par la direction sur des salariés qui sont avant tout des militants ».